Frais de succession : comment évaluer meubles et voiture en 2026 ?
Lors du règlement d'une succession, l'attention se porte naturellement sur les actifs majeurs : immobilier, assurances-vie ou portefeuilles de valeurs mobilières. Pourtant, une composante souvent négligée peut alourdir significativement la note fiscale : l'évaluation des biens meubles et des véhicules.

Résumé de la page
Les droits de succession sont calculés sur l'actif net transmis. Pour déterminer la base taxable, l'administration fiscale impose des règles strictes d'évaluation du mobilier, régies par l'article 764 du Code Général des Impôts (CGI). Deux options s'opposent généralement : le forfait légal de 5% ou l'inventaire réel. Si le forfait simplifie les démarches, il s'avère redoutable pour les patrimoines où l'immobilier prédomine. À l'inverse, l'évaluation réelle, incluant la voiture, peut générer des économies substantielles, à condition de maîtriser les mécanismes de la prisée.
La hiérarchie fiscale : les 3 méthodes d'évaluation imposées
Contrairement à une idée reçue, les héritiers ne disposent pas d'une liberté totale pour déclarer la valeur du mobilier. L'article 764 du CGI établit une hiérarchie stricte de trois méthodes d'évaluation. Il ne s'agit pas d'un menu à la carte, mais d'un ordre de priorité que l'administration fiscale applique rigoureusement.
Comprendre cette hiérarchie est le prérequis indispensable pour toute optimisation des frais de notaire sur la succession voiture et mobilier.
1. La vente publique : la valeur incontestable
Si les biens meubles sont vendus aux enchères publiques dans les deux années suivant le décès, le prix d'adjudication (prix marteau) s'impose à tous. Cette valeur remplace toute autre estimation. Ni les héritiers ni l'administration ne peuvent contester ce montant, qui correspond par définition à la valeur de marché à un instant T.
Cette méthode est prioritaire. Si une vente a lieu, son résultat supplante un éventuel inventaire ou le forfait de 5%.
2. L'inventaire notarié : la réalité constatée
À défaut de vente publique dans les deux ans, la valeur imposable est déterminée par un inventaire. Cet acte doit être dressé par un notaire, un commissaire-priseur judiciaire ou un huissier, dans les cinq années suivant le décès.
L'inventaire, appelé "prisée", liste et évalue chaque bien meuble présent au domicile du défunt, pièce par pièce. Il aboutit à une estimation précise, souvent bien inférieure aux forfaits théoriques, notamment pour les biens d'usage courant dont la valeur vénale est faible.
3. Le forfait de 5% : la présomption par défaut
Si aucune vente publique n'a lieu et qu'aucun inventaire n'est dressé (ou s'il est jugé incomplet), l'administration fiscale applique par défaut un forfait de 5% calculé sur l'actif brut successoral (hors passif).
Il est crucial de noter que ce forfait n'est pas un "droit" ou un avantage fiscal, mais une base d'imposition par défaut. C'est une présomption légale selon laquelle la valeur des meubles meublants représente au moins 5% du patrimoine global du défunt.
Stratégie patrimoniale : faut-il choisir l'inventaire ou le forfait 5% ?
Le choix entre l'inventaire et le forfait de 5% ne doit rien au hasard. Il résulte d'un arbitrage mathématique précis. Pour les patrimoines significatifs, cette décision peut faire varier les droits de succession de plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Le piège du forfait mobilier de 5%
Le mécanisme du forfait est simple, mais ses effets peuvent être dévastateurs dans un contexte d'inflation immobilière. Le taux de 5% s'applique sur l'actif brut de la communauté (ou de la succession selon le régime matrimonial), c'est-à-dire la totalité des biens : immobilier, liquidités, placements financiers, avant déduction des dettes.
Pour un patrimoine immobilier valorisé, le forfait aboutit mécaniquement à une évaluation virtuelle du mobilier totalement décorrélée de la réalité. Un appartement parisien ou une villa sur la Côte d'Azur fera exploser l'assiette taxable du mobilier, même si l'intérieur ne contient que des meubles usagés sans valeur marchande.
La solution de l'inventaire notarié
L'inventaire permet de revenir à la réalité économique. Le commissaire-priseur se déplace et fixe la valeur vénale des biens "en l'état". Pour du mobilier courant (lits, canapés, électroménager), les valeurs retenues sont souvent faibles, proches de ce qu'on obtiendrait en vide-grenier.
Cette démarche a un coût : les honoraires du notaire et du commissaire-priseur (généralement entre 400 € et 800 € selon la complexité). La rentabilité de l'opération se mesure en comparant ce coût à l'économie d'impôt réalisée. L'inventaire est particulièrement indiqué lorsque le patrimoine global est élevé (faisant grimper le forfait 5%) alors que le mobilier réel est standard.
Note technique : L'inventaire doit être clôturé dans les 5 ans suivant le décès pour être opposable à l'administration, mais il est en pratique réalisé dans les mois qui suivent pour permettre le dépôt de la déclaration de succession (délai de 6 mois).
Cas pratique 1 : l'effet de levier immobilier
Pour illustrer l'impact fiscal, prenons une situation fréquente en zone urbaine tendue.
Situation : Un défunt laisse un patrimoine composé d'un appartement à Paris (800 000 €) et de liquidités (100 000 €).
Actif brut total : 900 000 €.
Mobilier réel : Meubles anciens et courants, estimés à 3 000 € en valeur vénale.
Option A : Application du forfait 5%
La base taxable pour les meubles est calculée ainsi :
900 000 € * 5% = 45 000
Les droits de succession seront payés sur une assiette fictive de 45 000 € de meubles.
Option B : Réalisation d'un inventaire
Le commissaire-priseur évalue les meubles à leur valeur réelle.Base taxable retenue : 3 000 €.
Bilan de l'opération :
- L'écart d'assiette est de 42 000 €.
- Si l'héritier est taxé dans la tranche marginale à 20%, l'économie de droits est de 8 400 €.
- Si l'héritier est un tiers ou un parent éloigné (taxation à 60%), l'économie atteint 25 200 €.
- Le coût de l'inventaire (~600 €) est largement amorti.
La voiture dans la succession : un actif à part entière
La question de la voiture est source de nombreuses confusions lors de l'évaluation mobilier succession. Juridiquement, un véhicule personnel est considéré comme un "meuble meublant" au sens de l'article 534 du Code Civil, au même titre qu'une commode ou un téléviseur. Cependant, sa valeur souvent significative impose une attention particulière.
Comment valoriser le véhicule fiscalement ?
La valeur à déclarer est la valeur vénale au jour du décès. Pour un véhicule, l'administration fiscale accepte généralement la cote Argus comme référence. Toutefois, il est possible de moduler cette valeur si l'état du véhicule le justifie (fort kilométrage, accident, panne, carrosserie endommagée).
Des justificatifs précis (devis de réparation, contrôle technique, expertise) doivent alors appuyer toute décote par rapport à la cote officielle. Si le véhicule est vendu peu après le décès, le prix de cession réel remplacera l'estimation.
Voiture et forfait 5% : le risque de double imposition virtuelle
C'est ici qu'intervient une subtilité importante :
- Dans le cas du forfait 5% : La voiture est, en principe, couverte par le forfait. Elle est incluse dans l'enveloppe globale des 5%. Cela signifie que l'on n'ajoute pas la valeur de la voiture aux 5% calculés sur l'actif brut. C'est souvent avantageux si la voiture est luxueuse.
- Dans le cas de l'inventaire : La voiture doit être "prisée" (évaluée) distinctement par le commissaire-priseur et sa valeur s'ajoute à celle des autres meubles.
Point de vigilance : Bien que la doctrine majoritaire inclue le véhicule dans le forfait de 5%, certaines interprétations locales de l'administration tentent parfois d'exclure les véhicules de haute cylindrée ou de loisirs de la catégorie "meubles meublants" pour les taxer à part. La jurisprudence tend toutefois à confirmer l'inclusion dans le forfait pour les véhicules d'usage courant.
Cas pratique 2 : la voiture récente
Analysons le cas inverse où le patrimoine global est modeste, mais le véhicule a une forte valeur.
Situation : Actif brut global de 200 000 €.
Véhicule : Une berline neuve achetée récemment, valeur 30 000 €.
Autres meubles : Valeur négligeable (2 000 €).
Option A : Calcul du forfait 5%
200 000 € * 5% = 10 000 €
L'administration fiscale retient une valeur de mobilier de 10 000 €, voiture incluse.
Option B : Calcul au réel (Inventaire)
L'inventaire devra lister les meubles (2 000 €) ET la voiture (30 000 €).Base taxable : 32 000 €.
Bilan : ici, le forfait de 5% sous-évalue drastiquement la réalité (10 000 € retenus contre 32 000 € réels).
Stratégie : Il ne faut surtout pas faire d'inventaire. Le forfait permet de déduire légalement une partie de la valeur de la voiture de l'assiette taxable.
Objets d'art, bijoux et collections : les exceptions au forfait
Une distinction fondamentale doit être opérée entre le "meuble meublant" (destiné à l'usage ou à la décoration) et l'objet d'art ou de collection. Cette frontière détermine si le bien peut entrer dans le forfait de 5% ou s'il doit être déclaré séparément.
Distinguer "meuble meublant" et "objet d'art"
La qualification fiscale dépend de la nature de l'objet.
- Meubles meublants : Tapisseries, bibelots, tapis, et même tableaux, s'ils ont une fonction principalement décorative et ne constituent pas une collection valorisée. Ces biens entrent dans le forfait de 5%.
- Objets d'art et de collection : Œuvres signées, pièces rares, antiquités classées. Ces biens sont exclus du forfait de 5%. Ils doivent être évalués à part (souvent par expertise) et ajoutés à l'actif successoral, quel que soit le mode d'évaluation choisi pour les meubles courants (inventaire ou forfait).
L'évaluation des bijoux et métaux précieux
Les bijoux suivent des règles spécifiques. Comme pour les meubles, la vente publique prime. À défaut, ils sont évalués selon l'inventaire ou une estimation (souvent basée sur les contrats d'assurance vol).
Attention, si le défunt possédait des bijoux de grande valeur assurés spécifiquement, l'administration pourra retenir la valeur d'assurance comme base minimale, sauf preuve contraire. La taxe forfaitaire sur les métaux précieux peut également s'appliquer en cas de vente, mais dans le cadre de la déclaration de succession, c'est la valeur vénale au jour du décès qui constitue l'assiette des droits.
Cas pratique 3 : le tableau de famille
Ce cas illustre l'importance de la qualification juridique des biens.
Biens : Une commode d'époque (valeur 2 000 €) et un tableau de maître authentifié (valeur 50 000 €).
Choix : Les héritiers optent pour le forfait de 5% sur un actif global de 400 000 € (soit 20 000 € de forfait).
Traitement fiscal :
- La commode est considérée comme meuble meublant. Elle est couverte par le forfait de 20 000 €.
- Le tableau est qualifié d'objet d'art. Il est exclu du forfait.
Résultat : L'assiette taxable sera de 20 000 € (forfait meubles) + 50 000 € (tableau) = 70 000 €. Le forfait ne protège pas les objets d'art de la taxation. Une expertise spécifique du tableau est indispensable pour éviter un redressement ultérieur sur sa valeur.
Ce qu'il faut retenir
L'optimisation des frais notaire succession voiture et mobilier repose sur une comparaison chiffrée. Voici la synthèse décisionnelle à appliquer avant de signer la déclaration de succession :
- Estimez la valeur réelle de l'ensemble des meubles et véhicules (au prix du marché de l'occasion, pas du neuf).
- Calculez 5% de l'actif brut global (Immobilier + Banques + Placements).
- Comparez :
- Si 5% > Valeur Réelle + Coût Inventaire : L'inventaire est impératif pour réduire les droits.
- Si 5% < Valeur Réelle : Le forfait est préférable (cas fréquent avec des véhicules récents ou peu d'immobilier).
- Isolez les objets d'art : Ils seront taxés en supplément, quelle que soit l'option retenue.
Le recours à l'inventaire est aujourd'hui une stratégie quasi-systématique pour les patrimoines immobiliers urbains, permettant d'éviter une taxation sur une richesse mobilière fictive.
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FAQ
La voiture est-elle comprise dans le forfait mobilier de 5% ?
Oui, juridiquement, un véhicule personnel est un "meuble meublant". Il est donc couvert par le forfait de 5%. Si vous optez pour le forfait, vous n'avez pas à déclarer la valeur de la voiture en supplément, sauf s'il s'agit d'un véhicule de collection. En revanche, si vous optez pour l'inventaire, la voiture devra être estimée et sa valeur ajoutée au total.
Combien coûte un commissaire-priseur pour un inventaire ?
Le coût d'un inventaire de succession varie selon la complexité et la zone géographique, mais il se situe généralement entre 400 € et 800 €. Ce tarif inclut les émoluments du notaire et les honoraires du commissaire-priseur. Ce coût est à mettre en regard de l'économie d'impôt réalisée, souvent bien supérieure.
Peut-on vendre la voiture avant de régler la succession ?
Oui, les héritiers peuvent vendre le véhicule avant le dépôt de la déclaration de succession. Cependant, le prix de vente acté (prix de cession) deviendra la valeur fiscale incontestable pour l'administration. Ce montant devra être intégré à l'actif successoral, remplaçant toute estimation théorique ou cote Argus.
Comment prouver que les meubles ne valent rien sans inventaire ?
Cela s'avère impossible vis-à-vis de l'administration fiscale. Sans inventaire notarié (la "prisée"), l'administration appliquera d'office le forfait de 5% sur l'actif brut, même si le logement est vide ou ne contient que des meubles sans valeur. L'inventaire est le seul moyen légal de renverser la présomption du forfait de 5%.
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