Gestion Patrimoniale particuliers
Gestion Patrimoniale DIRIGEANT

Complément retraite : comment générer des revenus complémentaires ?

La baisse structurelle du taux de remplacement est une réalité arithmétique : pour un cadre supérieur ou un dirigeant d'entreprise, la pension légale ne couvre souvent que 40 % à 50 % des derniers revenus d'activité. Face à ce décrochage brutal du niveau de vie, la notion de complément retraite devient centrale dans toute stratégie patrimoniale.

Résumé de la page

Anticipez votre départ à la retraite en préparant votre patrimoine

Prenez avec nos experts en gestion de patrimoine pour sécuriser des revenus complémentaires suffisant pour préserver votre niveau de vie

Être rappelé par un expert

Investir comporte des risques, retrouvez-les sur notre page dédiée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Il convient de dissiper une confusion fréquente. Le terme "complémentaire retraite" désigne deux réalités distinctes qui s'additionnent. D'une part, la retraite complémentaire obligatoire (régime Agirc-Arrco pour les salariés du privé), qui constitue le second étage de la pension légale. D'autre part, les revenus complémentaires volontaires, issus de l'épargne personnelle ou de la poursuite d'une activité, qui relèvent de la stratégie individuelle. Le régime de complémentaire retraite pour indépendants et travailleurs non-salariés est différent.

La maîtrise de ces mécanismes n'est pas optionnelle pour quiconque souhaite maintenir son pouvoir d'achat à long terme. Entre la complexité du système par points et la fiscalité des nouveaux dispositifs d'épargne, les leviers d'optimisation sont nombreux, mais techniques.

La retraite complémentaire obligatoire (Agirc-Arrco)

Pour la majorité des salariés du secteur privé, la retraite se compose de deux étages : la retraite de base (versée par la CNAV ou la CARSAT) et la retraite complémentaire, gérée par l'Agirc-Arrco. Si le régime de base fonctionne par trimestres et annuités, le régime complémentaire repose sur une logique totalement différente : le système par points.

Comprendre le système par points

Le principe est celui d'un compte épargne converti en rente viagère. Tout au long de la carrière, les cotisations prélevées sur le salaire brut (part salariale et part patronale) permettent d'acquérir des points. Au moment du départ en retraite, le stock de points accumulé est multiplié par la « valeur de service du point » en vigueur pour déterminer le montant brut annuel de la pension.

Contrairement au régime de base qui plafonne le salaire pris en compte (le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale, ou PASS), le régime Agirc-Arrco permet de cotiser sur des assiettes de rémunération plus larges, ce qui en fait souvent la part prépondérante de la pension des cadres.

La formule de calcul est la suivante : montant brut annuel = nombre de points acquis × valeur de service du point

Calcul et cotisations : tranche 1 et tranche 2

L'acquisition des points dépend du niveau de rémunération, découpé en deux tranches distinctes. Cette segmentation influence directement le nombre de points crédités chaque année, car les taux de cotisation diffèrent selon la tranche.

  • Tranche 1 (T1) : Elle concerne la part du salaire allant du premier euro jusqu'au montant du PASS (48 060 € en 2026). Sur cette tranche, le taux contractuel d'acquisition des points est de 6.20%.
  • Tranche 2 (T2) : Elle s'applique à la part du salaire comprise entre 1 et 8 PASS (soit de 48 060 € à 384 480 €). Sur cette part excédentaire, le taux contractuel d'acquisition est beaucoup plus élevé, s'élevant à 17.00%.

Il est crucial de noter la différence entre le taux de cotisation (ce que l'on paie effectivement) et le taux d'acquisition des points (ce qui génère des droits). Le système applique un taux d'appel de 127% aux deux tranches.

Concrètement, cela signifie que les cotisations appelées sont majorées sans générer de points supplémentaires :

  • Sur la Tranche 1, le taux réellement payé est de 7,87% (pour 6.20% de droits).
  • Sur la Tranche 2, le taux réellement payé est de 21,59% (pour 17.00% de droits).

Pour 100 € cotisés, seuls environ 78 € servent réellement à l'achat de points, le différentiel servant à financer l'équilibre technique du régime. Ce mécanisme de solidarité réduit mécaniquement le rendement pur des cotisations.

Simulation concrète (exemple chiffré 2026)

Pour anticiper le montant de ce complément retraite obligatoire, il est nécessaire de se référer à la valeur du point fixée par les partenaires sociaux. Prenons l'exemple d'un cadre, Jean, qui s'apprête à liquider ses droits au 1er janvier 2026. Son relevé de carrière indique un total de 6 800 points Agirc-Arrco.

  1. Donnée de référence : la valeur de service du point est fixée à 1.4386 € (valeur maintenue suite au gel de novembre 2025).
  2. Calcul du montant brut : 6 800 × 1.4386 = 9 782.48 € par an.
  3. Mensualité brute : soit environ 815 € par mois venant s'ajouter à la retraite de base.

Ce montant est un revenu brut. Pour obtenir le net à payer, il faudra déduire les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA), dont le taux global avoisine généralement les 9.1 % pour les retraités imposables (selon le revenu fiscal de référence). Contrairement aux idées reçues, la valeur du point ne baisse jamais, mais son absence de revalorisation (comme c'est le cas pour 2026) peut entraîner une érosion du pouvoir d'achat en termes réels face à l'inflation.

Les solutions d'épargne pour compléter sa pension

Face aux limites des régimes obligatoires, la constitution d'un capital privé est indispensable. L'objectif est de transformer une capacité d'épargne actuelle en flux de revenus futurs, tout en optimisant la fiscalité.

Le plan d'épargne retraite (PER)

Introduit par la loi PACTE, le PER s'est imposé comme l'outil pivot de la préparation à la retraite pour les foyers fortement imposés. Son architecture repose sur un différé d'imposition : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable (dans la limite des plafonds disponibles), ce qui génère une économie d'impôt immédiate proportionnelle à la tranche marginale d'imposition (TMI).

Pour un épargnant imposé à 41% ou 45%, l'État finance indirectement près de la moitié de l'effort d'épargne. En contrepartie, le capital est bloqué jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé comme l'achat de la résidence principale ou les accidents de la vie).

À la sortie, le titulaire dispose d'une liberté de choix totale :

  • Sortie en capital : en une ou plusieurs fois (capital fractionné), fiscalisée au barème de l'impôt sur le revenu.
  • Sortie en rente viagère : pour sécuriser un complément de revenu à vie.

L'arbitrage doit être fin : l'avantage fiscal à l'entrée se paie à la sortie. Le PER est donc mathématiquement pertinent si la TMI à la retraite est inférieure à la TMI durant la vie active.

L'assurance-vie et l'immobilier (SCPI)

L'assurance-vie demeure le « couteau suisse » du patrimoine. Contrairement au PER, elle n'offre pas de déductibilité à l'entrée, mais propose une fiscalité très douce sur les retraits (rachats) après 8 ans de détention. Seule la part de gains est taxée, avec un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple). Notez toutefois que les prélèvements sociaux (17.2 %) restent dus sur la part de gains, même en cas d'abattement fiscal. C'est l'enveloppe idéale pour conserver une liquidité totale du capital.

Pour générer des revenus réguliers sans contrainte de gestion, les parts de SCPI (Société Civile de Placement Immobilier) sont une solution adaptée. Elles permettent d'investir dans l'immobilier tertiaire (bureaux, commerces, santé) et de percevoir des loyers nets de charges. Une stratégie efficace consiste à acquérir des parts de SCPI en démembrement de propriété (nue-propriété) 5 à 10 ans avant la retraite. Durant cette période, l'investisseur ne perçoit pas de revenus (donc pas de fiscalité supplémentaire) et achète les parts avec une décote. À la retraite, il récupère la pleine propriété et commence à percevoir les loyers au moment où il en a besoin.

Tableau comparatif : PER vs assurance-vie

CritèrePlan d'épargne retraite (PER)Assurance-vie
Fiscalité à l'entréeDéductibilité des versements (gain fiscal immédiat)Aucune déduction fiscale
DisponibilitéBloqué jusqu'à la retraite (sauf cas spécifiques)Disponible à tout moment
Fiscalité à la sortieCapital taxé au barème IR (si déduit à l'entrée)Fiscalité avantageuse après 8 ans (abattements, hors PS)
Objectif prioritaireRéduire ses impôts durant la vie active et préparer la retraiteCapitaliser avec liquidité et optimiser la transmission
SortieCapital (100 %), rente ou mixteCapital (rachats partiels) ou rente

Travailler plus pour gagner plus à la retraite

L'épargne n'est pas le seul levier. Le cadre législatif encourage désormais le prolongement de l'activité ou la reprise d'un emploi, offrant des mécanismes puissants pour augmenter sa pension ou générer des revenus additionnels immédiats.

La surcote : travailler au-delà de l'âge légal

La surcote est un mécanisme de majoration définitive de la retraite de base. Pour en bénéficier, il faut continuer à travailler au-delà de l'âge légal de départ et avoir déjà validé le nombre de trimestres nécessaires pour le taux plein.

Chaque trimestre supplémentaire travaillé dans ces conditions majore la pension de 1.25%. Travailler deux années supplémentaires (8 trimestres) permet ainsi d'augmenter sa pension de base de 10%. C'est un calcul de rentabilité : différer son départ permet de toucher une pension plus élevée, mais pendant moins longtemps théoriquement. Ce choix doit s'apprécier au regard de l'espérance de vie et de la pénibilité du poste.

Le cumul emploi-retraite (CER)

Le cumul emploi-retraite permet de percevoir ses pensions de vieillesse tout en exerçant une activité rémunérée. Depuis la réforme de 2023, ce dispositif a gagné en attractivité.

Il existe deux formes de cumul :

  • Le cumul intégral (libéralisé) : accessible si l'on a liquidé toutes ses retraites à taux plein et atteint l'âge légal. Il permet de cumuler intégralement pensions et nouveaux revenus d'activité, sans aucun plafond.
  • Le cumul plafonné : si les conditions du taux plein ne sont pas réunies, la somme des pensions et des nouveaux revenus ne doit pas dépasser la moyenne des derniers salaires ou 160 % du SMIC. En cas de dépassement, la pension est suspendue.

La grande nouveauté réside dans la création de nouveaux droits. Auparavant, les cotisations versées dans le cadre d'un cumul emploi-retraite étaient versées à fonds perdus. Désormais, sous conditions (cumul intégral), ces cotisations génèrent de nouveaux points et permettent, à terme, de liquider une seconde pension de retraite.

Le portage salarial pour les retraités

Pour les anciens cadres ou experts souhaitant conserver une activité de conseil sans les lourdeurs de la création d'entreprise, le portage salarial est une voie médiane pertinente.

Le retraité devient salarié de la société de portage pour ses missions. Il conserve ainsi le régime général de la Sécurité sociale et bénéficie d'une gestion administrative déléguée (facturation, recouvrement). Ce statut est parfaitement compatible avec le cumul emploi-retraite et permet de transformer des honoraires en salaire, ouvrant droit aux avantages sociaux classiques, tout en sécurisant le cadre juridique de l'intervention.

Stratégie : quand faut-il s'en préoccuper ?

La qualité d'un complément retraite dépend directement du facteur temps. L'anticipation permet de lisser l'effort d'épargne et de corriger les anomalies administratives.

Le plan de préparation à la retraite

Une stratégie efficace se déploie en trois temps forts :

  1. Dès 30 ans : la phase de préparation de la retraite par la capitalisation. C'est le moment d'ouvrir un PER ou une assurance-vie pour profiter de la puissance des intérêts composés. L'effort d'épargne est moins douloureux s'il est étalé sur 20 ou 25 ans.
  2. À 55 ans : la phase de vérification. Il est impératif de consulter son Relevé de Situation Individuelle (RIS) sur le site Info-retraite.fr. Les erreurs (points oubliés, jobs d'été non comptabilisés, périodes de service national) sont fréquentes. Plus la régularisation est demandée tôt, plus il est facile de retrouver les justificatifs.
  3. À 60 ans : la phase d'arbitrage. C'est l'heure des simulations précises. Faut-il liquider dès l'âge légal ? Viser la surcote ? Sécuriser les placements financiers (désensibilisation au risque actions) ? C'est aussi le moment d'envisager le cumul emploi-retraite comme une transition douce.

Les démarches de liquidation

La liquidation des droits n'est pas automatique. Elle relève d'une initiative personnelle qui doit être planifiée. Il est recommandé d'initier la demande unique de retraite (base + complémentaire) 6 mois avant la date de départ souhaitée.

Une vigilance particulière doit être portée aux coordonnées bancaires et à l'état civil. Le premier versement de la complémentaire Agirc-Arrco intervient généralement au début du mois de la retraite (paiement « d'avance » ou à terme à échoir), contrairement à la retraite de base versée le mois suivant (à terme échu). Tout dossier incomplet peut entraîner un paiement provisoire, souvent inférieur aux droits réels, régularisé plusieurs mois plus tard.

Synthèse

La constitution d'un revenu confortable à la retraite ne peut plus reposer uniquement sur les régimes obligatoires. Une approche structurée s'articule autour de trois piliers :

  1. Optimiser le socle obligatoire (Agirc-Arrco) en vérifiant ses points et en choisissant stratégiquement sa date de départ (surcote).
  2. Bâtir un capital via des enveloppes fiscales adaptées (PER, assurance-vie, SCPI) pour générer des revenus indépendants du travail.
  3. Maintenir une activité via le cumul emploi-retraite ou le portage salarial pour compléter les revenus et conserver un lien social.

L'ingénierie patrimoniale offre les outils pour compenser la baisse des taux de remplacement, à condition d'agir avec méthode et anticipation.

{{COMPONENT_CTA}}

FAQ

Quelle est la différence entre retraite de base et complémentaire ?

La retraite de base (CNAV/CARSAT) fonctionne par trimestres validés, tandis que la retraite complémentaire (Agirc-Arrco pour le privé) fonctionne par points. Le montant de la pension globale est l'addition de ces deux régimes distincts mais obligatoires.

Quelle est la valeur du point retraite Agirc-Arrco en 2026 ?

La valeur de service du point Agirc-Arrco est de 1.4386 €. Ce montant n'a pas été revalorisé au 1er novembre 2025 (faute d'accord des partenaires sociaux) et reste donc identique à celui de 2025. Il sert de base au calcul des pensions versées en 2026.

Peut-on toucher le chômage et la retraite en même temps ?

En règle générale, le cumul n'est pas possible. Dès lors que vous remplissez les conditions pour une retraite à taux plein, les droits au chômage cessent. Toutefois, si vous n'avez pas le taux plein, France Travail (ex-Pôle Emploi) peut maintenir l'indemnisation jusqu'à l'obtention de ce taux ou jusqu'à l'âge du taux plein automatique (67 ans).

Quand est versée la complémentaire Agirc-Arrco ?

La pension complémentaire Agirc-Arrco est versée le 1er jour ouvré de chaque mois. Elle est payée « d'avance » (à terme à échoir) pour le mois en cours. À l'inverse, la retraite de base est payée le mois suivant (à terme échu).

memo epargnant

memo société

Avantages
icon done
Pension Agirc-Arrco calculée par points
icon done
Déduction fiscale des versements PER
icon done
Revenus illimités en cumul emploi-retraite intégral
Prendre rendez-vous
ÉPARGNE

Demandez un conseil en investissement

Un conseiller spécialisé vous contactera
dans les meilleurs délais afin d’échanger.

Merci, votre demande a bien été envoyée.
Oops! Something went wrong while submitting the form.
un bâtiment avec des balcons et des arbres à l'avant
Fiscalité

Diminuez dès à présent vos impôts

Auguste Patrimoine vous accompagne dans vos réflexions et la structurations
des solutions adaptées à votre profil.

Nous vous remercions ! Votre demande a bien été reçue et un expert reviendra vers vous rapidement.
Oops! Something went wrong while submitting the form.
un bâtiment avec des balcons et des arbres à l'avant
un homme en costume

Nos experts vous accompagnent

Nous sommes notés 5/5 avec 53 avis sur Google.

Nous structurons sur mesure nos solutions afin de répondre à votre situation.



Nos équipes peuvent adresser toutes vos problématiques, des plus classiques au plus complexes.

Indépendantes des groupes bancaires, nos recommandations sont effectuées en architecture ouverte et permettent de vous proposer les meilleures solutions.

Demander un bilan patrimonial

Etape 1 : Échange afin de comprendre votre besoin

Etape 2 : Remise d’une recommandation sur mesure

Etape 3 : Validation de la recommandation PAR VOS SOINS

Nos experts vous recontactent

Délai de réponse inférieur à 24h.

Merci ! Votre demande a bien été reçue.
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Rappel immédiat, e-mail, visio ou rendez-vous

Je souhaite:

Rappel immédiat, e-mail, visio ou rendez-vous

Précédent
Nous vous remercions ! Votre demande a bien été reçue !
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Un bilan patrimonial offert
Prendre
rendez-vous