Partir avant 64 ans : le guide complet de la retraite anticipée
Au-delà des nouvelles bornes d'âge fixées par la réforme, comment sécuriser son éligibilité à la retraite anticipée face au piège des trimestres assimilés ? Quels sont les arbitrages financiers à opérer pour ceux qui disposent des trimestres requis mais souhaitent optimiser leur pension ?

Résumé de la page
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Être rappelé par un expertSi la réforme des retraites de 2023 a fixé le cap de l'âge légal à 64 ans, l'année 2026 marque un tournant inattendu pour les fins de carrière. Entre la poursuite du calendrier de relèvement et l'entrée en vigueur d'une suspension temporaire de la hausse pour certaines générations dès septembre, la donne change considérablement.
Près d'un départ sur trois s'effectue encore aujourd'hui avant l'échéance légale grâce aux dispositifs de retraite anticipée. Ce mécanisme dérogatoire permet, sous des conditions strictes, de liquider ses droits à taux plein dès 58, 60, 62 ou 63 ans.
Mais en 2026, la complexité s'accroît : nouvelles bornes d'âge stabilisées, revalorisation des pensions de 0,9%, distinction subtile entre trimestres cotisés et assimilés... Une planification minutieuse est plus que jamais indispensable pour anticiper les opportunités de cette année charnière.
Qu'est-ce que la retraite anticipée ?
La retraite anticipée constitue une exception au principe général du recul de l'âge légal. Elle autorise un assuré à percevoir sa pension de base et sa retraite complémentaire sans décote avant d'avoir atteint l'âge légal (qui varie désormais selon votre date de naissance et les mesures de suspension).
Trois voies principales permettent d'accéder à ce départ précoce.
Le dispositif pour carrière longue (RACL)
C'est le cas le plus fréquent. Il concerne les assurés ayant commencé leur vie active très jeunes (avant 16, 18, 20 ou 21 ans) et justifiant d'une durée de cotisation importante. En 2026, ce dispositif bénéficie d'un assouplissement notable pour les générations 1964 à 1966.
Le départ pour handicap
Les travailleurs en situation de handicap peuvent prétendre à une retraite anticipée dès l'âge de 55 ans. Ce dispositif exige de justifier, simultanément, d'une durée d'assurance totale et d'une durée cotisée minimale pendant la période de handicap, ainsi que d'un taux d'incapacité permanente spécifique (50% ou plus).
La pénibilité, l'incapacité et l'amiante
Ces mécanismes ciblent les assurés dont la santé a été altérée par le travail. Ils incluent le départ au titre de l'incapacité permanente (liée à une maladie professionnelle ou un accident du travail), l'utilisation du Compte Professionnel de Prévention (C2P), ou encore le dispositif spécifique aux travailleurs de l'amiante.
Retraite anticipée pour carrière longue : les règles 2026
La réforme de 2023 a harmonisé le dispositif autour de quatre bornes d'âge. Cependant, la grande nouveauté de 2026 réside dans la suspension de la hausse de l'âge légal à partir du 1er septembre, ce qui impacte favorablement les conditions de départ anticipé pour les générations nées entre 1964 et 1966.
Si vous respectez les conditions de début d'activité et de durée de cotisation, voici les bornes théoriques applicables :
Important - Le "gel" de septembre 2026 : pour les départs effectifs à partir du 1er septembre 2026, une mesure de sauvegarde fige temporairement l'âge légal à 62 ans et 9 mois (au lieu de 63 ans) pour les générations 1964 et suivantes. Cela peut permettre à ceux ayant commencé avant 20 ans de partir plus tôt que prévu par le calendrier initial de la réforme (stabilisation possible autour de 60 ans et 3 mois pour certaines cohortes).
La règle des 5 trimestres en début de carrière
L'éligibilité ne dépend pas uniquement de la date du premier emploi. Une condition de densité de cotisation en tout début de parcours est imposée. Pour valider une borne d'âge, il est impératif d'avoir validé au moins 5 trimestres à la fin de l'année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans.
Une souplesse existe pour les personnes nées au cours du quatrième trimestre (octobre, novembre, décembre) : pour ces assurés, seuls 4 trimestres validés suffisent à la fin de l'année civile de l'âge borne.
La durée d'assurance requise (générations 1965-1966)
Avoir commencé jeune ne suffit pas. Il faut également avoir cotisé suffisamment longtemps. En 2026, la durée d'assurance requise pour le taux plein se stabilise pour les générations pivot :
- Génération 1965 : 172 trimestres.
- Génération 1966 : 172 trimestres.
C'est ici que réside le principal piège technique : la distinction entre les trimestres validés et les trimestres "réputés cotisés".
Trimestres cotisés vs assimilés : le piège à éviter
C'est la distinction fondamentale qui conditionne l'accès à la retraite anticipée. Contrairement au départ à l'âge légal où tous les trimestres validés comptent, le départ anticipé exige une majorité de trimestres réellement cotisés (travaillés).
Cependant, le législateur permet d'intégrer certaines périodes non travaillées dans le calcul, mais de manière strictement plafonnée. On parle alors de trimestres "réputés cotisés".
Les périodes "réputées cotisées" admises
Pour atteindre le quota de 172 trimestres (par exemple), vous pouvez inclure les périodes suivantes, dans la limite de plafonds indépassables :
- Service national : retenu dans la limite de 4 trimestres.
- Chômage indemnisé : retenu dans la limite de 4 trimestres sur l'ensemble de la carrière.
- Maladie et accidents du travail : retenus dans la limite de 4 trimestres.
- Invalidité : retenue dans la limite de 2 trimestres.
- Maternité : tous les trimestres liés à la maternité sont retenus sans limitation.
- AVPF (Aidants/Parents au foyer) : nouveauté maintenue en 2026, retenus dans la limite de 4 trimestres.
Le risque de "trou" dans la carrière
La vigilance est de mise. Si vous avez connu 2 ans de chômage (8 trimestres) dans votre carrière, seuls 4 seront comptabilisés pour le départ anticipé. Les 4 autres seront "perdus" pour ce dispositif, ce qui peut vous obliger à travailler jusqu'à l'âge légal classique.
Handicap et pénibilité : les autres voies de départ anticipé
Au-delà de la durée de carrière, l'état de santé et les conditions de travail ouvrent des droits spécifiques.
Retraite anticipée pour handicap
Les assurés en situation de handicap peuvent toujours liquider leur retraite dès 55 ans, sous réserve de respecter une double condition de durée d'assurance (totale et cotisée) et de justifier d'un taux d'incapacité permanente (IP) d'au moins 50%. La simplification supprimant la condition de RQTH pour la validation des périodes reste en vigueur en 2026.
Pénibilité et amiante
- Compte professionnel de prévention (C2P) : les points acquis permettent d'anticiper le départ jusqu'à deux ans avant l'âge légal.
- Incapacité permanente (AT/MP) : départ possible à 60 ans si IP > 10% (sous conditions) ou 20% (automatique).
- Allocation amiante (ACAATA) : départ dès 50 ans pour les travailleurs exposés.
Quel impact financier en 2026 ?
Partir plus tôt est un choix de vie, mais l'équation financière de 2026 comporte de nouvelles variables.
Revalorisation des pensions (+0.9%)
Au 1er janvier 2026, les pensions de retraite de base ont été revalorisées de 0.9%. Cela concerne aussi bien les nouveaux retraités que les actuels. Pour une pension de 1 500 €, cela représente une hausse d'environ 13.50 € par mois.
Le maintien du taux plein et la fin du malus
Le départ anticipé garantit une liquidation à taux plein (50% au régime général) sans décote. De plus, la suppression du "malus" Agirc-Arrco (coefficient de solidarité de 10%) est définitivement actée pour tous les nouveaux départs en 2026. Vous percevrez donc immédiatement l'intégralité de votre retraite complémentaire.
Le coût d'opportunité
Partir à 60 ans et 3 mois en 2026 (grâce au gel de la réforme) au lieu de 64 ans signifie renoncer à près de 4 années de salaire et de points Agirc-Arrco supplémentaires. Cependant, pour beaucoup, le gain de temps libre prime sur l'optimisation ultime du montant de la pension.
Démarches : la checklist pour un départ en 2026
La retraite anticipée n'est jamais automatique. Il faut donc bien préparer son départ en retraite. Avec les changements de septembre 2026, la validation administrative est cruciale.
J-6 mois : demande d'attestation de situation
Si vous envisagez un départ en 2026, demandez immédiatement votre "Attestation de situation vis-à-vis de la retraite anticipée" via le site de l'Assurance Retraite.
Attention : si vous êtes concerné par le gel de la réforme (génération 1964-1966 pour un départ après septembre), vérifiez bien que votre attestation prend en compte les nouvelles règles de calcul favorables.
J-4 mois : dépôt officiel de la demande
Déposez votre demande unique (base + complémentaire) 4 mois avant la date souhaitée (toujours le 1er du mois). Pour un départ au 1er septembre 2026, le dossier doit être initié au plus tard en mai 2026.
En résumé : êtes-vous prêt pour le départ anticipé ?
L'année 2026 offre une fenêtre de tir inespérée pour les générations 1964 à 1966 grâce à la suspension partielle de la hausse de l'âge légal. La carrière longue reste la voie privilégiée, à condition de bien auditer ses trimestres cotisés versus assimilés.
Ne vous fiez pas aux simulations faites en 2024 ou 2025 : les paramètres ont changé. L'obtention de l'attestation de carrière longue mise à jour constitue une étape indispensable pour sécuriser votre départ cette année. Une retraite raccourci implique un aménagement de votre épargner pour maximiser vos revenus complémentaires. A l'aube de retraite, il est trop tard pour ouvrir un PER, mais il est encore possible de l'optimiser, et d'optimiser le reste de votre épargne (assurance vie, immobilier, etc.).
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FAQs :
Qui a le droit à la retraite anticipée en 2026 ?
Le droit est ouvert aux carrières longues (début avant 21 ans, avec 4 ou 5 trimestres validés), aux travailleurs handicapés (50% d'incapacité), et aux situations de pénibilité. Les générations 1964-1966 bénéficient de conditions assouplies dès septembre 2026.
Combien de trimestres faut-il pour la génération 1966 ?
Pour la génération 1966, il faut réunir 172 trimestres pour le taux plein. Ces trimestres doivent être majoritairement "cotisés" pour un départ anticipé.
Le chômage compte-t-il pour la carrière longue ?
Oui, mais de façon limitée. Le chômage indemnisé est considéré comme "réputé cotisé" dans la limite stricte de 4 trimestres sur l'ensemble de la carrière. Au-delà, les périodes de chômage ne permettent pas d'ouvrir le droit au départ anticipé.
Quel est l'impact de la mesure de septembre 2026 ?
À partir du 1er septembre 2026, la hausse de l'âge légal est suspendue pour certaines générations (notamment 1964-1966). Cela peut permettre un départ anticipé (carrière longue) quelques mois plus tôt que prévu par le calendrier initial de la réforme 2023.
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