Redressement fiscal
Le redressement fiscal désigne la rectification d'un impôt par l'administration. Déroulé, délais de reprise, droits du contribuable et majorations.
Le redressement fiscal désigne la rectification d'un impôt par l'administration. Déroulé, délais de reprise, droits du contribuable et majorations.

Le redressement fiscal désigne, dans le langage courant, la rectification d'une imposition par l'administration lorsqu'elle estime qu'un contribuable a déclaré des bases insuffisantes ou erronées. Le terme officiel est celui de proposition de rectification. La procédure obéit à un formalisme strict, dont le non-respect entraîne l'annulation de l'imposition supplémentaire.
Le contrôle prend trois formes principales. Le contrôle sur pièces s'effectue depuis les bureaux de l'administration, par recoupement des déclarations. L'examen de la situation fiscale personnelle vise les particuliers et confronte les revenus déclarés au train de vie. La vérification de comptabilité, enfin, se déroule dans les locaux de l'entreprise.
Si des anomalies apparaissent, l'administration adresse une proposition de rectification motivée, indiquant les montants, les motifs de droit et de fait et les pénalités envisagées. Le contribuable dispose alors de 30 jours pour répondre, délai prorogeable de 30 jours supplémentaires sur demande expresse. En cas de désaccord persistant, plusieurs recours restent ouverts : saisine du supérieur hiérarchique, puis de l'interlocuteur départemental, recours devant une commission spécialisée, et enfin réclamation contentieuse.
Le droit de reprise de l'administration est borné dans le temps. Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, il s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle de l'imposition. Ce délai est porté à dix ans en cas d'activité occulte ou de domiciliation fiscale fictive à l'étranger. Une déclaration rectificative spontanée, déposée avant tout contrôle, permet souvent de limiter fortement les conséquences.
Un contribuable se voit notifier 20 000 € de droits supplémentaires, assortis de la majoration pour manquement délibéré, deux ans après l'échéance déclarative.
L'échelle des sanctions monte encore d'un cran en présence de manœuvres frauduleuses ou d'un abus de droit, avec une majoration portée à 80%. À l'inverse, une simple erreur de bonne foi régularisée en cours de contrôle n'entraîne, le plus souvent, qu'un intérêt de retard réduit.
Non. En contestant l'imposition par une réclamation, il est possible de demander un sursis de paiement, la mise en recouvrement étant alors suspendue jusqu'à la décision, moyennant d'éventuelles garanties au-delà d'un certain montant.
Non. Une divergence d'appréciation sur une estimation de bien ou une qualification juridique relève du débat contradictoire. La majoration pour manquement délibéré suppose que l'administration démontre l'intention d'éluder l'impôt.
Après une vérification de comptabilité achevée, l'administration ne peut en principe plus revenir sur les mêmes impôts et la même période. Cette garantie tombe en cas d'agissements frauduleux ou d'éléments nouveaux révélés par une procédure judiciaire.
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