Donation du vivant : Optimisation fiscale, abattements et dons Sarkozy
La donation de son vivant permet d'anticiper la transmission en purgeant les droits de mutation tous les 15 ans. En cumulant les abattements classiques et le dispositif "Sarkozy", et en utilisant la donation-partage, il est possible de transmettre des capitaux importants en neutralisant la fiscalité et les conflits futurs.

Résumé de la page
La transmission de patrimoine en France est soumise à une équation complexe entre la volonté de gratifier ses proches et la nécessité de préserver l'intégrité des actifs face à une fiscalité parmi les plus lourdes d'Europe. Anticiper la transmission par une donation du vivant ne relève pas uniquement de la générosité intrafamiliale : c'est un acte de gestion indispensable pour lisser la charge fiscale et organiser, de manière irrévocable, la paix civile entre les héritiers. Une stratégie efficace repose sur la maîtrise des abattements, le choix du véhicule juridique et l'utilisation de leviers d'ingénierie patrimoniale tels que le démembrement.
Les fondamentaux fiscaux de la donation de son vivant
Le système fiscal français favorise l'anticipation. Contrairement à la succession subie au moment du décès, la donation permet de purger progressivement les droits de mutation grâce à des mécanismes de rechargement périodique.
Abattements et règle du rappel fiscal
Le pivot de toute stratégie de transmission est l'abattement fiscal, une franchise d'impôt applicable sur la valeur des biens transmis. Cet avantage n'est pas unique : il se renouvelle tous les 15 ans. C'est le principe du "rappel fiscal". Une donation effectuée à 50 ans permet, à 65 ans, de retrouver l'intégralité de sa capacité d'exonération.
L'abattement le plus significatif concerne la ligne directe (parent à enfant) avec un montant de 100.000 € par tranche de 15 ans. Pour un couple, cela représente une capacité de transmission de 200.000 € par enfant en franchise totale de droits. Les transmissions vers les petits-enfants bénéficient d'un abattement distinct de 31.865 €, cumulable avec d'autres dispositifs.
Au-delà des abattements : le barème progressif des droits de mutation
Lorsque la valeur des biens donnés excède les abattements disponibles, le surplus est soumis aux droits de donation. Ce barème est progressif. En ligne directe, les taux débutent à 5% et peuvent atteindre 45% pour les tranches supérieures à 1.805.677 €. Il est crucial de noter que le passage des tranches basses (notamment celles de 5%, 10% et 15%) constitue souvent un coût fiscal acceptable comparé à la tranche marginale d'imposition successorale qui s'appliquerait sur ce même patrimoine au moment du décès.
Synthèse des dispositifs d'exonération
Le tableau ci-dessous résume les plafonds d'exonération applicables selon le lien de parenté et la nature du don.
Le dispositif "Donation Sarkozy" (Art. 790 G CGI)
Instauré pour favoriser la circulation du capital vers les jeunes générations, le don familial de sommes d'argent, communément appelé "donation Sarkozy", constitue une niche fiscale spécifique définie à l'article 790 G du Code Général des Impôts.
Conditions d'éligibilité strictes : âge, nature du don et lien de parenté
Ce dispositif est strictement encadré. Pour être applicable, trois conditions cumulatives doivent être réunies. Premièrement, le donateur doit être âgé de moins de 80 ans au jour de la transmission. Deuxièmement, le bénéficiaire (donataire) doit être majeur ou émancipé. Enfin, l'objet de la donation doit être exclusivement une somme d'argent (chèque, virement, espèces). Les biens immobiliers ou les titres de sociétés sont exclus de cette assiette. Le montant exonéré est fixé à 31.865 €.
La puissance du cumul
La force du dispositif Sarkozy réside dans sa cumulabilité avec les abattements de droit commun cités précédemment. Il ne vient pas les amputer, il s'y ajoute. Prenons le cas d'un grand-parent de 75 ans souhaitant gratifier son petit-fils majeur. Il peut lui transmettre :
- 31.865 € au titre de l'abattement classique grand-parent/petit-enfant.
- 31.865 € au titre du don familial de sommes d'argent (Sarkozy).
Soit un total de 63.730 € totalement exonéré de droits. Si l'on considère un couple de grands-parents, ce montant double à 127.460 € pour un seul petit-enfant.
Choisir le bon mécanisme de don
La fiscalité ne doit pas occulter la dimension civile. Une donation mal encadrée juridiquement peut devenir une bombe à retardement lors de l'ouverture de la succession du donateur.
Don manuel et donation simple : le mécanisme du rapport civil
Le don manuel (remise de la chose de la main à la main) ou la donation simple (par acte notarié mais sans partage) présentent un risque majeur : le rapport civil à la valeur au jour du décès. La loi impose de rétablir l'égalité entre les héritiers réservataires lors de la succession. Pour ce faire, on réintègre fictivement les donations antérieures. Si un enfant A a reçu 100.000 € investis dans un bien immobilier valant 300.000 € au décès du donateur, et qu'un enfant B a reçu 100.000 € dépensés en voyages, l'enfant A devra "rapporter" 300.000 € à la masse successorale. Il devra alors indemniser son frère. Ce mécanisme crée fréquemment des contentieux familiaux lourds.
La donation-partage : l'outil incontournable pour figer les valeurs
Pour neutraliser ce risque, la donation-partage est l'outil de référence. Acte nécessairement notarié, elle permet de distribuer et de figer la valeur des biens au jour de la donation. Aucune réévaluation ne sera effectuée au décès du donateur, quelle que soit la plus-value prise par les actifs transmis. Elle assure ainsi une sécurité juridique absolue et garantit que la volonté du donateur de gratifier ses enfants de manière égalitaire (ou non) soit respectée dans le temps.
Stratégies de transmission avancées
Au-delà des abattements et du choix de l'acte, l'ingénierie patrimoniale permet d'optimiser l'assiette taxable elle-même.
Le démembrement de propriété : transmettre la nue-propriété à coût réduit
Le démembrement consiste à séparer la propriété d'un bien en deux : l'usufruit (le droit d'user du bien ou d'en percevoir les revenus) et la nue-propriété (la propriété virtuelle). En donnant la nue-propriété à ses enfants, le donateur conserve la jouissance du bien (habiter sa résidence ou percevoir les loyers d'un locatif).
Fiscalement, les droits de donation ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, déterminée par l'article 669 du CGI selon l'âge du donateur. Si le donateur a entre 61 et 70 ans, la nue-propriété ne vaut que 60% de la valeur du bien. Les 40% restants (l'usufruit) ne sont pas taxés. Au décès du donateur, l'usufruit s'éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits supplémentaires à payer.

La prise en charge des droits par le donateur : une donation indirecte non taxée
Une stratégie méconnue mais puissante consiste, pour le donateur, à payer lui-même les droits de donation à la place du bénéficiaire. Civilement, c'est une libéralité supplémentaire. Cependant, l'administration fiscale admet que cette prise en charge ne constitue pas un supplément de donation taxable.
Concrètement, si les droits s'élèvent à 20.000 €, le fait que le donateur les règle permet au donataire de recevoir le capital net sans avoir à puiser dans la somme reçue pour payer l'impôt. Cela revient à augmenter mathématiquement le montant net transmis sans alourdir la fiscalité.
La réussite d'une transmission repose sur une alchimie précise entre anticipation calendaire (tous les 15 ans), optimisation des supports (abattements cumulés) et sécurisation juridique (donation-partage). Il convient d'auditer la structure globale du patrimoine pour activer ces leviers dans l'ordre adéquat.
FAQs
Peut-on cumuler l'abattement parent-enfant et la donation Sarkozy ?
Oui, le cumul est parfaitement possible. Un enfant peut recevoir 100.000 € (abattement légal) et 31.865 € (don familial de sommes d'argent) de chaque parent tous les 15 ans, soit un total de 263.730 € pour un couple de donateurs sans aucun droit à payer.
Quelle est la différence entre une donation simple et une donation-partage ?
La différence majeure réside dans la date d'évaluation des biens. La donation simple impose une réévaluation des biens au jour du décès (rapport civil), ce qui peut créer des inégalités. La donation-partage fige définitivement la valeur des biens au jour de l'acte, sécurisant ainsi la transmission.
Jusqu'à quel âge peut-on effectuer une donation Sarkozy ?
Pour bénéficier de l'exonération spécifique du don familial de sommes d'argent (Sarkozy), le donateur doit impérativement avoir moins de 80 ans au jour du transfert des fonds. Le bénéficiaire, lui, doit être majeur.
Comment fonctionne le démembrement lors d'une donation ?
Le donateur transmet uniquement la nue-propriété du bien et en conserve l'usufruit (usage ou loyers). Les droits de donation sont réduits car calculés sur la seule valeur de la nue-propriété (ex: 60% de la valeur totale si le donateur a entre 61 et 70 ans). Au décès, l'usufruit rejoint la nue-propriété sans impôt supplémentaire.
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