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Investir en loi Monuments Historiques

Investir en loi monuments historiques permet de déduire 100% des travaux de restauration du revenu imposable, sans aucun plafonnement et hors plafonnement des niches fiscales de 10 000 €. Créé par la loi du 31 décembre 1913, ce dispositif vise à préserver le patrimoine architectural français en incitant les contribuables à acquérir et restaurer des biens classés ou inscrits. En contrepartie d'un engagement de conservation de 15 ans minimum et de travaux encadrés par l'architecte des bâtiments de France, l'investisseur accède à un régime fiscal parmi les plus puissants du droit français, combinant défiscalisation massive, constitution d'un patrimoine d'exception et transmission en franchise de droits de succession.

Statue de Jeanne d'Arc à Paris, en face de l'hôtel Regina

Résumé de la page

Investir comporte des risques, retrouvez-les sur notre page dédiée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Loi monuments historiques : définition et biens éligibles

La loi monuments historiques encadre l'acquisition et la restauration de biens immobiliers reconnus pour leur valeur patrimoniale. Quatre catégories de biens sont éligibles au dispositif :

  • Les immeubles classés monuments historiques
  • Les immeubles inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH)
  • Les immeubles labellisés par la Fondation du patrimoine (sur avis du service départemental de l'architecture, visibles de la voie publique)
  • Les immeubles agréés par le ministre de l'Économie pour leur caractère historique ou artistique particulier, ouverts au public (agrément demandé au plus tard le 31/12/2013)

Le dispositif s'adresse aux contribuables dont la tranche marginale d'imposition atteint 41% ou 45%, avec un revenu global généralement supérieur à 100 000 € par an. Il convient aussi aux profils confrontés à des pics de revenus exceptionnels (dividendes, cessions de valeurs mobilières) nécessitant un levier de défiscalisation immédiat.

La détention du bien s'effectue en direct (personne physique) ou par l'intermédiaire d'une SCI familiale non soumise à l'impôt sur les sociétés, à condition que le bien soit affecté à l'habitation pour au moins 75% des surfaces habitables.

La fiscalité de la loi monuments historiques : une déduction sans plafond

Déduction intégrale des travaux du revenu imposable

L'ensemble des dépenses liées à la restauration et à l'entretien du bien est déductible du revenu imposable :

  • Travaux de restauration, réparation et entretien (toiture, façades, menuiseries anciennes, remise en état des décors historiques)
  • Travaux d'amélioration nécessaires pour rendre le bien habitable (électricité, chauffage, plomberie)
  • Intérêts d'emprunt liés à l'acquisition du foncier et au financement des travaux
  • Primes d'assurance, taxe foncière, frais de gestion et de surveillance des travaux
  • Frais de promotion et de publicité (pour les visites, le cas échéant)

Cette déduction s'applique sans aucun plafond annuel. Plus le montant des travaux est élevé, plus l'avantage fiscal est important. Le dispositif constitue l'un des rares mécanismes fiscaux hors plafonnement des niches fiscales de 10 000 € (art. 200-0 A du CGI), ce qui permet de le cumuler avec d'autres dispositifs sans être limité par ce seuil.

Les travaux éligibles concernent la conservation, la restauration et l'amélioration des locaux d'habitation. En revanche, les travaux de reconstruction ou d'agrandissement modifiant la structure du monument ne sont pas déductibles des revenus fonciers. Cette distinction est essentielle : seuls les travaux validés par l'architecte des bâtiments de France ouvrent droit à la déduction.

L'excédent de déficit global non imputé se reporte sur les six années suivantes. Les revenus de location d'un monument historique sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, sans possibilité d'opter pour le régime micro-foncier.

Les trois cas d'imputation selon l'usage du bien

Le régime fiscal diffère selon l'utilisation du bien par le propriétaire :

Bien loué

La totalité des charges foncières (travaux, intérêts, assurance, taxe foncière) est déductible des revenus fonciers. Le déficit généré s'impute sur le revenu global sans limitation.

Bien occupé par le propriétaire et ouvert au public

Si le monument est accessible au public au minimum 50 jours par an (dont 25 dimanches et jours fériés entre avril et septembre, ou 40 jours entre juillet et septembre), 100% des charges sont déductibles du revenu global. Les frais supplémentaires liés à l'accueil, la sécurité et la communication sont également déductibles.

Bien occupé par le propriétaire, non ouvert au public

Seuls 50% des charges sont déductibles du revenu global.

Les conditions pour investir en loi monuments historiques

L'accès au dispositif est soumis à des conditions strictes, encadrées par l'article 156 bis du CGI :

  1. Conservation du bien pendant 15 ans minimum à compter de la date d'acquisition. Le non-respect de cette obligation entraîne une majoration du revenu global à hauteur du tiers des charges précédemment imputées.
  2. Obligation de location nue pendant 3 ans minimum après achèvement des travaux, si le bien est mis en location.
  3. Travaux supervisés par l'architecte des bâtiments de France (ABF) et la direction régionale des affaires culturelles (DRAC). Le permis de construire est soumis à l'accord de la DRAC, de l'ABF et de l'architecte en chef des monuments historiques (ACMH).
  4. Interdiction de démolir, transformer, vendre, donner ou léguer le bien sans autorisation préalable du ministère de la Culture.
  5. Pas de plafonds de loyer ni de ressources des locataires (contrairement à la loi Malraux).
  6. Flexibilité d'usage : le propriétaire peut habiter le bien, le louer librement ou l'ouvrir au public. C'est un avantage distinctif par rapport à d'autres dispositifs de défiscalisation immobilière.

Exemple chiffré : investir en loi monuments historiques avec une TMI à 45%

Hypothèse : un investisseur dont la TMI est à 45% acquiert un bien classé monument historique.

Critère Valeur
Investissement total 300 000 €
Quote-part foncier (20%) 60 000 €
Quote-part travaux (80%) 240 000 €
Durée des travaux 2 ans (120 000 €/an)
TMI investisseur 45%
Revenu global annuel 250 000 €

Calcul de l'économie d'impôt :

Les 120 000 € de travaux annuels sont déductibles du revenu global. À une TMI de 45%, l'économie d'impôt est de 120 000 € × 45% = 54 000 € par an, soit 108 000 € sur 2 ans.

Les intérêts d'emprunt (si financement à crédit) et la taxe foncière viennent s'ajouter aux charges déductibles, amplifiant l'avantage fiscal. À l'issue des travaux, le bien loué génère des revenus fonciers. Le propriétaire conserve le bien pendant 15 ans minimum conformément à l'engagement légal.

À titre de comparaison, un investissement de même montant via un dispositif plafonné à une réduction de 30% (type Malraux) générerait une économie d'impôt de 72 000 € sur 4 ans (240 000 € × 30%). Le différentiel est de 36 000 € en faveur de la loi monuments historiques pour un investisseur à TMI 45%, sans même compter la déductibilité des intérêts d'emprunt et de la taxe foncière.

Loi monuments historiques vs loi Malraux : quelles différences ?

Les deux dispositifs visent la restauration du patrimoine ancien mais répondent à des logiques fiscales distinctes.

Critère Loi monuments historiques Loi Malraux
Mécanisme fiscal Déduction du revenu imposable Réduction d'impôt
Taux / calcul 100% des travaux déduits (selon TMI) 22% à 30% du montant des travaux
Plafond des travaux Aucun plafond 400 000 € sur 4 ans
Niches fiscales Hors plafonnement 10 000 € Hors plafonnement 10 000 €
Nature du bien Classé MH ou inscrit ISMH Situé en site patrimonial remarquable
Durée de conservation 15 ans 9 ans (engagement de location)
Obligation de location Non (usage libre) Location nue, sans plafond de loyer
Plafonds de loyer Aucun Aucun
Profil investisseur TMI 41-45%, budget élevé TMI 30-45%, budget modéré

La loi monuments historiques est plus puissante fiscalement (déduction sans plafond vs réduction plafonnée) mais exige un engagement plus long (15 ans vs 9 ans) et un budget travaux plus élevé. La loi Malraux convient aux investisseurs recherchant une défiscalisation encadrée avec un horizon de détention plus court.

Autre distinction : la loi monuments historiques offre une flexibilité totale sur l'usage du bien (habitation, location libre, ouverture au public). La loi Malraux impose une location nue sans plafond de loyer pendant une durée minimale de 9 ans, ce qui restreint les options du propriétaire. Les deux dispositifs partagent cependant un point commun déterminant : ils sont tous deux hors plafonnement des niches fiscales.

Transmettre un monument historique : exonération des droits de succession

La loi monuments historiques offre un levier de transmission patrimoniale rarement égalé. Les biens classés ou inscrits peuvent être exonérés de droits de donation et de succession, à condition que les héritiers, donataires ou légataires signent une convention à durée indéterminée avec les ministères de la Culture et des Finances.

Les engagements des ayants droit incluent :

  • Conserver les éléments du décor figurant dans la convention
  • Respecter les modalités d'entretien du bien définies par la convention
  • Ouvrir le monument au public au minimum 100 jours par an (dont les dimanches et jours fériés, entre avril et octobre, avec au moins 80 jours entre juin et septembre)

Cette exonération s'applique même si l'héritier n'appartient pas à la famille du détenteur initial. Depuis 1995, elle est étendue aux monuments historiques détenus via une SCI, dès lors que les revenus de la société sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers entre les mains des associés.

Pour les patrimoines importants, ce dispositif représente un outil complémentaire au calcul des droits de succession classiques.

Les risques et contraintes de l'investissement en monuments historiques

Coût élevé des travaux

La restauration d'un monument historique impose le recours à des matériaux nobles ou traditionnels et à une main-d'œuvre hautement spécialisée (artisans d'art, maîtres d'œuvre agréés). Le budget travaux représente souvent 60 à 85% du montant total de l'investissement, contre 30 à 50% pour une opération en loi Malraux. Un apport financier conséquent est généralement nécessaire. Selon les programmes disponibles sur le marché, les tickets d'entrée se situent entre 150 000 et 500 000 € pour un appartement en copropriété au sein d'un monument classé.

Contraintes administratives

Chaque étape des travaux doit être validée par l'ABF et la DRAC. Les délais d'instruction peuvent être longs (plusieurs mois pour un permis de construire en zone classée) et la marge de manœuvre sur les choix architecturaux et les matériaux est limitée. L'investisseur ne choisit pas librement les artisans ni les techniques de restauration. Ces contraintes visent à préserver le caractère historique du bâtiment mais alourdissent la gestion du projet.

Rentabilité locative secondaire

L'objectif premier d'un investissement en monuments historiques n'est pas le rendement locatif mais la défiscalisation et la constitution de patrimoine. Les loyers ne compensent pas toujours le coût d'acquisition et de rénovation. La rentabilité locative est à considérer comme un complément, pas comme le moteur de l'opération.

Immobilisation longue

La conservation obligatoire de 15 ans implique une immobilisation du capital sur le long terme. L'investisseur doit s'assurer de ne pas avoir besoin de ce capital avant l'échéance.

Calcul de la plus-value à la revente

Les travaux déduits du revenu ne sont pas réintégrés dans le prix de revient lors du calcul de la plus-value. La base imposable peut donc être plus élevée qu'attendue. Concrètement, si un bien est acquis 300 000 € (dont 240 000 € de travaux déduits), le prix de revient retenu pour le calcul de la plus-value sera de 60 000 € (foncier seul), et non 300 000 €. L'exonération d'impôt sur le revenu sur la plus-value est acquise après 22 ans de détention, les prélèvements sociaux après 30 ans. L'investissement en loi monuments historiques s'inscrit donc dans une logique de conservation patrimoniale à long terme.

Loi monuments historiques : pour quels profils patrimoniaux ?

Quatre profils tirent un avantage particulier de ce dispositif :

  • TMI élevée (41-45%) avec revenus réguliers importants ou pics exceptionnels à neutraliser fiscalement
  • Investisseurs patrimoniaux recherchant un bien d'exception (château, hôtel particulier, immeuble classé) dans une logique de valorisation long terme
  • Stratégie de transmission intergénérationnelle avec exonération des droits de succession sous convention
  • Diversification d'un patrimoine immobilier ou financier existant, en complément d'autres véhicules (SCPI, assurance vie, private equity)

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FAQs

La loi monuments historiques entre-t-elle dans le plafonnement des niches fiscales ?

La loi monuments historiques n'entre pas dans le plafonnement des niches fiscales de 10 000 € par an. C'est l'un des rares dispositifs fiscaux dans ce cas, avec la loi Malraux. Le déficit déduit du revenu global peut effacer une part significative de l'imposition, sans limitation liée aux autres avantages fiscaux dont bénéficie le contribuable.

Peut-on habiter un bien acquis en loi monuments historiques ?

Habiter un bien acquis en loi monuments historiques est possible. Contrairement à la loi Malraux ou à l'ancien dispositif Pinel, aucune obligation de location n'est imposée pour bénéficier du dispositif. La déduction des charges est toutefois limitée à 50% du revenu global si le bien n'est pas ouvert au public. Si le bien est ouvert au public au minimum 50 jours par an, la déduction est portée à 100%.

Peut-on investir en loi monuments historiques via une SCI ?

Investir en loi monuments historiques via une SCI est possible, à condition que la SCI soit non soumise à l'impôt sur les sociétés. Deux cas de figure : la SCI familiale (dont les associés sont membres d'une même famille) ou la SCI ayant obtenu l'agrément du ministère du Budget après avis du ministère de la Culture. Chaque associé déduit les charges à hauteur de sa quote-part et doit conserver ses parts pendant 15 ans minimum.

Les travaux déduits sont-ils repris dans le calcul de la plus-value à la revente ?

Les travaux ayant été déduits du revenu dans le cadre de la loi monuments historiques ne sont pas réintégrés dans le prix de revient lors du calcul de la plus-value immobilière. La base imposable à la revente peut donc être plus élevée. Les abattements pour durée de détention s'appliquent : exonération d'impôt sur le revenu après 22 ans, exonération de prélèvements sociaux après 30 ans.

Comment déclarer un investissement en loi monuments historiques ?

La déclaration d'un investissement en loi monuments historiques s'effectue sur l'imprimé 2044 S (spéciale), dans la rubrique « revenus fonciers ». Les travaux sont reportés dans la case « travaux de restauration ». Lors de la première déclaration consécutive à l'opération, il convient de joindre l'engagement de location nue de 3 ans ainsi que, la première fois, l'avis de classement ou d'inscription du bien.

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