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Retraite par capitalisation : comment ça marche ?

Les Français s'inquiètent de voir leurs revenus chuter brutalement une fois à la retraite. Alors que ce taux de remplacement net moyen avoisine aujourd'hui les 74.7%, les projections du Conseil d'Orientation des Retraites (COR) anticipent une érosion continue dans les décennies à venir.

Résumé de la page

Face au constat arithmétique de l’érosion de la contribution aux retraites, la retraite par capitalisation ne doit plus être perçue à travers un prisme idéologique, mais comme un mécanisme technique de sauvegarde du pouvoir d'achat. Il ne s'agit pas d'opposer les systèmes, mais de comprendre comment la constitution d'un stock de capital personnel s'impose comme un levier incontournable pour compenser la baisse des flux de pensions futures. Maîtriser ce fonctionnement, ses risques réels et ses avantages fiscaux est désormais un impératif patrimonial.

Qu'est-ce que la retraite par capitalisation ?

Fondamentalement, la retraite par capitalisation repose sur un principe économique de préfinancement : l'accumulation d'un capital (le stock) qui génère des intérêts ou des dividendes (les flux) sur une longue période. L'objectif est de différer une partie de la consommation présente pour s'assurer des revenus futurs, en s'appuyant sur la performance de l'économie réelle via les marchés financiers et immobiliers.

Il convient de distinguer deux formes principales qui coexistent dans le paysage de l'épargne :

  • La capitalisation collective : elle est gérée au niveau d'une entreprise ou d'une branche professionnelle. C'est le cas des fonds de pension dans les pays anglo-saxons, mais aussi en France avec l'ERAFP (Établissement de Retraite additionnelle de la Fonction publique), qui gère la capitalisation obligatoire des fonctionnaires.
  • La capitalisation individuelle : elle relève de la démarche personnelle de l'épargnant qui souscrit des contrats spécifiques, tels que le Plan d'Épargne Retraite (PER) ou l'assurance-vie, pour compléter ses pensions obligatoires.

Dans les deux cas, la mécanique financière reste identique : les cotisations sont investies sur des actifs (actions, obligations, immobilier) et c'est la performance de ces actifs, cumulée aux versements (les intérêts composés), qui détermine le montant de la retraite finale. Contrairement à une simple créance sur une génération future, l'épargnant détient ici une créance sur l'économie.

Pourquoi la capitalisation devient incontournable ?

Au-delà des définitions théoriques, la nécessité de capitaliser s'impose par pragmatisme. Dans un contexte où le coût global des retraites pèse lourdement sur les finances publiques, la diversification des sources de revenus devient une nécessité pour maintenir son niveau de vie.

Les arguments en faveur de la capitalisation

Le premier argument est celui du rendement financier. Sur le long terme, les capitaux investis dans l'économie productive (actions) tendent à offrir une performance supérieure à la simple revalorisation des pensions, qui suit généralement l'inflation ou les salaires. Une étude de l'Institut Molinari soulignait que les systèmes par capitalisation pouvaient offrir, sur de très longues périodes, des gains de pouvoir d'achat significatifs grâce à la puissance du temps et des intérêts capitalisés.

Le second atout majeur est la propriété des sommes. C'est une distinction cruciale : l'épargne constituée appartient au souscripteur. En cas de décès prématuré avant la retraite, les capitaux ne sont pas perdus (contrairement à des droits à pension classiques qui s'éteignent souvent), mais sont transmis aux bénéficiaires désignés, souvent dans un cadre fiscal avantageux.

Les risques et limites à connaître

La capitalisation n'est pas exempte de défauts et exige une gestion rigoureuse. Le risque de marché est la principale préoccupation : un krach boursier survenant l'année du départ à la retraite pourrait théoriquement amputer le capital. C'est pour cette raison que les dispositifs modernes intègrent par défaut une gestion pilotée à horizon. Ce mécanisme sécurise progressivement l'épargne en basculant les actifs risqués vers des supports garantis à mesure que l'âge de la retraite approche, neutralisant ainsi le risque de séquence.

Un point de vigilance absolu concerne les frais de gestion. La capitalisation implique des intermédiaires (assureurs, gestionnaires d'actifs). Des frais trop élevés (frais sur versement, frais de gestion annuels) peuvent grignoter une part substantielle de la performance sur 20 ou 30 ans. Il est impératif de privilégier des contrats aux frais maîtrisés pour ne pas créer un écart de rendement injustifié.

Les solutions pratiques : comment capitaliser en France ?

L'environnement législatif français a profondément évolué avec la Loi Pacte de 2019, qui a visé à simplifier l'accès à la capitalisation pour les particuliers.

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) s'impose aujourd'hui comme l'outil de référence. Il remplace les anciens dispositifs disparates (PERP, Madelin, Article 83) en proposant une enveloppe unique et harmonisée. Ses atouts résident dans sa flexibilité : il est possible de transférer l'épargne d'un ancien contrat vers un PER, et les frais de transfert sont strictement encadrés par la loi (gratuits si le contrat a plus de 5 ans, plafonnés à 1% sinon).

L'assurance-vie demeure une alternative pertinente et complémentaire. Bien que moins ciblée fiscalement sur la retraite pure, elle offre une liquidité totale à tout moment, contrairement au PER où les fonds sont bloqués jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé comme l'achat de la résidence principale ou les accidents de la vie).

Enfin, l'investissement immobilier locatif agit comme une forme de "capitalisation dans la pierre", permettant de se constituer des revenus complémentaires indexés, mais avec une fiscalité et des contraintes de gestion plus lourdes.

Le levier fiscal à l'entrée : optimiser sa Tranche Marginale

Le principal moteur du Plan d'Épargne Retraite (PER) repose sur un mécanisme de différé d'imposition particulièrement efficace pour les foyers fortement fiscalisés.

Le principe est mécanique : les versements volontaires effectués sur un PER sont déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds disponibles (généralement 10 % des revenus professionnels). Concrètement, l'épargnant ne paie pas d'impôt sur les sommes qu'il place pour sa retraite.

L'efficacité de ce levier dépend directement de la Tranche Marginale d'Imposition (TMI) de l'investisseur. Plus la tranche est élevée, plus l'État "finance" une partie de l'épargne :

  • Pour un versement de 10 000 € avec une TMI à 30 %, l'économie d'impôt est de 3 000 €. L'effort d'épargne réel n'est que de 7 000 €.
  • Pour le même versement avec une TMI à 41 %, l'économie grimpe à 4 100 €. L'effort réel descend à 5 900 €.
  • Avec une TMI à 45 %, près de la moitié du versement est absorbée par l'avantage fiscal.

Il ne s'agit toutefois pas d'un cadeau fiscal définitif, mais d'un décalage de taxation vers l'avenir, au moment où les revenus (et souvent la tranche d'imposition) sont amenés à baisser.

Stratégies de sortie : rente, capital et impact fiscal

L'apport majeur de la loi Pacte a été de briser la rigidité historique de la sortie en rente. Désormais, au moment de la retraite, l'épargnant dispose d'une liberté quasi totale pour récupérer son épargne, ce qui modifie radicalement l'approche patrimoniale.

Le choix du mode de sortie

Deux options, ou une combinaison des deux, s'offrent à l'épargnant :

  • La sortie en capital : elle permet de récupérer 100 % de l'épargne constituée. Cette option est souvent privilégiée pour financer un projet de vie, solder un crédit immobilier ou simplement conserver la maîtrise des fonds pour une transmission future. Pour éviter une pression fiscale trop forte sur une seule année, il est souvent pertinent d'opter pour une sortie en capital fractionnée (programmée sur plusieurs années).
  • La rente viagère : elle garantit un revenu à vie, quel que soit l'âge du décès. C'est une assurance contre le risque de longévité (vivre très vieux en ayant épuisé son capital). La contrepartie est l'aliénation du capital : les fonds sont cédés à l'assureur et ne peuvent plus être transmis aux héritiers (sauf option de réversion).

La fiscalité à la sortie : le revers de la médaille

Si les versements ont été déduits à l'entrée, ils sont logiquement fiscalisés à la sortie. La taxation s'applique distinctement sur le capital et sur les gains :

  1. La part de capital (correspondant aux versements) est soumise au barème progressif de l'impôt sur le revenu (TMI), mais exonérée de prélèvements sociaux.
  2. La part de gains (les intérêts générés) est soumise au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux).

Exemple chiffré : la réussite de l'opération

L'opération est gagnante si la tranche d'imposition à la retraite est inférieure à celle de la vie active.

Prenons un cadre supérieur ayant versé 10 000 € lors de sa vie active, alors qu'il était imposé à 41 %.

  • À l'entrée : il a réalisé une économie d'impôt immédiate de 4 100 €. Son effort réel est de 5 900 €.
  • À la sortie (retraite) : ses revenus ayant baissé, sa TMI descend à 30 %. Lors du retrait des 10 000 € de capital, il paiera 3 000 € d'impôt.

Résultat : Sans même compter la performance financière du contrat, l'investisseur a réalisé un gain fiscal net de 1 100 € (4 100 € - 3 000 €) simplement en jouant sur le différentiel de fiscalité entre les deux périodes de sa vie.

Tour d'horizon international : ce qui se fait ailleurs

Pour mieux appréhender la place de la capitalisation, il est utile d'observer les modèles étrangers qui ont intégré cette composante depuis longtemps. Le "tout capitalisation" n'est pas une panacée, comme l'a montré l'exemple du Chili, souvent cité pour la faiblesse de ses pensions due à des aléas de marché et des contributions insuffisantes.

En revanche, les modèles considérés comme les plus robustes en Europe, notamment aux Pays-Bas ou en Suisse, reposent sur un système mixte dit des "3 piliers" :

  1. Un socle de solidarité pour assurer un minimum vital.
  2. Une capitalisation professionnelle obligatoire (gérée par les entreprises).
  3. Une capitalisation individuelle facultative.

La France, avec la montée en puissance de la retraite complémentaire et le succès du PER, tend progressivement vers cette architecture hybride où la part de la capitalisation individuelle est appelée à croître pour compenser l'essoufflement démographique des régimes obligatoires.

En conclusion

La retraite par capitalisation constitue une brique indispensable d'une stratégie patrimoniale résiliente. Elle offre une réponse technique à l'érosion des taux de remplacement en redonnant à l'épargnant la maîtrise de son futur niveau de vie. Le PER, porté par la Loi Pacte, offre aujourd'hui un cadre fiscal optimisé pour constituer ce capital. Toutefois, la réussite de cette stratégie repose sur une vigilance accrue concernant les frais du contrat et une allocation d'actifs cohérente avec l'horizon de placement. La constitution d'un stock de capital personnel est la meilleure assurance contre les incertitudes des flux futurs.

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FAQ

La retraite par capitalisation est-elle obligatoire en France ?

Non, la capitalisation individuelle n'est pas obligatoire pour les salariés du secteur privé. Elle relève d'une démarche volontaire via des produits comme le PER ou l'assurance-vie. Elle est en revanche obligatoire pour les fonctionnaires via l'ERAFP pour une partie de leurs primes.

Quel produit privilégier pour capitaliser ?

Le Plan d'Épargne Retraite (PER) figure parmi les solutions les plus adaptées pour l'objectif retraite grâce à la déductibilité des versements à l'entrée. Cependant, l'assurance-vie reste pertinente pour ceux qui souhaitent garder leur épargne disponible avant la retraite ou qui ont une faible imposition.

Que se passe-t-il si la bourse s'effondre juste avant ma retraite ?

Les contrats de capitalisation modernes intègrent un mode de gestion pilotée à horizon. Ce mécanisme sécurise automatiquement et progressivement l'épargne en la basculant vers des supports sans risque (fonds euros) à mesure que la date de la retraite approche, protégeant le capital final d'un krach tardif.

Peut-on récupérer son argent avant la retraite ?

Sur un PER, les fonds sont bloqués jusqu'à la liquidation des droits à la retraite ou l'âge légal. Il existe toutefois des cas de déblocage anticipé : acquisition de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement ou expiration des droits à l'assurance chômage.

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Avantages
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Propriété du capital transmis aux héritiers Déductibilité
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