Succession immobilière : guide complet pour comprendre vos droits et réduire les frais
Hériter d'un bien immobilier survient souvent dans un contexte émotionnel difficile. Les héritiers doivent composer avec un processus complexe, des délais stricts et une fiscalité parfois lourde. La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois suivant le décès, sous peine de pénalités. Ce guide détaille chaque étape de la succession immobilière, le calcul des droits selon le lien de parenté, les options des héritiers et les stratégies pour alléger la facture fiscale.

Résumé de la page
Qu'est-ce qu'une succession immobilière ?
La succession immobilière désigne la transmission du patrimoine immobilier d'une personne décédée à ses héritiers. L'ouverture de la succession intervient dès le décès, ou peut être anticipée par donation. Le notaire procède à un bilan patrimonial : inventaire de l'actif (biens, comptes, placements) et du passif (dettes, emprunts).
L'intervention d'un notaire devient obligatoire dès qu'un bien immobilier figure dans la succession. Ce professionnel établit l'acte de notoriété (liste des héritiers et leurs droits) puis rédige l'attestation de propriété immobilière pour le transfert officiel.
La succession peut être ab intestat (sans testament, régie par les règles légales) ou testamentaire (selon les volontés du défunt). Dans les deux cas, le Code civil protège les héritiers réservataires.
Les étapes clés du processus
Le déroulement d'une succession immobilière suit un calendrier précis :
- déclaration de décès et ouverture de la succession
- recherche des héritiers via les fichiers FICOBA, FICOVIE et FCDDV
- établissement de l'acte de notoriété par le notaire
- estimation de la valeur vénale du bien immobilier
- rédaction de l'attestation de propriété, publiée au service de la publicité foncière (SPF)
- dépôt de la déclaration fiscale de succession dans le délai de 6 mois (12 mois si le décès a eu lieu hors de France)
- paiement des droits et partage entre héritiers
Comment sont calculés les droits de succession sur un bien immobilier ?
Les droits de succession sur un bien immobilier reposent sur sa valeur vénale au jour du décès, c'est-à-dire le prix qu'il obtiendrait sur le marché. Cette estimation peut s'appuyer sur des comparaisons de ventes récentes ou l'avis d'un professionnel.
Une fois la valeur établie, le calcul s'effectue selon un barème progressif défini par le Code général des impôts (CGI). Les droits s'appliquent après déduction des abattements selon le lien de parenté et de la typologie du bien (résidence principale ou de vacances)
Une sous-estimation délibérée expose à des pénalités pouvant atteindre 40% des droits éludés, voire 80% en cas de fraude.
Les abattements selon le lien de parenté
L'abattement constitue la fraction de la part d'héritage exonérée de droits. Son montant varie considérablement selon le lien avec le défunt :
Ces abattements se renouvellent tous les 15 ans dans le cadre des donations, permettant une transmission progressive du patrimoine.
Le barème progressif en ligne directe
Pour les transmissions entre parents et enfants, le barème s'échelonne de 5% à 45% selon des tranches d'imposition. Ce barème s'applique à la part nette taxable, c'est-à-dire après application de l'abattement de 100 000 € par enfant.
Qui est exonéré de droits de succession ?
Certains héritiers bénéficient d'une exonération totale des droits de succession :
- le conjoint survivant, quelle que soit la valeur de la succession
- le partenaire de PACS, dans les mêmes conditions que le conjoint
- les frères et sœurs sous conditions strictes : être âgé de plus de 50 ans ou invalide, avoir cohabité avec le défunt pendant les 5 années précédant le décès, et être célibataire, veuf ou divorcé
Pour les héritiers plus éloignés ou sans lien de parenté, les taux grimpent à 55% (parents jusqu'au 4e degré) ou 60% (au-delà).
Exemple de calcul pour un héritier en ligne directe
Prenons le cas d'un enfant unique héritant d'un appartement dont la valeur vénale est estimée à 350 000 €.
Le calcul des droits de succession se déroule en deux étapes principales :
Détermination de la part nette taxable
On applique l'abattement parent-enfant sur la valeur du bien :
- Valeur du bien : 350 000 €
- Abattement (déduit) : 100 000 €
- Base imposable : 250 000 €
Application du barème progressif
Les droits sont calculés tranche par tranche sur les 250 000 € restants :
- Tranche de 5% (sur 8 072 €) : 404 €
- Tranche de 10% (sur 4 037 €) : 404 €
- Tranche de 15% (sur 3 823 €) : 573 €
- Tranche de 20% (sur le solde de 234 068 €) : 46 814 €
Au total, l'héritier devra s'acquitter de 48 195 € de droits de succession sur ce bien immobilier.
Que faire d'un bien immobilier hérité ?
À défaut de dispositions particulières, les héritiers se retrouvent en situation d'indivision : chacun détient une quote-part du bien, sans pouvoir disposer seul d'une partie physique de celui-ci. Cette situation, souvent transitoire, ouvre plusieurs options.
Comprendre l'indivision
L'indivision constitue le régime par défaut lorsque plusieurs personnes héritent d'un même bien sans partage immédiat. Chaque indivisaire possède des droits sur l'ensemble du bien, proportionnels à sa part dans la succession.
Les décisions courantes de gestion nécessitent l'accord des indivisaires représentant au moins deux tiers des droits. Les actes de disposition (vente, hypothèque) requièrent l'unanimité.
Le principe fondamental reste que « nul n'est contraint à demeurer dans l'indivision » (article 815 du Code civil). Tout héritier peut donc demander à en sortir à tout moment.
Les 4 options des héritiers
- Vendre le bien représente la solution la plus fréquente. Elle nécessite l'accord unanime des indivisaires (ou une autorisation judiciaire en cas de blocage). Le prix de vente est ensuite réparti selon les quotes-parts de chacun.
- Mettre en location permet de générer des revenus locatifs partagés entre héritiers. Cette option implique d'organiser la gestion du bien (travaux, relations avec le locataire, déclarations fiscales).
- Conserver et habiter le bien est possible si un héritier souhaite y résider. Une indemnité d'occupation peut alors être due aux autres indivisaires.
- Racheter les parts des autres (soulte) permet à un héritier de devenir seul propriétaire. Cette opération nécessite de disposer des fonds suffisants et génère des frais de sortie d'indivision compris entre 1% et 5% de la valeur du bien.
5 stratégies pour réduire les droits de succession
L'anticipation constitue le levier principal pour optimiser la transmission d'un patrimoine immobilier. Plusieurs mécanismes juridiques et fiscaux permettent d'alléger significativement la charge fiscale pour les héritiers.
1 - La donation de son vivant
Transmettre un bien immobilier de son vivant permet d'utiliser pleinement les abattements fiscaux. L'abattement de 100 000 € entre parent et enfant se renouvelle tous les 15 ans, autorisant des donations successives en franchise de droits.
Cette stratégie présente un avantage supplémentaire : la valeur du bien est figée au jour de la donation. Toute plus-value ultérieure échappe ainsi aux droits de succession.
2 - Le démembrement de propriété
Le démembrement consiste à séparer l'usufruit (droit d'usage et de percevoir les revenus) de la nue-propriété (propriété des « murs »). Le donateur peut ainsi transmettre la nue-propriété tout en conservant l'usufruit sa vie durant.
Les droits de donation sont alors calculés sur la seule valeur de la nue-propriété, déterminée selon l'âge de l'usufruitier :
À 65 ans, la nue-propriété représente 60% de la valeur totale, générant une économie de 40% sur l'assiette taxable.
3 - La SCI familiale
Loger un bien immobilier dans une société civile immobilière (SCI) permet de transmettre progressivement des parts sociales plutôt que le bien lui-même. Les parts de SCI familiale bénéficient d'une décote de 10% à 15% par rapport à la valeur du bien, en raison de leur moindre liquidité.
Cette structure facilite les donations successives et organise la gestion collective du patrimoine. Elle implique toutefois des obligations administratives : comptabilité, assemblées générales, déclarations fiscales, et des frais supplémentaires inhérents à la gestion d'une entreprise.
4 - Le régime de la communauté universelle
L'adoption du régime de la communauté universelle avec clause d'attribution intégrale permet au conjoint de recueillir l'intégralité du patrimoine sans aucun droit de succession.
Cette option protège le conjoint survivant mais peut léser les enfants, privés de leur part dans la succession du premier parent. Une action en réduction reste possible si la réserve héréditaire n'est pas respectée. Ce régime convient aux couples sans enfants ou en famille recomposée.
Tableau comparatif des stratégies
Ce qu'il faut retenir
La succession immobilière impose l'intervention d'un notaire et le respect du délai de 6 mois pour déposer la déclaration fiscale. Les droits varient selon le lien de parenté, de l'exonération totale pour le conjoint à 60% pour les héritiers sans lien familial.
Face à un bien hérité, les options incluent la vente, la mise en location, l'occupation ou le rachat des parts. Chaque choix comporte des implications fiscales et pratiques à évaluer.
L'anticipation reste le meilleur levier : donation, démembrement, SCI, assurance-vie ou adaptation du régime matrimonial. La combinaison de plusieurs stratégies peut réduire substantiellement la charge fiscale. Un notaire ou conseiller en gestion de patrimoine peut établir une stratégie personnalisée.
{{COMPONENT_CTA}}
FAQ
Quel est le délai pour déclarer une succession immobilière ?
Le délai pour déclarer une succession immobilière est de 6 mois à compter du décès lorsque celui-ci survient en France. Ce délai est porté à 12 mois si le décès a eu lieu à l'étranger. Passé ce délai, des pénalités s'appliquent : intérêts de retard de 0.20% par mois, puis majoration de 10% à partir du 13e mois.
Peut-on hériter d'un bien immobilier sans payer de droits de succession ?
Hériter d'un bien immobilier sans payer de droits de succession est possible dans certaines situations. Le conjoint survivant et le partenaire de PACS bénéficient d'une exonération totale. Les frères et sœurs peuvent également être exonérés sous conditions strictes : avoir plus de 50 ans ou être invalide, avoir cohabité avec le défunt pendant au moins 5 ans, et être célibataire, veuf ou divorcé.
Comment est estimée la valeur d'un bien immobilier dans une succession ?
La valeur d'un bien immobilier dans une succession correspond à sa valeur vénale au jour du décès, c'est-à-dire le prix qu'il obtiendrait sur le marché libre. Cette estimation repose sur des comparaisons avec des ventes récentes de biens similaires, l'avis d'un agent immobilier ou d'un expert foncier. Une sous-estimation volontaire expose à des pénalités pouvant atteindre 40% des droits éludés.
Que se passe-t-il si les héritiers d'un bien immobilier ne sont pas d'accord ?
Lorsque les héritiers d'un bien immobilier ne parviennent pas à s'accorder, tout indivisaire peut demander le partage judiciaire devant le tribunal. Le juge peut alors ordonner la vente aux enchères publiques (licitation). Cette procédure s'avère longue et coûteuse ; un accord amiable avec l'aide du notaire reste préférable dans la majorité des situations.
Quels sont les frais de notaire lors d'une succession immobilière ?
Les frais de notaire lors d'une succession immobilière comprennent principalement les émoluments liés à l'attestation de propriété, représentant entre 0.5% et 2% de la valeur du bien (plus TVA). En cas de partage entre héritiers, s'ajoutent les frais de sortie d'indivision, compris entre 1% et 5% de la valeur du bien. Ces tarifs sont réglementés et varient selon la complexité du dossier.
Prenez rendez-vous avec nos conseillers en gestion patrimonials et nos fiscalistes pour faire l'état des lieux de votre situation
Être rappelé par un expertmemo epargnant
memo société
Exemples de donation
Chaque patrimoine est à une histoire à laquelle il doit être apporté un soin particulier. Selon vos contraintes de vie et objectifs, une des méthodes ci-après ou une bonne association de ces dernières sera l’optimisation idéale.

Demandez un conseil en investissement
Un conseiller spécialisé vous contactera
dans les meilleurs délais afin d’échanger.
.webp)
Les enveloppes d’investissements pour entreprise
Chaque société a à une histoire à laquelle doit être apporté un soin particulier. Selon vos objectifs en tant que dirigeant, nos experts patrimoniales peuvent vous accompagner dans la mise en place du meilleur écosystème.

Diminuez dès à présent vos impôts
Auguste Patrimoine vous accompagne dans vos réflexions et la structurations
des solutions adaptées à votre profil.
.webp)

Nos experts vous accompagnent
Nous sommes notés 5/5 avec 53 avis sur Google.
Nous structurons sur mesure nos solutions afin de répondre à votre situation.
Nos équipes peuvent adresser toutes vos problématiques, des plus classiques au plus complexes.
Indépendantes des groupes bancaires, nos recommandations sont effectuées en architecture ouverte et permettent de vous proposer les meilleures solutions.
Etape 1 : Échange afin de comprendre votre besoin
Etape 2 : Remise d’une recommandation sur mesure
Etape 3 : Validation de la recommandation PAR VOS SOINS
Nos experts vous recontactent
Délai de réponse inférieur à 24h.
Les autres services de gestion patrimoniale
Votre future structuration peut être parmi cette sélection

