Complémentaire retraite indépendant : comprendre le RCI et préparer son PER
La réforme de l'assiette sociale modifie les règles du jeu pour la retraite des indépendants elle ne suffit pas à garantir le maintien du niveau de vie. Au-delà des obligations légales du RCI, quels leviers fiscaux et financiers permettent aux TNS de transformer leur déficit de protection sociale en stratégie de capitalisation performante ?

Résumé de la page
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Être rappelé par un expertL'écart de revenus au moment du départ à la retraite constitue l'une des préoccupations majeures des travailleurs non salariés (TNS). Contrairement aux idées reçues, la baisse du niveau de vie n'est pas une fatalité, mais une variable mathématique qui s'anticipe. La complémentaire retraite des indépendant s'articule aujourd'hui autour de deux piliers distincts : le régime obligatoire, souvent insuffisant pour maintenir le pouvoir d'achat, et les dispositifs d'épargne facultative, devenus indispensables.
L'année 2025 a marqué un tournant technique avec l'entrée en vigueur de la réforme de l'assiette sociale unique, modifiant les paramètres de calcul des cotisations sans pour autant bouleverser le montant des prestations futures. Pour l'artisan, le commerçant ou le professionnel libéral, la maîtrise de ces mécanismes est le prérequis à toute stratégie patrimoniale efficace. Il ne s'agit plus seulement de cotiser, mais de construire un capital capable de générer des revenus futurs, en utilisant les leviers fiscaux et financiers disponibles.
Le régime complémentaire des indépendants (RCI) : le socle obligatoire
Le régime complémentaire des indépendants, communément appelé RCI, constitue la seconde couche du système de retraite obligatoire pour les artisans et les commerçants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants (SSI). Il fonctionne selon un principe de répartition par points : les cotisations versées chaque année sont converties en points, qui s'accumulent au fil de la carrière pour déterminer le montant de la pension future.
Ce régime est solidaire et obligatoire. Il ne permet aucune modulation à la baisse ou à la hausse selon le bon vouloir de l'assuré. Contrairement au régime de base qui valide des trimestres, le RCI est purement proportionnel aux revenus (dans la limite de certains plafonds). Il offre un rendement technique généralement stable, mais directement lié à la démographie et aux décisions politiques sur la valeur du service du point.
Comment sont calculées les cotisations RCI ? (la réforme 2025)
La réforme des retraites et celle de l'assiette sociale des indépendants, effective depuis 2025, ont modifié la structure des prélèvements sans nécessairement augmenter la charge globale pour l'assuré. Jusqu'alors, les cotisations étaient calculées sur le revenu professionnel net. Désormais, le calcul s'opère sur une assiette unique réformée.
Le mécanisme repose sur une subtilité comptable : l'application d'un abattement forfaitaire de 26% sur le revenu (dans la limite de 3 PASS). Concrètement, les taux de cotisation faciaux ont été ajustés à la hausse pour compenser cette réduction de la base de calcul. L'objectif est de neutraliser les effets de seuil et d'aligner l'assiette des cotisations sociales sur celle de la CSG.
Pour un indépendant classique (artisan/commerçant), les tranches de cotisation au RCI s'établissent ainsi :
- une première tranche s'applique jusqu'au plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) ;
- une seconde tranche concerne la fraction des revenus comprise entre 1 et 4 PASS.
Il est impératif de noter que cette réforme vise à créer des droits supplémentaires à cotisation égale pour les bas revenus, mais elle complexifie la lecture des appels de cotisations URSSAF. Le taux de rendement du régime reste surveillé, car la conversion cotisation/point dépend de la valeur d'achat du point, fixée annuellement par le conseil d'administration du CPSTI.
La valeur du point et le calcul de la pension
La mécanique de liquidation de la retraite complémentaire est une simple multiplication. Au moment du départ à la retraite, le montant annuel de la pension RCI correspond au nombre total de points acquis multiplié par la valeur de service du point.
La valeur du point est indexée, en théorie, sur l'inflation, mais les revalorisations réelles sont souvent inférieures à l'augmentation du coût de la vie. Cela signifie qu'un point acquis en début de carrière perd mécaniquement de son pouvoir d'achat au moment de la liquidation, vingt ou trente ans plus tard.
Le système garantit un socle, mais il ne promet pas le maintien du niveau de vie. Pour un revenu constant de 40 000 €, un indépendant accumule des droits qui, ajoutés à la retraite de base, plafonnent souvent le taux de remplacement global autour de 50% du dernier revenu d'activité. C'est ici que l'ingénierie patrimoniale prend tout son sens : le régime obligatoire assure la survie, l'épargne volontaire assure le confort.
Le cas particulier des professions libérales (CIPAV et autres)
L'analyse précédente concerne la majorité des travailleurs non salariés (artisans, commerçants, et certaines professions libérales non réglementées rattachées au régime général depuis 2018). Cependant, les professions libérales réglementées (architectes, ingénieurs-conseils, ostéopathes, etc.) relèvent de caisses spécifiques, dont la plus importante est la CIPAV (Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse).
Le fonctionnement de la retraite complémentaire à la CIPAV différait historiquement du RCI par un système de classes de cotisations forfaitaires. Aujourd'hui, la tendance est à la proportionnalité, mais des spécificités demeurent.
Les experts-comptables (CAVEC), les médecins (CARMF) ou les avocats (CNBF) disposent chacun de régimes complémentaires autonomes avec leurs propres règles de rendement et de réserves financières. Lors d'un audit retraite, il est crucial de vérifier l'affiliation exacte. Un consultant indépendant peut être affilié à la SSI (RCI) ou à la CIPAV selon la date de création de son activité et l'exercice ou non de son droit d'option. Cette distinction change radicalement la projection des droits futurs et, par conséquent, le besoin de capitalisation privée.
Pourquoi le régime obligatoire ne suffit-il pas ?
Se reposer exclusivement sur les régimes obligatoires (base + complémentaire) constitue une imprudence stratégique pour tout dirigeant ou indépendant disposant de revenus confortables. L'analyse du taux de remplacement démontre un décrochage mécanique des revenus à la cessation d'activité.
Pour un salarié cadre supérieur, la retraite complémentaire (Agirc-Arrco) joue un rôle d'amortisseur puissant grâce à des taux de cotisation élevés. Pour l'indépendant, les cotisations obligatoires sont plus faibles durant la vie active, générant mécaniquement moins de droits différés. C'est un arbitrage "plus de net tout de suite, moins de différé plus tard" qui est imposé par le statut.
Trois facteurs érodent la pertinence du "tout obligatoire" :
- l'érosion monétaire : la revalorisation des pensions suit rarement l'inflation réelle ressentie ;
- le plafonnement : au-delà de 4 PASS (environ 192 240 € en 2026), l'acquisition de droits obligatoires devient marginale ou nulle. Les hauts revenus ne créent quasiment plus de retraite sur la part supérieure de leur rémunération ;
- l'incertitude démographique : les régimes par répartition dépendent du ratio actifs/retraités, qui se dégrade structurellement.
La constitution d'un patrimoine retraite personnel ne relève donc pas de l'option, mais de la nécessité de gestion. L'objectif est de transformer ce différentiel de charges sociales (plus faibles que chez les salariés) en capacité d'épargne privée.
Les solutions facultatives : PER et transformation des contrats loi Madelin
L'État, conscient des lacunes de la protection sociale des indépendants, incite fiscalement à la constitution d'une épargne retraite par capitalisation. Le paysage a été simplifié par la loi PACTE et l'avènement du plan d'épargne retraite (PER), qui supplante progressivement les anciens contrats loi Madelin.
Le plan d'épargne retraite (PER) pour les TNS
Le PER individuel est aujourd'hui l'enveloppe d'investissement de référence pour préparer une retraite. Pour un travailleur non salarié, il fonctionne comme un réceptacle de flux financiers : l'épargnant verse volontairement une partie de ses bénéfices, ces sommes sont investies sur les marchés financiers (via des fonds en euros, des actions, de l'immobilier ou du private equity), et le capital se valorise en franchise d'impôt jusqu'à la sortie.
Contrairement aux anciens contrats Madelin, le PER offre une flexibilité majeure : la sortie en capital. Au moment de la retraite, l'indépendant n'est plus contraint de transformer son épargne en rente viagère (souvent peu attractive compte tenu de l'espérance de vie). Il peut récupérer 100% de son épargne en une ou plusieurs fois, par exemple pour financer un investissement immobilier ou solder un crédit.
La gestion financière au sein du PER permet également d'adapter le risque à l'horizon de placement. La gestion pilotée à horizon sécurise automatiquement les avoirs à l'approche de la date de départ, réduisant l'exposition aux actifs volatils.
La fiscalité avantageuse (déductibilité)
L'attrait principal du PER pour un indépendant réside dans sa fiscalité à l'entrée. Les versements sont déductibles du bénéfice imposable (BIC ou BNC) ou de la rémunération de gérance (article 62), dans des limites spécifiques souvent supérieures à celles des salariés.
Le plafond de déduction pour les TNS se calcule ainsi (pour l'année N) :
- 10% du bénéfice imposable de l'année N (limité à 8 PASS) ; + 15% de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS
- si le bénéfice est inférieur au PASS, le plafond plancher est de 10% du PASS.
Ce mécanisme offre un double effet de levier. D'une part, il permet de constituer un patrimoine retraite. D'autre part, il réduit immédiatement l'assiette de l'impôt sur le revenu. L'efficacité est maximale pour les contribuables situés dans des tranches marginales d'imposition (TMI) élevées (30%, 41% ou 45%). Un versement de 10 000 € pour un contribuable taxé à 41% génère une économie d'impôt immédiate de 4 100 €. L'effort d'épargne réel n'est donc que de 5 900 €.
PER vs Madelin : que faire des anciens contrats ?
Le contrat loi Madelin n'est plus commercialisé depuis octobre 2020, mais les stocks existants perdurent. De nombreux indépendants détiennent encore ces contrats historiques. Faut-il les conserver ou les transférer vers un PER ?
Le transfert est souvent pertinent pour deux raisons :
- la sortie en capital : le Madelin impose la rente viagère. Le transfert vers un PER débloque l'option capital ;
- la protection du conjoint : les options de réversion ou de transmission du capital en cas de décès sont souvent plus souples et favorables dans le cadre assurantiel du PER.
Toutefois, certains vieux contrats Madelin bénéficient de taux techniques garantis (taux de rendement minimum) très élevés, impossibles à retrouver sur le marché actuel. Un audit précis des conditions générales est nécessaire avant de renoncer à ces avantages contractuels. Le transfert ne doit jamais être automatique.
Simulation : exemple concret chiffré
Pour illustrer l'impact d'une stratégie de capitalisation complémentaire, prenons l'exemple d'un artisan plombier, âgé de 40 ans, affichant un revenu net stable de 45 000 €.
Situation sans épargne volontaire : à 64 ans, ses droits acquis au titre du régime de base et du RCI lui ouvriront droit à une pension estimée à environ 24 000 € bruts annuels.Le taux de remplacement est d'environ 53%. La perte de revenus mensuelle s'élève à 1 750 €.
Mise en place d'un PER : il décide de verser 400 € par mois sur un PER (soit 4 800 € par an).
- Impact fiscal immédiat (TMI 30%) : il économise 1 440 € d'impôt par an. Son effort d'épargne réel est de 280 € mensuels.
- Capital à terme (hypothèse rendement net 4%) : au bout de 24 ans, le capital constitué s'élève à environ 205 000 €.
À la retraite, ce capital peut être converti en une rente viagère d'environ 700-800 € mensuels (selon les tables de mortalité en vigueur) ou être récupéré pour investir dans un bien locatif générant des loyers. Avec cette stratégie, il comble près de 40% de sa perte de revenus, tout en ayant optimisé sa fiscalité durant toute sa phase d'activité.
Les chiffres ci-dessus sont des estimations à but pédagogique et dépendent des performances des marchés financiers qui ne sont pas garanties. Ils démontrent néanmoins que l'effort lissé dans le temps s'impose comme la réponse la plus viable à l'érosion des régimes obligatoires.
Synthèse
La préparation de la retraite pour un indépendant ne peut se résumer au paiement passif des appels de cotisations URSSAF ou CIPAV. Si le régime obligatoire (RCI) assure un filet de sécurité, il est structurellement calibré pour fournir un revenu de subsistance plutôt qu'un maintien du niveau de vie.
La réforme récente de l'assiette sociale complexifie les calculs mais ne modifie pas ce constat fondamental : la responsabilité de la constitution d'un patrimoine futur repose sur l'épargnant. L'utilisation intelligente du PER, combinée à une analyse fine de la fiscalité (déductibilité des versements), permet de transformer une contrainte fiscale en opportunité patrimoniale. La clé réside dans l'anticipation : chaque année sans capitalisation creuse un écart qu'il sera financièrement douloureux de combler après 50 ans.
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FAQ
Quel est le taux de cotisation pour la retraite complémentaire des indépendants ?
Le taux de cotisation au RCI pour les artisans et commerçants s'applique par tranches. Avec la réforme de l'assiette unique 2025, les taux faciaux ont été ajustés pour s'appliquer sur une base réduite (Revenu - 26%). Il est d'environ 7% à 8% selon les tranches de revenus, mais le calcul exact dépend désormais de cette nouvelle assiette spécifique.
Est-il obligatoire de cotiser à la retraite complémentaire indépendant ?
Oui, le RCI est un régime obligatoire et solidaire. Contrairement au PER qui est un dispositif d'épargne facultatif, vous ne pouvez pas vous soustraire au paiement des cotisations RCI gérées par l'URSSAF (pour le compte de la SSI) ou par la CIPAV pour les professions libérales.
Quelle est la différence entre le RCI et le PER ?
La différence fondamentale est la nature du régime. Le RCI est un régime par répartition (les actifs paient pour les retraités actuels) fonctionnant par points. Le PER (plan d'épargne retraite) pourrait être assimiler à un régime par capitalisation individuelle : vous épargnez pour vous-même, et votre capital reste disponible (sous conditions) ou transmissible.
Comment connaître ses points de retraite complémentaire ?
Vous pouvez consulter votre relevé de situation individuelle (RIS) à tout moment sur le site officiel Info-Retraite.fr ou via votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr. Ce document récapitule l'ensemble des points RCI acquis depuis le début de votre activité indépendante.
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