PER (plan épargne retraite) : le guide complet pour tout savoir en 2026
Entre 30% et 50% des revenus disparaissent au moment du passage à la retraite. Pour anticiper ce choc financier, le plan épargne retraite (PER) permet de se constituer un capital tout en réduisant son impôt sur le revenu. Fonctionnement, plafonds 2026, cas de déblocage et comparaison avec l'assurance-vie : les clés pour faire le bon choix.
Investir comporte des risques, retrouvez-les sur notre page dédiée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
L'essentiel sur le PER
Le PER permet de déduire vos versements du revenu imposable. L'économie d'impôt générée augmente ainsi votre capacité d'épargne sans augmenter votre effort réel.
Les conditions et chiffres clés :
Plafonds de déduction : Jusqu'à 37 094 €/an pour les salariés et 87 135 €/an pour les travailleurs non salariés (TNS).
Cible idéale : Contribuables avec une TMI ≥ 30% et un horizon de placement supérieur à 10 ans.
Disponibilité : Bloqué jusqu'à la retraite, sauf 7 cas anticipés (dont l'achat de la résidence principale).
Sortie : Libre choix entre rente ou capital à la retraite.
Stratégie : Le PER ne remplace pas l'assurance-vie ; il fonctionne en complémentarité avec elle, pas en concurrence.
La retraite représente un choc financier majeur pour la plupart des actifs. Entre 30% et 50% des revenus disparaissent lors du passage à la pension, selon les dernières études sectorielles. Pour un cadre percevant 5 000 € nets mensuels en fin de carrière, cela signifie une pension oscillant entre 2 500 € et 3 500 €. Plus préoccupant encore : 80% des Français ignorent le montant qu'ils percevront réellement une fois leur carrière terminée, d'après les enquêtes menées par les principaux acteurs du secteur.
Face à ce constat, le plan épargne retraite (PER) figure parmi les solutions de référence pour bien préparer sa retraite. Créé par la loi PACTE du 22 mai 2019, ce dispositif permet simultanément de constituer un capital retraite et de réduire sa fiscalité pendant la phase d'épargne. Le mécanisme est simple : chaque versement est déductible du revenu imposable, générant une économie d'impôt immédiate proportionnelle à la tranche marginale d'imposition. Fin 2024, 11.6 millions de Français avaient déjà franchi le pas, portant l'encours total à plus de 125 milliards d'euros.
Le PER en bref : 7 points clés à retenir
Qu'est-ce qu'un PER individuel ?
Le plan épargne retraite constitue une enveloppe d'épargne à long terme dédiée à la préparation de la retraite. Instauré par la loi PACTE en 2019, il remplace et unifie les anciens dispositifs (PERP, Madelin, PERCO, article 83). Son objectif : permettre aux épargnants de se constituer une épargne génératrice de compléments de revenus tout en bénéficiant d'un avantage fiscal immédiat.
L'avantage fiscal à l'entrée du PER
Les versements effectués sur un PER sont déductibles du revenu imposable. Cette mécanique génère une économie d'impôt proportionnelle à la tranche marginale d'imposition (TMI). Concrètement, un contribuable imposé à 30% qui verse 1 000 € économise 300 € d'impôt sur le revenu dès l'année suivante (sur l'avis d'impôts de l'année sur laquelle le versement a été effectué).
Les plafonds de déduction pour 2026 s'établissent à :
37 680 € maximum pour les salariés (10% des revenus nets, plancher de 4 710 €)
88 911 € maximum pour les travailleurs non salariés (TNS)
Selon votre situation, tout versement au-dessus de la somme correspondante ne générera pas d'avantages fiscaux.
Argent bloqué, mais pas totalement
Par défaut, les sommes versées restent indisponibles jusqu'à la liquidation des droits à la retraite. Toutefois, le législateur a prévu six cas de déblocage anticipé liés aux accidents de la vie, auxquels s'ajoute l'achat de la résidence principale. Cette flexibilité distingue le PER des anciens produits d'épargne retraite.
Modalité de sortie du capital du PER lors du départ en retraite
Au moment du départ à la retraite, l'épargnant choisit librement entre une sortie sous forme de capital (versement unique ou fractionné), sous forme de rente viagère (revenus réguliers à vie) ou un panachage des deux options. Seul le compartiment des versements obligatoires (PERO) impose une sortie en rente.
Transférabilité du PER
Les anciens contrats d'épargne retraite (PERP, Madelin, PERCO, article 83) peuvent être transférés vers un PER sur demande. Cette opération devient gratuite après cinq ans de détention du contrat d'origine.
Chiffres clés 2026
Le marché du PER poursuit sa croissance avec un encours total dépassant 125 milliards d'euros fin 2024. La collecte du premier semestre 2025 a affiché une progression de +13% par rapport à 2024, confirmant l'attrait du dispositif.
PER ou assurance-vie : comment choisir ?
La question du choix entre PER ou assurance-vie revient systématiquement lors de la constitution d'une stratégie patrimoniale. Ces deux enveloppes répondent à des logiques différentes qu'il convient de bien distinguer.
Critère
PER
Assurance-vie
Avantage fiscal à l'entrée
Déduction du revenu imposable
Aucun
Disponibilité des fonds
Bloqués jusqu'à la retraite (sauf exceptions)
Libres à tout moment après 8 ans
Fiscalité à la sortie
Impôt sur le revenu + prélèvements sociaux
PFU 7.5% après 8 ans (avec abattement)
Transmission
Abattement 152 500 € (décès avant 70 ans)
Abattement 152 500 € (versements avant 70 ans)
Objectif principal
Défiscalisation immédiate, retraite
Épargne disponible, transmission
Simulateur PER vs assurance-vie
Un arbitrage éclairé entre ces deux solutions nécessite une simulation PER personnalisée intégrant plusieurs variables : TMI actuelle, horizon jusqu'à la retraite, montant annuel d'épargne envisagé et objectifs patrimoniaux.
Comparateur Stratégie Retraite
Pension seule--
Pension + AV--
Pension + PER--
Verdict rapide selon le profil
Le PER s'avère particulièrement pertinent pour les contribuables dont la TMI atteint ou dépasse 30% et disposant d'un horizon de placement supérieur à dix ans. L'économie d'impôt immédiate compense largement l'imposition différée à la sortie, généralement à un taux inférieur (revenus plus faibles à la retraite).
L'assurance-vie reste privilégiée pour les épargnants ayant besoin de liquidités à moyen terme ou présentant une TMI faible (11% ou non imposable). L'absence de blocage des fonds et la fiscalité allégée après huit ans constituent ses principaux atouts.
Pour les patrimoines importants, la complémentarité des deux enveloppes permet d'optimiser simultanément la fiscalité courante (PER) et la transmission (assurance-vie).
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À qui s'adresse vraiment le PER ? (et à qui il ne convient pas)
Le PER convient parfaitement si :
la tranche marginale d'imposition atteint 30% ou plus
l'horizon jusqu'à la retraite dépasse dix ans
le statut de travailleur non salarié (TNS) ouvre droit aux plafonds majorés
l'objectif prioritaire vise une réduction d'impôt sur le revenu dès cette année
d'anciens contrats retraite (PERP, Madelin, PERCO) méritent d'être optimisés
Le PER ne constitue pas le choix optimal si :
le contribuable est non imposable ou imposé à 11% seulement
un besoin de liquidités existe à court ou moyen terme
la retraite approche sans stratégie fiscale clairement définie
l'épargnant est mineur (interdiction légale depuis le 1er janvier 2024)
Cas particulier : ouvrir un PER après 55 ou 60 ans
L'ouverture tardive d'un PER reste pertinente dans certaines configurations. Le PER constitue également un outil de transmission efficace grâce à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans.
Fonctionnement du PER : les 3 compartiments expliqués
La structure interne du PER repose sur trois compartiments distincts, chacun correspondant à une origine de fonds et conditionnant les modalités de sortie. Cette architecture, héritée de la loi PACTE, permet de regrouper au sein d'un même contrat des versements de natures différentes tout en préservant leurs spécificités fiscales et de sortie.
Compartiment
Origine des fonds
Sortie autorisée
C1 – versements volontaires
épargne personnelle
capital ou rente
C2 – épargne salariale
intéressement, participation, abondement, CET
capital ou rente
C3 – versements obligatoires
cotisations employeur obligatoires
rente uniquement
Pourquoi cette distinction importe
La fiscalité du PER applicable à la sortie varie selon le compartiment concerné. Seul le compartiment 3 (cotisations obligatoires) impose une sortie en rente viagère, perpétuant la logique de l'ancien article 83. Les compartiments 1 et 2 offrent une liberté totale de choix entre capital et rente, innovation majeure par rapport aux anciens dispositifs.
Cette architecture permet d'optimiser sa stratégie patrimoniale : les versements volontaires (C1) peuvent être récupérés en capital pour financer un projet de retraite (voyage, travaux, donation aux enfants), tandis que l'épargne salariale (C2) peut être orientée vers une rente complémentaire sécurisant des revenus récurrents. La combinaison des deux approches offre une flexibilité inédite dans la gestion de son capital retraite.
En cas de transfert depuis un ancien contrat, les sommes rejoignent automatiquement le compartiment correspondant à leur origine, conservant ainsi leurs caractéristiques fiscales initiales.
Les 3 types de PER : individuel, collectif et obligatoire
PER individuel (PERIN)
Le PERIN s'adresse à tous les épargnants sans condition de statut professionnel : salariés, travailleurs non salariés, fonctionnaires ou personnes sans activité. La souscription s'effectue librement auprès d'un assureur, d'une banque ou d'un gestionnaire d'actifs. Ouvrir un PER individuel ne nécessite aucune obligation d'adhérer via un employeur, ce qui en fait le produit le plus accessible du dispositif.
Ce produit succède au PERP et au contrat Madelin. Il hérite de leurs avantages fiscaux tout en offrant une flexibilité accrue, notamment la possibilité de sortie en capital qui n'existait pas sur le PERP. Le PERIN peut être souscrit sous forme de contrat d'assurance (auprès d'un assureur) ou de compte-titres (auprès d'un gestionnaire d'actifs).
PER d'entreprise collectif (PERECO)
Le PERECO est proposé par l'employeur à l'ensemble des salariés, avec une adhésion facultative. Il se nourrit principalement de l'épargne salariale : intéressement, participation et jours de congés monétisés via le compte épargne-temps (CET).
L'employeur peut compléter les versements par un abondement dont le plafond est revalorisé chaque année. Ce dispositif constitue un avantage salarial significatif. Le PERECO succède à l'ancien PERCO.
PER d'entreprise obligatoire (PERO)
Le PERO concerne certaines catégories de salariés définies par l'employeur (cadres, cadres dirigeants, etc.). L'adhésion est obligatoire pour les salariés concernés.
Les cotisations proviennent de l'employeur et éventuellement du salarié selon les modalités du contrat. Ce produit remplace l'ancien article 83. Particularité importante : le compartiment des versements obligatoires ne permet qu'une sortie en rente.
Souscrire un PER
Plusieurs canaux de distribution proposent des PER individuels :
Assureurs : contrats d'assurance avec fonds euros et unités de compte
Banques et réseaux bancaires : offres souvent adossées à des assureurs partenaires
Courtiers en ligne : contrats généralement moins chargés en frais
Le choix du distributeur impacte directement les frais, la gamme de supports disponibles et la qualité de la gestion pilotée. Les contrats souscrits en ligne affichent généralement des frais de gestion inférieurs, mais l'accès à certains produits d'investissement peut être réduit. Notre maison peut prendre en charge la recherche du meilleur PER pour votre situation et vos objectifs, ainsi que son pilotage.
Documents et informations nécessaires
La souscription à un plan d'épargne retraite individuel requiert la fourniture de plusieurs éléments :
pièce d'identité en cours de validité
justificatif de domicile de moins de trois mois
relevé d'identité bancaire (RIB) pour les versements et futurs rachats
dernier avis d'imposition (pour vérifier le plafond de déduction disponible)
Le souscripteur doit également renseigner un questionnaire de connaissance client permettant de déterminer son profil de risque et son horizon de placement. Ces informations orientent le choix du mode de gestion (pilotée ou libre) et du profil d'investissement.
Versement initial et alimentation
Le montant minimum de versement initial varie selon les contrats, généralement compris entre 500 € et 1 000 € pour les contrats en ligne, parfois plus élevé chez les réseaux bancaires traditionnels.
L'alimentation peut ensuite s'effectuer par versements libres ponctuels ou par versements programmés (mensuels, trimestriels, annuels). Les versements programmés permettent de lisser l'investissement dans le temps et de bénéficier de l'effet de moyenne (dollar cost averaging), réduisant l'impact de la volatilité des marchés.
Fiscalité du PER : le mécanisme déduction/imposition
Option 1 : déduire ses versements (cas général)
La déduction des versements du revenu imposable constitue l'avantage principal du PER. Cette option génère une économie d'impôt immédiate, proportionnelle à la TMI. Plus cette dernière est élevée, plus l'économie devient significative.
Illustration concrète : un contribuable dont la TMI atteint 41% et qui verse 10 000 € sur son PER réduit son impôt de 4 100 € dès l'année suivante. Pour un versement identique à 30% de TMI, l'économie s'établit à 3 000 €.
Plafonds de déduction 2026
Pour les salariés, le plafond correspond à 10% des revenus professionnels nets, dans la limite de 37 680 € (8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale de 47 100 € applicable en 2025). Un plancher de 4 710 € s'applique pour les revenus modestes ou nuls, permettant même aux personnes sans activité de bénéficier du dispositif.
Les plafonds non utilisés peuvent être reportés sur trois ans. Cette règle permet de lisser les versements en fonction des revenus fluctuants ou de réaliser un rattrapage après plusieurs années sans versement. La mutualisation avec le conjoint ou partenaire de PACS permet d'optimiser l'utilisation des plafonds au sein du foyer fiscal, particulièrement utile lorsque l'un des conjoints dispose de revenus nettement supérieurs.
Contrepartie : les sommes retirées à la retraite subissent l'impôt sur le revenu (capital versé) et l'impôt sur le revenu plus prélèvements sociaux de 17.2% pour les PER assurantiels (gains réalisés). L'avantage réside dans le différentiel de TMI : généralement plus faible à la retraite qu'en activité.
Option 2 : ne pas déduire ses versements
Cette stratégie alternative s'adresse aux contribuables dont la TMI actuelle est inférieure à celle anticipée à la retraite. En renonçant à la déduction, le capital versé sera exonéré d'impôt sur le revenu à la sortie. Seuls les gains resteront taxés au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%.
Cas typique : un jeune actif en début de carrière, faiblement imposé aujourd'hui mais anticipant une progression salariale significative.
Arbre de décision : déduire ou non ?
TMI actuelle > TMI estimée à la retraite → déduire les versements
TMI actuelle < TMI estimée à la retraite → ne pas déduire
TMI actuelle = TMI à la retraite → déduire (avantage de trésorerie immédiat, permet une augmentation de la somme investie à effort d'investissement égal)
Déblocage du PER : à la retraite et par anticipation
Sortie à la retraite
Le déblocage s'effectue à la liquidation des droits à la retraite dans un régime obligatoire (régime général, complémentaire ou régimes spéciaux). Il n'est pas nécessaire d'attendre l'âge légal de départ : la liquidation de la retraite suffit, y compris en cas de départ anticipé pour carrière longue.
Trois options s'offrent alors à l'épargnant :
100% en capital : versement unique ou fractionné selon les besoins (projet immobilier, donation, apurement de dettes)
100% en rente viagère : revenus réguliers jusqu'au décès, avec possibilité de réversion au profit du conjoint
Mix capital + rente : combinaison personnalisée permettant de financer un projet tout en sécurisant des revenus récurrents
Exception : le compartiment 3 (versements obligatoires de l'employeur) impose une sortie en rente viagère. Toutefois, un seuil de conversion existe : si la rente calculée s'avère inférieure à 110 € par mois, le versement en capital reste autorisé même pour ce compartiment, évitant ainsi le versement de micro-rentes peu pertinentes.
La sortie en capital fractionné constitue une option souvent méconnue mais particulièrement intéressante pour lisser l'impact fiscal. Plutôt que de percevoir 100 000 € en une fois (avec un impact massif sur le TMI de l'année), l'épargnant peut opter pour des retraits étalés sur plusieurs années.
Les 6+1 cas de déblocage anticipé du PER
Le législateur a prévu sept situations permettant de récupérer son épargne avant la retraite :
Cas de déblocage
Fiscalité applicable
Achat de la résidence principale
impôt sur le revenu + prélèvements sociaux sur les gains
Décès du conjoint ou partenaire de PACS
exonération totale
Invalidité (titulaire, conjoint ou enfant)
exonération totale
Situation de surendettement
exonération totale
Fin de droits à l'assurance chômage
exonération totale
Liquidation judiciaire (TNS)
exonération totale
Expiration des droits d'assurance chômage (mandataire social)
exonération totale
Point de vigilance : le déblocage pour achat de la résidence principale constitue le seul cas imposable. L'impact fiscal doit être anticipé, particulièrement si les sommes concernées sont importantes et ont été déduites à l'entrée.
Transférer ses anciens contrats vers un PER
Contrats transférables
La loi PACTE organise la transférabilité universelle des anciens dispositifs d'épargne retraite :
PERP, Madelin, Préfon, Corem, CRH → vers le compartiment 1 du PER individuel
PERCO → vers le compartiment 2 du PER collectif ou individuel
Article 83 → vers le compartiment 3 du PER
L'historique de déduction fiscale est conservé lors du transfert, ce qui impacte la fiscalité de sortie ultérieure.
Intérêt du transfert
Regrouper son épargne retraite simplifie la gestion patrimoniale et offre une vision consolidée. Plus de relevés dispersés entre plusieurs organismes : un seul contrat centralise l'ensemble des avoirs retraite.
Le transfert permet également d'accéder à des supports plus performants ou moins chargés en frais. Les anciens PERP ou contrats Madelin proposent souvent des gammes de supports limitées avec des frais de gestion élevés (parfois supérieurs à 1% par an). Les meilleurs PER affichent des frais de gestion sur unités de compte autour de 0.5% à 0.6%, générant un gain significatif sur la durée.
Surtout, le transfert vers un PER ouvre la possibilité de sortie en capital, inexistante sur le PERP qui imposait une sortie en rente (avec une tolérance de 20% en capital maximum). Cette flexibilité justifie à elle seule l'opération pour de nombreux épargnants.
Le transfert conserve l'antériorité fiscale du contrat d'origine. Les sommes ayant déjà bénéficié de la déduction fiscale à l'entrée seront imposées à la sortie selon les mêmes règles, sans remise en cause de l'avantage initial.
Note importante : l'avantage fiscal exceptionnel permettant de transférer une assurance-vie de plus de huit ans vers un PER, avec un doublement des abattements, a pris fin le 31 décembre 2022. Cette fenêtre d'opportunité est désormais close.
PER et succession : que se passe-t-il en cas de décès ?
Le traitement successoral du PER constitue un aspect souvent négligé lors de la souscription. Pourtant, les montants en jeu peuvent être significatifs après plusieurs décennies de versements et de capitalisation.
Fiscalité selon l'âge au décès
Décès du titulaire
Abattement applicable
Au-delà de l'abattement
Avant 70 ans
152 500 € par bénéficiaire
barème progressif de 20% à 31.25%
Après 70 ans
30 500 € global (tous bénéficiaires confondus)
droits de succession classiques
Points essentiels
La clause bénéficiaire mérite une rédaction attentive, similaire à celle d'un contrat d'assurance-vie. Elle détermine qui recevra les fonds et dans quelles proportions. Une formulation standard (« mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut mes héritiers ») couvre la plupart des situations, mais certaines configurations familiales (famille recomposée, concubin) nécessitent une rédaction sur-mesure.
Le conjoint survivant ou partenaire de PACS bénéficie d'une exonération totale de droits, quelle que soit la date de décès du titulaire. Cette règle s'applique même si le décès survient après 70 ans, contrairement aux autres bénéficiaires.
Au-delà de 700 000 € par bénéficiaire (après abattement de 152 500 €), le prélèvement atteint son taux maximum de 31.25% pour les décès survenus avant 70 ans. Ce taux reste inférieur aux droits de succession en ligne directe (jusqu'à 45%) pour les patrimoines importants.
Les erreurs à éviter avec son PER
Erreur 1 : ouvrir un PER avec une TMI faible.
À 11% ou sans imposition, l'avantage fiscal à l'entrée ne compense pas l'imposition à la sortie. Un versement de 5 000 € génère seulement 550 € d'économie à 11%, tandis que la sortie sera imposée (potentiellement à un taux supérieur si les revenus progressent). L'assurance-vie s'avère alors nettement plus pertinente, grâce à sa défiscalisation à la sortie.
Erreur 2 : négliger son plafond de déduction disponible.
Le plafond inutilisé apparaît sur l'avis d'imposition (case 6PS ou équivalent). Ne pas le consulter conduit soit à sous-utiliser l'avantage fiscal, soit à dépasser le plafond sans effet (les versements excédentaires ne sont pas déductibles). Le cumul des plafonds des trois dernières années peut représenter une enveloppe conséquente à exploiter.
Erreur 3 : ignorer les frais du contrat.
Frais d'entrée (jusqu'à 5% chez certains réseaux bancaires), frais de gestion annuelle (de 0.5% à 1% selon les contrats), frais d'arbitrage et frais de rente s'accumulent sur la durée. Un écart de 0.5% annuel sur les frais de gestion représente plusieurs milliers d'euros sur vingt ans de détention, érodant significativement la performance finale. Comparer pour trouver le meilleur PER est essentiel.
Erreur 4 : choisir la gestion libre sans maîtriser les marchés financiers.
La gestion pilotée sécurise automatiquement l'épargne à l'approche de la retraite. La gestion libre requiert un suivi actif, des connaissances techniques et la discipline de rééquilibrer son portefeuille. Sans cette expertise, le risque de subir une correction boursière majeure à quelques années de la retraite reste élevé.
Erreur 5 : omettre de désigner un bénéficiaire.
Dans le cadre d’un PER assurantiel, l’absence de clause bénéficiaire valide entraîne la réintégration des capitaux dans la succession et la perte de l’abattement spécifique de 152 500 € (applicable aux versements effectués avant 70 ans). Une rédaction précise et régulièrement actualisée est indispensable pour garantir le bénéfice de ce régime.
Erreur 6 : sous-estimer la fiscalité de sortie.
Les sommes déduites à l'entrée seront imposées à la sortie au barème de l'impôt sur le revenu. Anticiper cette charge, notamment en cas de sortie en capital important, évite les mauvaises surprises. Une sortie fractionnée peut atténuer l'impact fiscal.
Ce qu'il faut retenir
Le plan épargne retraite constitue l'un des outils de référence pour préparer sa retraite par la capitalisation tout en bénéficiant d'une réduction d'impôt immédiate. Son intérêt varie selon la tranche marginale d'imposition et l'horizon de placement : plus la TMI est élevée et l'horizon long, plus l'avantage s'avère significatif. Un contribuable au TMI de 41% versant 10 000 € par an pendant 20 ans économise plus de 80 000 € d'impôts cumulés, même en tenant compte de l'imposition à la sortie.
La flexibilité introduite par la loi PACTE (sortie en capital, cas de déblocage anticipé, transférabilité) lève les principaux freins historiques associés à l'épargne retraite. L'argent n'est plus véritablement « bloqué » : l'achat de la résidence principale et les accidents de la vie permettent une récupération anticipée. Ces évolutions rapprochent le PER des standards de l'assurance-vie en termes de souplesse, tout en conservant son avantage fiscal distinctif.
Ces deux enveloppes fonctionnent en complémentarité plutôt qu'en concurrence. Le PERoptimise la fiscalité courante des contribuables fortement imposés, l'assurance-vie préserve la liquidité et facilite la transmission avec une fiscalité allégée après huit ans. Une stratégie patrimoniale équilibrée combine généralement les deux dispositifs selon les objectifs et la situation fiscale de chacun.
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FAQ
Comment fonctionne un PER ?
Le fonctionnement du PER repose sur trois compartiments correspondant à l'origine des fonds (versements volontaires, épargne salariale, cotisations obligatoires). L'épargnant verse de l'argent, déductible ou non de ses impôts selon son choix. Ces sommes fructifient jusqu'à la retraite, puis sont récupérées en capital, en rente viagère ou une combinaison des deux.
Quels sont les avantages fiscaux du PER ?
Les avantages fiscaux du PER consistent principalement en la déduction des versements du revenu imposable. Un contribuable au TMI de 30% versant 5 000 € économise immédiatement 1 500 € d'impôt. Les plafonds atteignent 37 680 € pour les salariés et 88 911 € pour les TNS en 2026.
Peut-on récupérer son argent avant la retraite ?
La récupération anticipée de l'épargne PER est possible dans sept cas précis : achat de la résidence principale et six accidents de la vie (décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits chômage, liquidation judiciaire pour les TNS, expiration des droits pour les mandataires sociaux). Seul l'achat immobilier génère une imposition.
Quelle est la différence entre PER et assurance-vie ?
La différence entre PER et assurance-vie porte sur l'avantage fiscal et la disponibilité. Le PER offre une déduction à l'entrée mais bloque l'épargne jusqu'à la retraite. L'assurance-vie ne procure aucun avantage fiscal à l'entrée mais reste disponible à tout moment. Ces deux enveloppes se complètent selon les objectifs patrimoniaux.
Quel est le plafond de déduction du PER en 2026 ?
Le plafond de déduction du PER en 2026 s'établit à 10% des revenus nets pour les salariés, avec un maximum de 37 680 € ou un plancher de 4 710 €. Les TNS bénéficient d'un plafond étendu jusqu'à 88 911 €. Les plafonds non utilisés sont reportables sur trois années.
Le PER est-il intéressant après 60 ans ?
Le PER après 60 ans peut s'avérer pertinent dans certaines configurations : TMI élevée avec versement unique et sortie rapide en capital, ou objectif de transmission patrimoniale. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire en cas de décès avant 70 ans constitue un atout pour l'optimisation successorale.
Que deviennent les sommes en cas de décès ?
Les sommes du PER en cas de décès sont transmises aux bénéficiaires désignés dans le contrat. Un abattement de 152 500 € par bénéficiaire s'applique si le décès survient avant 70 ans, réduit à 30 500 € global après cet âge. Le conjoint ou partenaire de PACS est totalement exonéré de droits.
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