Assurance vie et succession : fiscalité et transmission
L'assurance vie constitue un outil privilégié de transmission patrimoniale en France. Contrairement aux idées reçues, le capital d'un contrat d'assurance vie n'intègre pas la succession du défunt. Les sommes versées au décès reviennent directement aux bénéficiaires désignés, sans transiter par le notaire ni être partagées selon les règles successorales classiques.

Résumé de la page
Pourquoi l'assurance vie échappe à la succession ?
Le mécanisme repose sur une distinction juridique fondamentale : le capital décès d'une assurance vie ne fait pas partie de l'actif successoral. Le souscripteur désigne librement un ou plusieurs bénéficiaires (conjoint, enfants, tiers, association) sans être contraint par les règles de la réserve héréditaire.
Cette transmission « hors succession » produit plusieurs effets concrets :
- le capital n'est pas soumis au partage obligatoire entre héritiers ;
- les bénéficiaires reçoivent les fonds sans attendre le règlement de la succession ;
- la fiscalité applicable relève d'un régime propre, distinct des droits de succession.
L'assurance vie offre ainsi une liberté de transmission que le droit successoral classique ne permet pas. Un souscripteur peut, par exemple, gratifier un neveu ou un ami proche sans que les héritiers réservataires puissent s'y opposer, dans la limite des primes manifestement exagérées.
La fiscalité en cas de décès : avant ou après 70 ans
La date de versement des primes détermine le régime fiscal applicable. Le 70e anniversaire du souscripteur constitue la ligne de partage entre deux dispositifs distincts.
Primes versées avant 70 ans
Les capitaux issus de primes versées avant 70 ans bénéficient de l'article 990 I du Code général des impôts. Chaque bénéficiaire dispose d'un abattement personnel de 152 500 €.
Au-delà de cet abattement :
- taxation à 20% sur la fraction comprise entre 152 500 € et 852 500 € (soit 700 000 € taxables) ;
- taxation à 31.25% au-delà de 852 500 €.
La multiplicité des bénéficiaires optimise mécaniquement la transmission : désigner trois enfants plutôt qu'un seul permet de mobiliser trois abattements de 152 500 €, soit 457 500 € au total en franchise de droits.
Primes versées après 70 ans
Les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B du CGI. Le régime diffère sensiblement :
- abattement unique de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires ;
- au-delà, les primes (hors intérêts) réintègrent l'actif successoral et supportent les droits de succession selon le lien de parenté.
Un avantage subsiste néanmoins : les intérêts et plus-values générés par ces primes demeurent totalement exonérés, quel que soit leur montant.
Tableau récapitulatif
Qui est totalement exonéré ?
Certains bénéficiaires échappent à toute taxation sur les capitaux décès, quel que soit le montant perçu.
Conjoint marié ou partenaire de PACS : depuis la loi TEPA du 21 août 2007, l'exonération est totale. Cette règle s'applique indifféremment aux primes versées avant ou après 70 ans.
Frères et sœurs : l'exonération est possible sous trois conditions cumulatives :
- être âgé de plus de 50 ans ou atteint d'une invalidité empêchant de travailler ;
- avoir vécu de façon permanente avec le défunt pendant les cinq années précédant le décès ;
- être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps.
Ces exonérations constituent un levier patrimonial majeur, notamment pour les couples non mariés qui bénéficient, via le PACS, d'une transmission totalement défiscalisée.
La clause bénéficiaire
La rédaction de la clause bénéficiaire conditionne l'efficacité de la transmission. Une clause absente, imprécise ou obsolète peut faire basculer le capital dans la succession classique, annulant les avantages fiscaux du contrat.
La clause standard
La formulation type proposée par les assureurs couvre la plupart des situations :
« Mon conjoint, à défaut mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, par parts égales, à défaut mes héritiers. »
Cette rédaction assure une transmission fluide en cascade, tout en intégrant les enfants à naître et le mécanisme de représentation en cas de prédécès d'un bénéficiaire.
Points de vigilance
Plusieurs erreurs fréquentes compromettent l'efficacité de la clause :
- désignation par le seul prénom : en cas d'homonymie familiale, l'identification devient incertaine ;
- clause non mise à jour : un divorce, un décès ou une naissance modifient la situation familiale sans que la clause ne s'adapte automatiquement ;
- bénéficiaire prédécédé : sans mention de représentation, la part du bénéficiaire décédé peut revenir aux héritiers légaux du souscripteur.
Le démembrement de la clause bénéficiaire (usufruit au conjoint survivant, nue-propriété aux enfants) permet d'optimiser la transmission sur deux générations, mais nécessite une rédaction sur mesure.
En l'absence de bénéficiaire désigné ou identifiable, le capital réintègre l'actif successoral. Il perd alors son régime fiscal privilégié et devient soumis aux droits de succession ordinaires.
Un exemple concret
Marie, 68 ans, détient une assurance vie alimentée par 200 000 € de versements effectués avant ses 70 ans. Elle désigne ses deux enfants comme bénéficiaires à parts égales.
Calcul de la fiscalité :
- chaque enfant reçoit 100 000 € ;
- abattement applicable : 152 500 € par bénéficiaire ;
- 100 000 € < 152 500 € → aucun prélèvement.
Les deux enfants perçoivent l'intégralité des fonds sans aucune taxation.
Ce qu'il faut retenir
L'assurance vie bénéficie d'un traitement juridique et fiscal distinct de la succession classique. Le capital est transmis directement aux bénéficiaires désignés, hors actif successoral.
Les points essentiels à retenir :
- les versements effectués avant 70 ans ouvrent droit à un abattement de 152 500 € par bénéficiaire ;
- les versements après 70 ans bénéficient d'un abattement global de 30 500 €, mais les intérêts restent exonérés ;
- le conjoint marié ou pacsé est totalement exonéré depuis 2007 ;
- la clause bénéficiaire doit être rédigée avec précision et actualisée après chaque événement familial.
L'optimisation d'une stratégie de transmission via l'assurance vie dépend de la situation patrimoniale et familiale de chaque souscripteur. Un conseiller en gestion de patrimoine peut accompagner cette réflexion pour adapter les arbitrages aux objectifs personnels.
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FAQ
L'assurance vie fait-elle partie de la succession ?
L'assurance vie ne fait pas partie de la succession au sens juridique. Le capital est versé directement aux bénéficiaires désignés, sans intégrer l'actif successoral, conformément à l'article L132-12 du Code des assurances.
Quel est l'abattement sur l'assurance vie en cas de décès ?
L'abattement sur l'assurance vie en cas de décès s'élève à 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Pour les primes versées après 70 ans, un abattement unique de 30 500 € s'applique, partagé entre l'ensemble des bénéficiaires.
Le conjoint paie-t-il des droits sur l'assurance vie ?
Le conjoint ne paie aucun droit sur l'assurance vie. Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint marié et le partenaire de PACS bénéficient d'une exonération totale sur les capitaux décès, quel que soit le montant transmis.
Que se passe-t-il sans bénéficiaire désigné sur une assurance vie ?
Sans bénéficiaire désigné sur une assurance vie, le capital réintègre l'actif successoral du défunt. Il perd alors son régime fiscal spécifique et devient soumis aux droits de succession classiques, selon le lien de parenté des héritiers.
La clause bénéficiaire d'une assurance vie peut-elle être modifiée ?
La clause bénéficiaire d'une assurance vie peut être modifiée à tout moment par le souscripteur, sauf dans le cas rare d'une acceptation formalisée par le bénéficiaire. Une révision est recommandée après chaque événement familial : mariage, divorce, naissance ou décès.
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