Prime de départ à la retraite : calcul, fiscalité et montants (guide 2026)
La prime de départ à la retraite, ou indemnité de départ à la retraite, est souvent la dernière rentrée significative de trésorie pour les salariés du privés partant à la retraite. Cependant, la méthode de calcul de son montant, sa fiscalité, et même ses conditions d'obtentions sont opaques. Savoir optimiser cette rentrée d'argent peut faire une différence substancielle dans l'organisation du départ à la retraite.

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Être rappelé par un expertPourtant, ce capital est source de nombreuses confusions. Entre le mode de départ (volontaire ou subi), le calcul du salaire de référence et l'application du « principe de faveur », les montants varient du simple au triple. Plus critique encore : la fiscalité appliquée peut drastiquement réduire le montant net perçu si aucune option d'optimisation, telle que le système du quotient, n'est activée.
Qui est éligible à la prime ? La distinction fondamentale
Le Code du travail opère une distinction stricte selon l'origine de la rupture du contrat. Cette qualification juridique détermine non seulement le montant minimal de l'indemnité, mais surtout son régime social et fiscal.
Le départ volontaire à la retraite
Cette situation concerne le salarié qui décide de faire valoir ses droits à la retraite dès l'atteinte de l'âge légal. Il s'agit d'une démission qualifiée.
Dans ce cas de figure, l'indemnité de départ à la retraite est due uniquement si le salarié justifie d'au moins 10 ans d'ancienneté dans l'entreprise au moment de la rupture du contrat. Si cette condition d'ancienneté n'est pas remplie, aucune indemnité légale n'est versée, sauf dispositions plus favorables de la convention collective.
La mise à la retraite par l'employeur
La mise à la retraite relève de l'initiative de l'employeur. Elle est possible si le salarié a atteint l'âge d'obtention automatique du taux plein (généralement 67 ans).
Juridiquement proche du licenciement, ce mode de rupture est nettement plus protecteur. L'indemnité versée est au moins égale à l'indemnité légale de licenciement (souvent supérieure à celle de départ en retraite) ou à l'indemnité conventionnelle si elle est plus favorable. De plus, le régime fiscal est ici beaucoup plus avantageux pour le bénéficiaire.
Comment calculer l'indemnité de départ ?
Le calcul du montant brut repose sur trois paramètres : l'ancienneté, le salaire de référence et la comparaison entre la loi et la convention collective.
Étape 1 : déterminer le salaire de référence
Le calcul ne s'effectue jamais sur le seul dernier bulletin de salaire. Le Code du travail impose de retenir la formule la plus avantageuse pour le salarié entre deux moyennes.
Le salaire de référence correspond à la valeur maximale entre :
- La moyenne des rémunérations brutes des 12 derniers mois précédant le départ.
- La moyenne des rémunérations brutes des 3 derniers mois. Dans ce cas, les primes et gratifications annuelles ou exceptionnelles sont prises en compte au prorata temporis.
Cette étape est cruciale : une prime annuelle importante versée le mois précédant le départ peut gonfler artificiellement la moyenne des 3 derniers mois, rendant cette option souvent plus favorable.
Étape 2 : appliquer le barème d'ancienneté légal
Pour un départ volontaire, le Code du travail (Article D.1237-1) fixe des montants minimaux basés sur l'ancienneté révolue.
Le barème légal s'établit comme suit :
- 10 à 15 ans d'ancienneté : 0.5 mois de salaire de référence
- 15 à 20 ans d'ancienneté : 1 mois de salaire de référence
- 20 à 30 ans d'ancienneté : 1.5 mois de salaire de référence
- Plus de 30 ans d'ancienneté : 2 mois de salaire de référence
Il est à noter que pour la mise à la retraite (initiative employeur), le calcul suit le barème de l'indemnité de licenciement (1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, puis 1/3), mécaniquement plus généreux pour les carrières longues.
Étape 3 : le principe de faveur
La loi ne fixe qu'un plancher. En droit du travail français, le principe de faveur impose d'appliquer la disposition la plus avantageuse pour le salarié.
Il est nécessaire de consulter la convention collective nationale (CCN) rattachée à l'entreprise. De nombreux secteurs (banque, chimie, métallurgie, BTP) prévoient des indemnités nettement supérieures au minimum légal. La vérification s'effectue en comparant le résultat du calcul légal et du calcul conventionnel : le montant le plus élevé sera celui versé.
Fiscalité et cotisations : analyse du montant net
La différence entre le montant brut et le montant net dépend de l'initiative du départ. C'est sur ce point que la vigilance patrimoniale est de mise.
Régime du départ volontaire
Lorsque le salarié décide de partir, l'indemnité est considérée fiscalement comme un salaire différé.
- Cotisations sociales : l'indemnité est soumise aux cotisations sociales (CSG/CRDS) dès le premier euro, au taux d'environ 9.7%.
- Impôt sur le revenu (IR) : c'est le point de vigilance majeur. L'indemnité de départ volontaire est intégralement imposable à l'impôt sur le revenu. Elle peut propulser le foyer fiscal dans une tranche marginale d'imposition (TMI) supérieure (30%, 41% ou 45%).
L'optimisation fiscale : le système du quotient
Pour le départ volontaire, il existe un mécanisme correcteur indispensable : le système du quotient.
Ce mécanisme permet d'éviter la progressivité de l'impôt en limitant les effets de saut de tranche. Au lieu d'ajouter la totalité de la prime au revenu imposable, l'administration fiscale ne taxe que le quart de la prime, multiplié ensuite par quatre.
Cette méthode neutralise l'effet de seuil et permet souvent une économie d'impôt substantielle. L'option pour le quotient doit être demandée explicitement lors de la déclaration de revenus.
Régime de la mise à la retraite
Dans le cadre d'une mise à la retraite par l'employeur, l'indemnité est exonérée d'impôt sur le revenu à hauteur du plus élevé des trois montants suivants :
- Le montant de l'indemnité légale ou conventionnelle (sans limitation).
- 50% du montant de l'indemnité perçue, dans la limite de 5 fois le PASS (soit 240 300 €).
- 2 fois la rémunération brute annuelle, dans la limite de 5 fois le PASS (soit 240 300 €).
Scénarios chiffrés : du brut au net
Ces simulations comparatives sont basées sur les barèmes 2025-2026.
Scénario 1 : employée non-cadre (départ volontaire)
- Profil : Martine, 16 ans d'ancienneté.
- Calcul brut (légal) : 1 mois de salaire = 2 200 €.
- Prélèvements sociaux : - 213 €.
- Fiscalité (TMI 11%) : Impôt estimé (sans quotient) : ~218 €.
- Net en poche : 1 769 €.
Observation : près de 20% du montant brut est absorbé par les prélèvements obligatoires.
Scénario 2 : cadre supérieur (départ volontaire avec forte ancienneté)
- Profil : Jean, 32 ans d'ancienneté, salaire réf. 5 000 €.
- Calcul brut (légal) : 10 000 €.
- Montant retenu (faveur) : 20 000 € (Hypothèse conventionnelle).
- Prélèvements sociaux : - 1 940 €.
- Fiscalité :
- Sans quotient (TMI 30%) : - 6 000 € d'impôt. Net = 12 060 €.
- Avec quotient : l'impact marginal est lissé, réduisant souvent la note fiscale de plusieurs centaines d'euros.
Dans ce deuxième contexte où la somme est largement plus conséquente que les dépenses d'un seul mois, il peut être pertinent de l'intégrer dans son investissement pour la retraite, comme le PER.
Stratégie et démarches : optimiser la sortie
Le versement de l'indemnité se prépare. Deux leviers principaux permettent d'optimiser cette fin de contrat.
Le timing du départ : le seuil des 10 ans
L'ancienneté s'apprécie à la date de fin du préavis.
Pour un départ volontaire, le seuil de 10 ans est couperet. Un départ avec 9 ans et 11 mois d'ancienneté entraîne une indemnité légale nulle. Il est stratégiquement impératif de caler la date de départ pour franchir ce cap.
La déclaration fiscale
L'erreur la plus fréquente consiste à laisser le montant de la prime pré-rempli dans la case des salaires classiques.
Pour bénéficier du système du quotient, il convient de :
- Soustraire le montant de la prime de la case « Traitements et salaires ».
- Reporter ce montant dans la case spécifique aux revenus exceptionnels ou différés (généralement la case 0XX).
- Préciser la nature du revenu dans la rubrique « Informations complémentaires ».
Cette démarche est indispensable pour déclencher l'application du calcul fiscal atténué.
Ce qu'il faut retenir :
La prime de départ à la retraite est un élément de patrimoine soumis à des règles strictes.
- L'origine du départ prime : une mise à la retraite par l'employeur est généralement fiscalement plus favorable qu'un départ volontaire.
- Le principe de faveur est roi : la convention collective doit systématiquement être comparée au Code du travail.
- La fiscalité se pilote : en cas de départ volontaire, l'option pour le système du quotient est impérative pour préserver le capital net.
- L'ancienneté est une horloge de précision : quelques jours d'écart peuvent débloquer ou supprimer des droits à indemnité.
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FAQ
Quand est versée la prime de départ à la retraite ?
L'indemnité est versée lors de l'établissement du solde de tout compte, à la fin du préavis. Elle apparaît sur le dernier bulletin de salaire.
La prime de départ compte-t-elle pour le calcul de la pension ?
Non, la prime de départ est une indemnité de rupture. Elle n'est pas considérée comme un salaire cotisé et ne génère aucun droit supplémentaire (trimestre ou point) pour la retraite.
Peut-on cumuler prime de départ et indemnité de congés payés ?
Oui, le solde de tout compte cumule l'indemnité de départ, l'indemnité compensatrice pour les congés payés acquis et non pris, ainsi que le prorata d'éventuelles primes annuelles.
Quelle différence entre indemnité de départ et indemnité de licenciement ?
L'indemnité de licenciement compense une rupture hors retraite. En cas de « mise à la retraite » par l'employeur, le montant versé est au moins égal à l'indemnité légale de licenciement, ce qui est plus favorable que l'indemnité de départ volontaire.
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