Succession : abattement 2026, montants par héritier, conditions et leviers
Combien un héritier peut-il recevoir d'un donateur sans payer d'impôts ? Découvrez les montants d'abattement par lien de parenté en 2026, le cas du handicap et de l'assurance vie, ainsi que la règle des 15 ans pour renouveler l'avantage.

Avant tout calcul de droits, chaque héritier déduit un abattement de sa part. Son montant dépend d'un seul critère : le lien de parenté avec le défunt. Bien anticipé, il conditionne la fiscalité de toute la transmission et se prépare des années à l'avance, notamment en amont pour préparer sa succession.
Les montants d'abattement selon le lien de parenté en 2026
Le montant se lit sur une grille fixée par l'administration fiscale, fonction du degré de parenté. Plus le lien avec le défunt est proche, plus l'abattement est élevé.
Conjoint et partenaire de PACS : une exonération totale
Depuis la loi TEPA de 2007, le conjoint survivant et le partenaire lié par un PACS sont totalement exonérés de droits de succession. Aucun plafond, aucune part taxable : l'intégralité de ce qu'ils reçoivent échappe à l'impôt. L'enjeu fiscal de la transmission se déplace alors vers les enfants, qui restent, eux, imposables.
Enfants et parents : 100 000 € chacun
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chacun de ses parents. Un couple transmet ainsi 200 000 € à un enfant en franchise totale. La règle joue dans les deux sens : un parent qui hérite de son enfant profite du même abattement de 100 000 €.
Petits-enfants, frères, sœurs et collatéraux
Au-delà de la ligne directe immédiate, les montants chutent nettement. Un frère ou une sœur ne dispose que de 15 932 €, un neveu ou une nièce de 7 967 €. Les héritiers sans lien de parenté, dont le concubin non pacsé, se limitent à 1 594 €, avant une taxation à 60% sur le reste.
Le cas du petit-enfant mérite une nuance. Tant que son propre parent est vivant, il ne bénéficie que de l'abattement minimal de 1 594 € : les 100 000 € restent attachés à ce parent. En revanche, si ce dernier est décédé, le petit-enfant hérite par représentation et recueille alors la part et l'abattement de 100 000 € du parent prédécédé, partagé le cas échéant entre les représentants.
Qu'est-ce qu'un abattement sur une succession ?
L'abattement est la fraction de l'héritage transmise en franchise d'impôt. Concrètement, il se soustrait de la part nette revenant à chaque héritier ; seul le solde, s'il en reste un, est soumis au barème des droits de succession.
Deux mécanismes se succèdent, à ne pas confondre. L'abattement s'applique d'abord, et il est personnel : chaque héritier dispose du sien, sans le partager. Le barème progressif intervient ensuite, uniquement sur la part taxable qui subsiste. Un héritage inférieur à l'abattement échappe donc entièrement à l'impôt. Ces montants, communs aux successions et aux donations, figurent parmi les abattements prévus par l'article 779 du code général des impôts.

L'abattement renforcé pour les personnes handicapées
Un héritier atteint d'un handicap bénéficie d'un abattement supplémentaire de 159 325 €. Sa force tient à un point : il se cumule avec l'abattement de parenté, au lieu de s'y substituer.
Un enfant en situation de handicap additionne donc les deux dispositifs, soit 259 325 € transmis en franchise (100 000 € + 159 325 €). La condition tient à une incapacité de travailler dans des conditions normales, ou, pour un mineur, à l'impossibilité d'acquérir une formation. Ce supplément profite à tout héritier concerné, quel que soit son lien avec le défunt.
Un régime distinct pour l'assurance vie
Les capitaux d'un contrat d'assurance vie échappent en principe à la succession civile et relèvent d'abattements propres. La date des versements commande le régime applicable.
Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 €, très supérieur à celui de la ligne directe. Pour les primes versées après 70 ans, l'avantage se réduit : un abattement global de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires et tous les contrats, ne portant que sur les primes, les gains restant exonérés. Cette enveloppe constitue de fait un canal de transmission parallèle, qui se superpose aux abattements successoraux classiques.
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Reconstituer ses abattements : la règle des 15 ans
Les abattements ne se consomment pas qu'au décès. Ils sont communs aux donations et aux successions, ce qui ouvre un levier d'anticipation décisif.
Une donation consentie moins de 15 ans avant le décès s'impute sur l'abattement successoral ; au-delà, celui-ci se reconstitue intégralement.
En pratique, un parent peut transmettre jusqu'à 100 000 € par enfant en franchise, puis renouveler l'opération tous les 15 ans. Anticiper une donation de son vivant purge ainsi progressivement l'assiette taxable, sans attendre l'ouverture de la succession. Inscrite parmi les leviers pour réduire son imposition, cette anticipation abaisse le coût global de la transmission, d'autant plus qu'elle démarre tôt : chaque cycle de 15 ans supplémentaire rouvre une franchise complète.
Une exonération exceptionnelle jusqu'au 31 décembre 2026
Un dispositif temporaire s'ajoute à ce levier jusqu'au 31 décembre 2026. Chaque donateur peut transmettre jusqu'à 100 000 € de somme d'argent en franchise totale de droits, dans la limite de 300 000 € par bénéficiaire… Cette exonération exceptionnelle de 100 000 € se cumule avec les abattements classiques.
Exonérations et cas particuliers
Plusieurs situations dérogent à la grille générale, dans un sens comme dans l'autre :
- Frère ou sœur exonéré : l'exonération devient totale si trois conditions sont réunies au décès (article 796-0 ter). L'héritier doit être célibataire, veuf, divorcé ou séparé, être âgé de plus de 50 ans ou infirme, et avoir vécu avec le défunt les cinq années précédant le décès.
- Concubin non pacsé : faute de lien reconnu, il se limite à l'abattement de 1 594 €, puis subit le taux de 60%. Le PACS, à l'inverse, aligne le partenaire sur le conjoint exonéré.
- Résidence principale : un abattement de 20% sur la résidence principale réduit sa valeur taxable lorsqu'elle reste occupée par le conjoint, le partenaire de PACS ou un enfant.
Vers un relèvement des abattements ?
Le niveau des abattements alimente un débat récurrent. Une proposition portée lors des législatives de 2024 par la majorité présidentielle envisagerait de relever l'abattement en ligne directe de 100 000 € à 150 000 €, et celui en ligne indirecte, pour les frères, sœurs, neveux et nièces, jusqu'à 100 000 €.
Le chiffrage établi par l'Institut Montaigne évalue le coût à près de 3 milliards d'euros par an, en écho au dispositif appliqué entre 2007 et 2012. Cette mesure reste, à ce jour, une proposition non adoptée : les montants en vigueur demeurent ceux du tableau ci-dessus. Toute stratégie de transmission doit donc s'appuyer sur le droit actuel, non sur une réforme hypothétique.
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Questions fréquentes sur l'abattement en succession
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- L'abattement se déduit de la part de chaque héritier avant le barème des droits de succession.
- Ligne directe : 100 000 € par enfant et par parent ; conjoint et partenaire de PACS totalement exonérés.
- Autres liens : frère/sœur 15 932 €, neveu/nièce 7 967 €, petit-enfant (sauf représentation) ou tiers 1 594 €.
- Supplément handicap de 159 325 €, cumulable avec l'abattement de parenté.
- L'abattement se reconstitue tous les 15 ans, ce qui permet d'enchaîner les donations en franchise.
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L'abattement s'applique-t-il une fois ou par héritier ?
Par héritier. Chacun déduit son propre abattement de la part qu'il reçoit, sans le partager avec les autres. Une fratrie de trois enfants mobilise donc trois abattements de 100 000 € distincts.
Peut-on cumuler l'abattement d'une donation et celui d'une succession ?
Oui, mais seulement si plus de 15 ans séparent la donation du décès. En deçà, la donation antérieure s'impute sur l'abattement successoral et en réduit d'autant le montant disponible.
Quel abattement pour un enfant handicapé ?
Il cumule l'abattement de 100 000 € au titre de la ligne directe et le supplément de 159 325 € lié au handicap, soit 259 325 € transmis en franchise d'impôt.
Le concubin bénéficie-t-il d'un abattement ?
Un concubin non pacsé se limite à 1 594 €, puis subit une taxation de 60%. Seul le PACS, comme le mariage, ouvre droit à l'exonération totale.
Tous les combien se renouvelle l'abattement ?
Tous les 15 ans. Passé ce délai, l'abattement utilisé lors d'une donation se reconstitue intégralement et peut de nouveau servir, en donation comme en succession.
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