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Retraite progressive en 2026 : conditions, calcul et simulation

Travailler moins tout en touchant sa retraite : trop beau pour être vrai ? La retraite progressive permet de réduire son activité dès 60 ans, avec une fraction de pension pour compenser. Mais le calcul est rarement neutre : entre le blocage du montant la première année, les trimestres à valider et l'accord de l'employeur à obtenir, le dispositif cache plusieurs pièges.

Résumé de la page

Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans, contre 62 ans auparavant. Cette évolution issue de la réforme des retraites 2023 ouvre de nouvelles perspectives pour les salariés souhaitant aménager leur fin de carrière. Le principe : réduire son temps de travail tout en percevant une fraction de sa pension, sans attendre la liquidation définitive de ses droits. Mais ce dispositif est-il réellement avantageux ? Quelles sont les conditions d'éligibilité en 2026 ? Comment calculer le montant perçu et éviter les pièges ?

Qu'est-ce que la retraite progressive ?

La retraite progressive permet de percevoir une fraction de sa pension de retraite tout en continuant à exercer une activité professionnelle à temps partiel. Ce dispositif vise à compenser partiellement la baisse de salaire liée à la réduction du temps de travail.

Le mécanisme repose sur un double avantage : d'une part, le maintien d'un niveau de revenus acceptable grâce à la combinaison salaire partiel + pension partielle ; d'autre part, la continuation des cotisations retraite, qui permet d'améliorer ses droits pour la pension définitive.

Ce dispositif se distingue d'autres mécanismes de fin de carrière : la préretraite classique implique un arrêt total avec maintien du salaire, tandis que le cumul emploi-retraite intervient après la liquidation définitive des droits. La retraite progressive constitue une solution intermédiaire vers la cessation complète d'activité.

Qui peut bénéficier de la retraite progressive ?

Conditions générales (tous statuts)

Trois critères cumulatifs déterminent l'éligibilité au dispositif :

  • Âge minimum : 60 ans (applicable depuis le 1er septembre 2025)
  • Durée d'assurance : 150 trimestres minimum, tous régimes confondus
  • Quotité de travail : temps partiel compris entre 40% et 80% de la durée légale ou conventionnelle

Salariés du privé et agricoles

Les salariés du secteur privé doivent disposer d'un contrat de travail à temps partiel ou obtenir un avenant de passage au temps partiel. Pour les cadres au forfait jours, la quotité s'apprécie différemment : le nombre de jours travaillés doit être compris entre 87 et 174 jours par an, sur une base de référence de 218 jours.

En cas de multi-employeurs, le calcul s'effectue sur la somme des quotités de travail. Un salarié travaillant à 30% chez un employeur et 40% chez un autre totalise 70%, ce qui respecte la fourchette autorisée.

Travailleurs indépendants (artisans, commerçants, libéraux)

Les indépendants doivent exercer leur activité à titre exclusif. La fraction de pension n'est pas calculée sur une quotité horaire, mais sur la baisse effective des revenus professionnels comparée à la moyenne des cinq dernières années. Cette fraction fait l'objet d'une révision annuelle au 1er juillet, avec régularisation sur la base des revenus réels.

Fonctionnaires (depuis septembre 2023)

L'extension aux agents de la fonction publique date de la réforme 2023. Les conditions diffèrent légèrement : le temps partiel doit être compris entre 50% et 90% (et non 40-80%). Des spécificités s'appliquent selon la fonction publique d'appartenance (État, territoriale, hospitalière).

StatutQuotité de travailBase de calcul
Salarié privé au forfait heures40% à 80%Durée légale/conventionnelle
Salarié privé au forfait jours87 à 174 joursBase 218 jours
IndépendantVariableBaisse de revenus vs moyenne 5 ans
Fonctionnaire50% à 90%Temps complet de l'emploi

Comment est calculé le montant de la retraite progressive ?

La formule de base (salariés)

Le calcul s'effectue en deux temps. La caisse de retraite détermine d'abord la pension théorique complète selon la formule habituelle : salaire annuel moyen × taux de liquidation × (trimestres acquis / durée de référence).

La fraction versée correspond ensuite à l'inverse de la quotité de travail. Un salarié travaillant à 60% perçoit une fraction de pension égale à 40% de sa pension théorique. À l'inverse, un temps partiel à 40% ouvre droit à 60% de la pension calculée.

Exemple chiffré : pension théorique de 1 500 € mensuels, temps partiel à 60%. Fraction versée = 1 500 € × 40% = 600 € par mois.

Cas particulier des indépendants

Le mécanisme diffère pour les travailleurs non salariés. La fraction de pension dépend de la baisse constatée des revenus professionnels par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

La première année, un versement provisionnel de 50% de la pension théorique est effectué, faute de revenus de référence. La régularisation intervient l'année suivante, une fois les revenus réels déclarés. Ce système peut générer des rappels ou des trop-perçus selon l'évolution effective de l'activité.

Impact sur la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO)

La même fraction s'applique aux points de retraite complémentaire. Un temps partiel à 60% génère le versement de 40% de la pension AGIRC-ARRCO calculée.

Point notable : la surcotisation permet de continuer à acquérir des points sur la base d'un temps plein, sous réserve de l'accord de l'employeur. Cette option augmente les cotisations patronales, ce qui peut constituer un frein à la négociation.

Quotité de travailFraction de pension verséeExemple (pension théorique 1 500 €)
40%60%900€
60%40%600€
80%20%300€

Avantages de la retraite progressive : est-ce vraiment intéressant ?

Le dispositif présente plusieurs atouts concrets pour les salariés en fin de carrière.

  • La transition progressive évite le choc d'un arrêt brutal de l'activité professionnelle. La réduction du temps de travail s'accompagne d'un maintien partiel des revenus grâce à la fraction de pension perçue.
  • La flexibilité constitue un avantage majeur : la quotité de travail peut être modifiée en cours de dispositif (avec accord de l'employeur), permettant d'ajuster progressivement le rythme jusqu'au départ définitif.
  • L'accumulation des droits se poursuit pendant toute la durée de la retraite progressive. Les trimestres continuent d'être validés, et les points de retraite complémentaire s'accumulent. Cette période compte intégralement pour le calcul de la pension définitive.
  • La surcotisation sur base temps plein représente une opportunité d'optimisation. En cotisant comme si l'activité était maintenue à 100%, le salarié améliore significativement sa pension future, notamment sur la partie complémentaire retraite AGIRC-ARRCO.

Enfin, une garantie plancher protège le bénéficiaire : la pension définitive ne peut être inférieure à celle qui aurait été calculée au moment de l'entrée dans le dispositif. Toute amélioration des droits pendant la période de retraite progressive bénéficie donc intégralement au salarié.

Peut-on gagner plus avec la retraite progressive ?

Dans certaines configurations, la retraite progressive permet effectivement d'améliorer sa situation financière par rapport à un maintien à temps plein jusqu'à l'âge de départ, bien que la pension mensuelle suite au départ à la retraite total soit légèrement diminué. 

Trois leviers principaux expliquent ce potentiel de gain :

  • la surcotisation sur base temps plein génère des droits supplémentaires sans augmentation proportionnelle du temps de travail effectif
  • l'accumulation de trimestres pendant la période progressive peut réduire, voire supprimer la décote applicable à la pension définitive
  • les majorations pour enfants (10% pour trois enfants ou plus) s'appliquent sur la fraction de pension versée

Sur le plan des revenus immédiats, la comparaison mérite analyse. Le cumul salaire partiel + fraction de pension ne compense généralement pas 100% du salaire à temps plein. Un écart de 10% à 20% est fréquent selon les situations.

Le dispositif s'avère particulièrement avantageux dans trois cas de figure : lorsqu'il manque des trimestres pour atteindre le taux plein, lorsque la fatigue professionnelle justifie une réduction d'activité acceptée financièrement, ou lorsque l'employeur accepte de financer la surcotisation dans le cadre d'un accord de fin de carrière.

Les pièges de la retraite progressive à éviter (et leurs solutions)

Piège n°1 : le montant bloqué pendant un an

La fraction de pension reste figée pendant les douze premiers mois, même en cas de modification de la quotité de travail. Une réduction du temps de travail en cours d'année ne génère pas d'augmentation immédiate de la pension versée.

Solution : calibrer précisément sa quotité dès l'entrée dans le dispositif, en anticipant l'évolution souhaitée sur les deux premières années.

Piège n°2 : le risque de ne pas valider quatre trimestres par an

La validation d'un trimestre requiert un revenu brut minimum de 1 803 € (seuil 2026). Un temps partiel trop réduit peut compromettre l'acquisition des quatre trimestres annuels.

Solution : vérifier que le salaire brut trimestriel dépasse systématiquement ce seuil. Un SMIC à 40% représente environ 729 € mensuels, soit 2 188 € par trimestre, ce qui reste suffisant.

Piège n°3 : les heures complémentaires limitées à 10%

Le volume d'heures complémentaires ne peut excéder 10% de la durée contractuelle à temps partiel. Cette limitation réduit la flexibilité en cas de surcharge ponctuelle.

Solution : intégrer cette contrainte dans le dimensionnement initial du temps partiel pour conserver une marge de manœuvre.

Piège n°4 : la possible baisse de revenus globaux

La fraction de pension ne compense pas intégralement la réduction de salaire. Un temps partiel à 60% avec 40% de pension versée génère mécaniquement une baisse de revenus totaux par rapport au temps plein.

Solution : réaliser une simulation chiffrée précise avant tout engagement, en intégrant l'ensemble des paramètres (salaire net, pension nette, cotisations).

Piège n°5 : la surcotisation soumise à accord employeur

L'employeur supporte une part des cotisations supplémentaires en cas de surcotisation sur base temps plein. Son refus reste possible et fréquent en l'absence d'accord collectif.

Solution : engager la négociation en amont de la demande officielle, en vérifiant l'existence d'accords d'entreprise ou de branche sur l'aménagement des fins de carrière.

Comment faire sa demande de retraite progressive ?

Étape 1 : demande à l'employeur (deux mois avant)

La demande s'effectue par courrier recommandé avec accusé de réception, adressé à l'employeur au moins deux mois avant la date souhaitée d'entrée dans le dispositif. Le courrier précise la durée de travail à temps partiel demandée et la date de mise en œuvre envisagée.

L'employeur dispose d'un délai de deux mois pour répondre. L'absence de réponse dans ce délai vaut acceptation tacite. Le refus n'est recevable que pour un motif d'incompatibilité avec l'activité économique de l'entreprise. En présence d'un accord collectif d'aménagement des fins de carrière, le refus n'est pas possible.

Étape 2 : demande à la caisse de retraite (cinq mois avant)

La demande auprès de la caisse de retraite (CNAV, CARSAT ou MSA selon le régime) doit être déposée au moins cinq mois avant la date d'effet souhaitée.

Les pièces à fournir comprennent :

  • le formulaire de demande de retraite progressive
  • l'attestation employeur complétée (quotité de travail, rémunération)
  • les bulletins de salaire des douze derniers mois
  • le contrat de travail à temps partiel ou l'avenant
  • une déclaration sur l'honneur d'activité unique (si applicable)

Pour la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, une demande séparée doit être adressée à la caisse compétente.

Comment simuler sa retraite progressive avec M@rel ?

Le simulateur officiel M@rel permet d'estimer l'impact financier du dispositif avant tout engagement. Voici les grandes étapes de la simulation.

  1. Vérifier d'abord son éligibilité : avoir atteint 60 ans et justifier de 150 trimestres d'assurance tous régimes confondus.
  2. Se connecter ensuite à son espace personnel sur info-retraite.fr avec FranceConnect ou les identifiants habituels.
  3. Accéder au simulateur M@rel via la rubrique « Mon estimation retraite ». L'onglet « Simuler ma retraite progressive » apparaît en bas de page pour les profils éligibles.

Renseigner les trois paramètres demandés :

  • la date de départ souhaitée en retraite progressive
  • le taux d'activité réduit envisagé (entre 40% et 80%)
  • la date de départ en retraite définitive

Les résultats affichent une comparaison entre le scénario avec retraite progressive et le scénario classique (maintien à temps plein jusqu'au départ définitif).

Les estimations restent indicatives. Les relevés de carrière peuvent contenir des erreurs. Un bilan retraite personnalisé auprès d'un conseiller spécialisé permet d'affiner ces projections.

Ce qu'il faut retenir :

La retraite progressive constitue un dispositif d'aménagement de fin de carrière accessible dès 60 ans avec 150 trimestres cotisés. Le mécanisme permet de réduire son activité entre 40% et 80% tout en percevant la fraction inverse de sa pension théorique.

Les principaux atouts du dispositif résident dans la transition progressive vers la retraite, le maintien de l'acquisition des droits, et la possibilité de surcotisation pour optimiser la pension définitive.

Plusieurs points de vigilance méritent attention : le blocage du montant pendant la première année, le seuil de validation des trimestres, la limitation des heures complémentaires, et la nécessité d'obtenir l'accord de l'employeur pour la surcotisation.

Une simulation préalable via M@rel et un échange avec sa caisse de retraite permettent de sécuriser la démarche et d'évaluer précisément l'intérêt du dispositif au regard de sa situation personnelle.

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FAQ

La retraite progressive est-elle vraiment intéressante financièrement ?

La retraite progressive présente un intérêt financier variable selon les situations individuelles. Le dispositif s'avère particulièrement avantageux pour les personnes manquant de trimestres pour atteindre le taux plein, ou bénéficiant d'une surcotisation financée par l'employeur. La fraction de pension ne compense toutefois pas intégralement la baisse de salaire : une simulation chiffrée préalable reste indispensable pour évaluer l'impact réel sur les revenus.

Mon employeur peut-il refuser ma demande de retraite progressive ?

L'employeur peut refuser une demande de retraite progressive uniquement pour un motif d'incompatibilité avec l'activité économique de l'entreprise. En présence d'un accord collectif d'aménagement des fins de carrière, le refus n'est pas recevable. L'absence de réponse dans un délai de deux mois suivant la réception de la demande vaut acceptation tacite.

Quelle différence entre retraite progressive et cumul emploi-retraite ?

La différence entre retraite progressive et cumul emploi-retraite tient au moment d'intervention dans le parcours. La retraite progressive s'applique avant la liquidation définitive des droits : les cotisations versées continuent d'améliorer la pension future. Le cumul emploi-retraite intervient après la liquidation : la reprise d'activité génère de nouveaux revenus sans impact sur la pension déjà calculée.

Peut-on revenir au temps plein après une retraite progressive ?

Le retour au temps plein après une retraite progressive est possible mais met fin définitivement au dispositif. La fraction de pension cesse d'être versée et ne peut être rétablie ultérieurement. Le bénéficiaire devra attendre son départ en retraite définitive pour percevoir à nouveau une pension, calculée cette fois sur l'intégralité de ses droits acquis.

Comment sont imposés les revenus pendant la retraite progressive ?

Les revenus perçus pendant la retraite progressive font l'objet d'une imposition distincte selon leur nature. La fraction de pension est imposable comme une pension de retraite classique, avec application de l'abattement forfaitaire de 10%. Elle s'ajoute aux revenus salariaux du temps partiel pour déterminer le revenu imposable global et le taux d'imposition applicable.

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