Crédit in fine
Le crédit in fine rembourse le capital en une fois à l'échéance, seuls les intérêts étant payés avant. Fonctionnement, fiscalité et exemple.
Le crédit in fine rembourse le capital en une fois à l'échéance, seuls les intérêts étant payés avant. Fonctionnement, fiscalité et exemple.

Le crédit in fine est un prêt dont le capital est remboursé en une seule fois, à l'échéance, tandis que l'emprunteur ne verse que les intérêts pendant toute la durée du contrat. Il s'oppose au crédit amortissable, où chaque mensualité rembourse une part du capital.
Pendant toute la durée du prêt, les mensualités ne couvrent que les intérêts, calculés sur la totalité du capital emprunté, qui ne diminue jamais. Le capital est remboursé intégralement au terme, souvent grâce à un placement adossé (contrat d'assurance vie) que l'emprunteur alimente en parallèle et que la banque prend en nantissement.
Ce montage vise principalement l'investissement locatif. Son intérêt tient à la fiscalité : les intérêts d'emprunt étant plus élevés qu'en crédit amortissable, ils réduisent davantage les revenus fonciers imposables. Il se rapproche d'autres solutions de financement patrimonial comme le crédit lombard.
À distinguer du crédit immobilier amortissable classique : à montant égal, le crédit in fine génère un coût total d'intérêts plus élevé, puisque le capital reste constant, mais offre un effet de levier fiscal et une mensualité allégée.
Soit un crédit in fine de 200 000 € sur 10 ans au taux de 3.5%, destiné à un investissement locatif.
Ces 7 000 € d'intérêts annuels se déduisent des loyers imposables, ce qui allège l'impôt foncier. En contrepartie, l'emprunteur doit constituer l'épargne nécessaire au remboursement final.
Il vise surtout les investisseurs fortement imposés réalisant un placement locatif, pour qui la déduction des intérêts des revenus fonciers présente un réel intérêt. Il suppose une capacité d'épargne ou un capital déjà constitué pour garantir le remboursement.
Le prêteur demande le plus souvent le nantissement d'un contrat d'assurance vie alimenté en parallèle, destiné à reconstituer le capital. Une hypothèque sur le bien financé complète fréquemment cette garantie.
Le crédit in fine génère un coût d'intérêts plus élevé, car le capital n'est jamais amorti en cours de prêt. Cet écart peut être partiellement compensé par l'économie d'impôt et le rendement du placement adossé.
Elle s'établit généralement entre 7 et 15 ans, selon le projet et le profil de l'emprunteur. La durée conditionne le coût total des intérêts et le temps disponible pour constituer le capital de remboursement via le placement adossé. Un horizon plus long accroît la charge d'intérêts, mais laisse davantage de temps au contrat d'épargne pour se valoriser.
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