SCPI : faut-il les détenir en direct ou dans une assurance-vie ?

Pierre Barbe
Pierre Barbe
20
/
04
/
2026
7 min
Un immeuble possédé en SCPI en construction

Acheter des parts de SCPI peut se faire en direct, en pleine propriété, ou via un contrat d'assurance-vie sous forme d'unités de compte. Le choix de l'enveloppe détermine la fiscalité des revenus, mais aussi les frais cumulés, l'univers de fonds accessibles, la liquidité et la transmission. Dans la grande majorité des cas, la détention en direct reste le cadre de référence : l'univers d'investissement est plus large, le niveau de frais plus sobre, et les stratégies de démembrement pleinement disponibles. L'assurance-vie conserve un intérêt dans certaines configurations ciblées, principalement pour les investisseurs à TMI 41% ou 45% qui ont accès à un contrat référençant des SCPI de premier plan. Cinq dimensions structurantes opposent les deux véhicules, et un principe doit guider l'arbitrage : la fiscalité est toujours secondaire à la qualité intrinsèque du placement.

Cinq différences structurantes entre une SCPI en direct et une SCPI en assurance-vie

L'arbitrage repose sur cinq dimensions : fiscalité des revenus, frais cumulés, liquidité, transmission, univers d'investissement.

Critère SCPI en direct SCPI en assurance-vie
Fiscalité des revenus Barème IR + 17.2% PS (revenus fonciers) Capitalisation, puis 7.5%/12.8% IR + 17.2% PS au rachat après 8 ans
Frais Commission de souscription 0 à 12% Souscription 0 à 8% + frais UC 0.5 à 1.2% par an
Liquidité Marché secondaire, plusieurs semaines à plusieurs mois Rachat assureur, quelques jours à quelques semaines
Transmission Droits de succession + démembrement possible 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans
Univers de SCPI Plus de 100 SCPI + crédit possible 15 à 25 SCPI par contrat, pas de crédit

Fiscalité des revenus, un écart qui ne dit pas tout

En détention directe, le loyer est qualifié de revenu foncier, soumis au barème progressif de l'IR plus 17.2% de prélèvements sociaux. Pour une TMI à 30%, l'imposition réelle atteint 47.2% sur le loyer brut. Le micro-foncier offre un abattement forfaitaire de 30% sous 15 000 € de loyers ; le régime réel autorise la déduction des charges, dont les intérêts d'emprunt.

En assurance-vie, les loyers ne sont pas imposés tant qu'ils restent capitalisés. Au rachat avant 8 ans, les gains subissent le PFU à 30%. Après 8 ans, l'investisseur bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple), puis d'un taux IR de 7.5% jusqu'à 150 000 € de primes versées et 12.8% au-delà, plus 17.2% de PS. Ce différé d'imposition est un levier réel, mais il doit se lire à l'aune des frais récurrents et du rendement servi par l'UC, qui sont systématiquement inférieurs à ceux de la même SCPI détenue en direct.

Frais de souscription et frais de gestion, une couche de coûts supplémentaire en assurance-vie

En direct, la commission de souscription s'établit entre 0 et 12%, intégrée au prix de la part. Aucun frais récurrent supplémentaire n'est prélevé.

En assurance-vie, la commission est souvent réduite (0 à 8%), parfois compensée par une décote d'environ 2% sur le prix d'achat. La contrepartie est annuelle et structurelle : 0.5% à 1.2% par an de frais de gestion UC s'imputent sur le rendement. À cela s'ajoute le reversement partiel des loyers pratiqué par la plupart des assureurs, qui ampute encore le rendement servi. Au global, la détention en AV se traduit par un surcoût récurrent qui peut absorber une part non négligeable de l'avantage fiscal sur la durée.

Liquidité, marché secondaire contre rachat assureur

En direct, la revente passe par le marché secondaire géré par la SGP. Le délai dépend du carnet d'ordres : plusieurs semaines à plusieurs mois en période normale, davantage en cas de tension. Plusieurs SCPI ont plafonné les rachats entre 2023 et 2025.

En assurance-vie, l'assureur joue le rôle de contrepartie. Le rachat est traité en quelques jours à quelques semaines, sans recherche d'acheteur. Cette liquidité dite « garantie » n'est toutefois pas inconditionnelle : en cas de décote sévère sur une UC SCPI, l'assureur peut suspendre les arbitrages ou retenir une valeur de réalisation inférieure à la dernière cotation. Les implications sont détaillées plus bas.

Transmission et succession

En direct, les parts entrent dans l'actif successoral et sont taxées au barème classique. L'optimisation passe par la donation de nue-propriété ou le démembrement, deux leviers particulièrement efficaces sur la durée.

En assurance-vie, le capital sort de la succession civile. Versements avant 70 ans : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire (article 990 I du CGI), puis 20% jusqu'à 700 000 €, puis 31.25%. Versements après 70 ans : abattement global de 30 500 € sur les seules primes (article 757 B du CGI), gains capitalisés exonérés. En revanche, le démembrement de parts SCPI n'est pas accessible via l'assurance-vie : le contrat ne supporte que la pleine propriété d'unités de compte, ce qui prive l'investisseur d'un des outils successoraux les plus puissants.

Univers de SCPI accessible et financement à crédit

En direct, plus de 100 SCPI sont ouvertes à la souscription, couvrant tous les secteurs : bureaux, commerce, santé, logistique, défiscalisation. Le financement à crédit est autorisé, intérêts déductibles des revenus fonciers.

En assurance-vie, l'univers est structurellement restreint à la sélection de l'assureur : 15 à 25 SCPI dans les meilleurs contrats, souvent moins dans les contrats bancaires standards. Les SCPI fiscales, les SCPI thématiques de niche, les fonds récents ou de petite taille ne sont pratiquement jamais référencés. Le crédit est par ailleurs impossible : la souscription se fait en versement net. Cette limitation de l'univers d'investissement est, dans la plupart des cas, la contrainte la plus lourde de l'assurance-vie pour une poche SCPI.

Un principe de méthode : la qualité du placement d'abord, la fiscalité ensuite

Une erreur fréquente consiste à partir de l'enveloppe fiscale pour choisir ensuite, dans l'univers résiduel, la SCPI la moins mauvaise. La démarche rigoureuse s'inverse : on identifie d'abord les SCPI de qualité – solidité du gestionnaire, qualité du patrimoine, transparence des valorisations, historique de distribution – puis on regarde l'enveloppe qui permet de les détenir dans les meilleures conditions. La fiscalité est un optimiseur, pas un point de départ. Un avantage fiscal sur un placement médiocre reste une perte sèche ; un placement de qualité détenu dans une enveloppe imparfaite reste un actif productif.

Ce principe a une conséquence concrète : l'assurance-vie ne mérite d'être envisagée pour une poche SCPI que si deux conditions sont réunies simultanément. Un, la fiscalité personnelle de l'investisseur justifie économiquement le surcoût annuel des frais UC et le reversement partiel des loyers, ce qui suppose en pratique une TMI à 41% ou 45%. Deux, le contrat référence effectivement des SCPI que l'investisseur aurait également choisies en détention directe. Sans ces deux conditions, la détention directe conserve l'avantage.

Quand l'assurance-vie peut prendre l'avantage pour investir en SCPI

Deux configurations peuvent justifier le recours à l'assurance-vie pour une poche SCPI : une fiscalité personnelle très élevée associée à un contrat qualitatif, et une logique successorale orientée bénéficiaires non héritiers directs.

TMI 41% ou 45% et contrat référençant des SCPI de premier plan

À TMI 41% ou 45%, la fiscalité des revenus fonciers en direct (près de 60% à 62% en cumulé avec les prélèvements sociaux) absorbe une part majeure du loyer. L'écart de fiscalité devient alors suffisamment important pour compenser les frais UC annuels et le reversement partiel pratiqué par l'assureur, à condition que le contrat donne accès à des SCPI que l'investisseur aurait sélectionnées indépendamment de toute considération fiscale.

Sur 100 000 € investis (rendement brut 5.5% en direct, 5% en AV), le revenu net annuel d'un investisseur à TMI 30% ressort à environ 2 904 € en direct contre 4 665 € en AV. L'écart se creuse avec la durée et surtout avec la TMI. Avant la tranche 41%, il est généralement prudent de considérer que les frais récurrents de l'enveloppe AV consomment l'essentiel du gain fiscal théorique.

La profondeur de l'offre SCPI du contrat est ici un critère éliminatoire. Un contrat qui ne référence que trois ou quatre SCPI réellement actives, ou qui privilégie des fonds de distribution moyenne, ne permet pas de construire une poche sérieuse, quelle que soit la TMI de l'investisseur.

Optimisation successorale via la clause bénéficiaire

L'assurance-vie figure parmi les outils de transmission les plus efficaces pour les versements antérieurs à 70 ans. Chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 €, indépendamment du lien de parenté. Au-delà : 20% jusqu'à 700 000 € puis 31.25%.

La liberté de désignation est totale : enfants, petits-enfants, conjoint, tiers, ou clauses démembrées. Le capital sort de la succession civile, ce qui raccourcit les délais de versement et préserve la confidentialité. Cette logique prend tout son sens pour transmettre à des bénéficiaires non héritiers directs ou pour répartir finement entre plusieurs bénéficiaires. Pour structurer une transmission complexe, il reste pertinent de combiner clause bénéficiaire et donations de parts en direct, en s'appuyant sur les règles du calculer les droits de succession.

Pourquoi la détention en direct reste, dans la plupart des cas, le cadre de référence

Au-delà des cas ciblés où l'assurance-vie prend l'avantage, trois arguments structurels expliquent que la détention directe constitue le point d'ancrage privilégié d'une poche SCPI.

Un univers d'investissement complet, condition d'une vraie sélectivité

L'univers en direct dépasse largement celui d'un contrat AV : plus de 100 SCPI contre 15 à 25. La détention directe ouvre l'accès à plusieurs catégories peu ou pas représentées en UC :

  • les SCPI thématiques de niche (santé, logistique européenne, hôtellerie)
  • les SCPI fiscales (Malraux, déficit foncier, monuments historiques) jamais référencées en UC
  • les SCPI récentes ou de petite taille
  • les SCPI européennes à fiscalité traitée à la source

Pour un patrimoine 500 k€+, la capacité à diversifier finement entre zones, secteurs et gestionnaires est l'un des principaux leviers de performance nette et de maîtrise du risque. Le cantonnement à une quinzaine de SCPI référencées par un assureur produit mécaniquement une concentration sur quelques fonds phares, qui devient un sujet à part entière.

Un niveau de frais récurrents plus sobre

L'absence de frais de gestion annuels sur l'enveloppe et le reversement intégral des loyers distribués donnent à la détention directe une efficacité de rendement net supérieure sur l'ensemble des TMI inférieures à 41%. Sur dix à vingt ans, le cumul des frais UC et du reversement partiel peut représenter plusieurs points de rendement perdus, ce qui explique pourquoi la détention directe reste souvent la meilleure allocation même pour des investisseurs déjà fiscalisés.

L'effet de levier du crédit immobilier

L'achat à crédit n'est possible qu'en détention directe. Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers au régime réel et neutralisent la fiscalité pendant les premières années. Un investisseur qui finance 150 000 € sur 20 ans efface les premiers loyers, capitalise un patrimoine sans apport conséquent et améliore le TRI net par effet de levier.

Pour les profils encore actifs, à TMI 30% maximum et avec une capacité d'endettement disponible, le crédit reste l'une des stratégies les plus efficaces pour bâtir une poche substantielle. Les arbitrages de financement sont détaillés dans la fiche SCPI à crédit. L'assurance-vie n'autorise pas ce mécanisme : la souscription se fait en versement net.

Démembrement temporaire et stratégies fiscales avancées

L'achat en nue-propriété temporaire est réservé à la détention directe. La part est acquise avec une décote correspondant à la durée du démembrement (5 à 15 ans). Pendant cette période, l'investisseur ne perçoit aucun revenu et ne supporte aucune imposition. À l'extinction de l'usufruit, il récupère la pleine propriété et perçoit les loyers.

Le mécanisme est particulièrement adapté aux investisseurs encore actifs et fortement fiscalisés, pour synchroniser la perception des loyers avec la baisse anticipée de TMI à la retraite. La mécanique est exposée dans la page dédiée aux SCPI en démembrement. L'enveloppe assurance-vie ne propose pas d'équivalent : elle ne supporte que la pleine propriété d'unités de compte, ce qui ferme cette voie d'optimisation.

Succession des SCPI : démembrement de parts en direct contre clause bénéficiaire en assurance-vie

Les deux mécanismes sont complémentaires plutôt que concurrents. Le bon arbitrage dépend de l'âge du donateur et du nombre de bénéficiaires.

La donation de nue-propriété de parts SCPI en direct

Le donateur conserve l'usufruit (perçoit les loyers) et transmet la nue-propriété aux enfants. La valeur fiscale suit le barème de l'article 669 du CGI, fonction de l'âge de l'usufruitier : entre 61 et 70 ans révolus, la NP représente 60% de la pleine propriété ; entre 71 et 80 ans révolus, elle passe à 70%.

Pour un donateur de 65 ans transmettant 300 000 € de parts en NP à deux enfants, la base taxable tombe à 180 000 €, soit 90 000 € par enfant. La somme se loge entièrement sous l'abattement parents-enfants de 100 000 € par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Aucun droit de donation n'est dû. Au décès, la pleine propriété se reconstitue sans fiscalité supplémentaire (article 1133 du CGI). La méthodologie est détaillée dans la fiche réaliser une donation.

L'achat directement en démembrement auprès de la SGP combine décote et optimisation fiscale, ce qui amplifie l'effet de levier successoral. Ce dispositif n'a pas d'équivalent en assurance-vie.

La clause bénéficiaire de l'assurance-vie

Versements avant 70 ans : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, puis 20% jusqu'à 700 000 € et 31.25% au-delà. Le capital sort de la succession civile, sauf primes manifestement exagérées.

Versements après 70 ans : abattement globalisé de 30 500 € tous bénéficiaires confondus, sur les seules primes. Les gains capitalisés restent exonérés. Cette césure des 70 ans rend la planification cruciale. La mécanique usufruit et nue-propriété peut s'appliquer à la clause bénéficiaire elle-même pour répartir les droits entre conjoint et enfants.

Quel mécanisme privilégier selon l'âge et le patrimoine

Avant 70 ans, la clause bénéficiaire AV reste très puissante (152 500 €/bénéficiaire). Elle se combine avec une donation de nue-propriété de parts en direct pour cumuler les abattements. Un patrimoine 500 k€+ avec deux enfants peut mobiliser 400 000 € sur les donations parents-enfants, plus 152 500 € par parent et par bénéficiaire AV.

Après 70 ans, l'arbitrage change : la donation de NP redevient prioritaire (le coût fiscal de la NP baisse encore avec l'âge), tandis que les versements AV perdent en efficacité. La conclusion est opérationnelle : il s'agit rarement de choisir une enveloppe contre l'autre, mais de les articuler dans le temps, en gardant la détention directe comme socle.

Le piège méconnu des SCPI logées en assurance-vie

La promesse de liquidité garantie par l'assureur cache des limites contractuelles peu commentées.

La liquidité garantie n'est pas inconditionnelle

Lorsqu'une SCPI sous-jacente subit une décote de prix ou une crise de liquidité, l'assureur peut fermer l'UC aux versements, geler les arbitrages, ralentir les rachats, voire imposer une valeur de réalisation différente de la dernière valeur cotée.

La clause type prévoit en effet que la garantie porte sur la valeur que l'assureur peut effectivement obtenir en cédant la part, et non sur la dernière cotation publique. En période normale, l'écart est nul ; en période de tension, il peut être significatif. Plusieurs SCPI logées chez Spirica et Suravenir ont fait l'objet d'aménagements contractuels entre 2023 et 2025.

Le reversement partiel des loyers et son impact sur le rendement

L'assureur ne reverse pas systématiquement la totalité du loyer perçu. Les conventions assureur/SGP prévoient le plus souvent un reversement entre 85% et 100%, le reliquat couvrant les frais de gestion administrative.

Conséquence : le rendement affiché sur l'UC est inférieur de 5 à 15% au rendement de la SCPI sous-jacente détenue en direct, écart auquel s'ajoutent les frais UC annuels (0.5 à 1.2%). Pour comparer en performance nette, il faut rapporter le TDVM brut SCPI au rendement contractuel réellement servi par l'assureur. Ce différentiel, souvent sous-estimé, est l'une des raisons principales pour lesquelles l'avantage fiscal théorique de l'AV s'érode fortement en pratique.

Le cas PERIAL Grand Paris : illustration de la liquidité conditionnelle

La SCPI PF Grand Paris (gérée par PERIAL AM), distribuée notamment via Spirica, illustre concrètement le risque. Sa SGP a suspendu temporairement la variabilité du capital à compter du 25 février 2026. Depuis le 2 avril 2026, un marché secondaire régulé organise les échanges de parts entre vendeurs et acheteurs.

Le fonds de remboursement mis en place a fixé son prix à 309.79 € par part, soit une décote d'environ 25% par rapport à la valeur de retrait théorique. Le taux de distribution 2025 est ressorti à 4.80%, contre 5.10% en 2024. Pour un souscripteur en assurance-vie, cet épisode a pour effet pratique de matérialiser un écart entre la valeur affichée du contrat et le prix réellement obtenu en cas de rachat anticipé. Toute décision opérationnelle doit s'appuyer sur le contrat individuel et le communiqué officiel de la SGP.

Grille de décision : direct ou assurance-vie selon votre profil patrimonial

L'arbitrage croise trois variables : TMI, capacité d'endettement, horizon successoral. Trois profils types couvrent l'essentiel des situations 500 k€+.

Profil TMI Capacité de crédit Recommandation
Profil 1 41% ou 45% Saturée AV envisageable si contrat qualitatif, sinon direct
Profil 2 11% à 30% Disponible Direct à crédit prioritaire
Profil 3 Variable Variable Direct en socle, AV en complément ciblé

Profil 1, investisseur très fortement fiscalisé sans capacité d'endettement supplémentaire

TMI à 41% ou 45%, capacité d'endettement saturée. C'est le profil pour lequel l'assurance-vie peut réellement prendre l'avantage, à la condition expresse que le contrat référence des SCPI de qualité que l'investisseur aurait également retenues en détention directe. Les critères de choix du contrat sont exigeants : profondeur de l'offre SCPI (au moins 15 fonds sérieusement gérés), frais de gestion inférieurs à 0.6%, reversement des loyers proche de 100%, qualité de l'assureur (Spirica, Suravenir, Apicil, Generali). En l'absence de ces conditions, la détention directe reste préférable, quitte à accepter une fiscalité courante plus lourde, compensée ensuite par des stratégies de démembrement ou de donation.

Profil 2, investisseur en phase de constitution avec capacité d'endettement

TMI entre 11% et 30%, capacité d'endettement disponible, horizon supérieur à 15 ans. La détention directe à crédit est clairement prioritaire. L'effet de levier et la déductibilité des intérêts neutralisent la fiscalité initiale et permettent de bâtir un patrimoine immobilier substantiel sans mobiliser un apport important. L'enveloppe AV peut venir en complément plus tard, si la fiscalité personnelle évolue.

Profil 3, investisseur en logique successorale et patrimoniale combinée

Patrimoine 500 k€+, plusieurs bénéficiaires, objectif transmission. Le sujet n'est plus un arbitrage binaire mais une construction multi-enveloppes, dont le socle reste la détention directe. Une poche direct est privilégiée pour cumuler les abattements parents-enfants tous les 15 ans, financer à crédit lorsque la capacité le permet et organiser le démembrement. Une poche AV peut venir en complément ciblé, notamment pour mobiliser l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire au profit de tiers ou de bénéficiaires éloignés, à condition de sélectionner un contrat pour sa profondeur d'offre SCPI. Pour les patrimoines internationaux, la poche AV peut être logée dans une assurance vie luxembourgeoise afin de bénéficier de la portabilité juridique et du super-privilège.

Ce qu'il faut retenir

  • La détention en direct reste, dans la plupart des cas, le cadre de référence pour une poche SCPI : univers d'investissement complet, niveau de frais plus sobre, stratégies de démembrement et de crédit pleinement disponibles.
  • L'assurance-vie mérite d'être envisagée principalement pour les investisseurs à TMI 41% ou 45%, et uniquement si le contrat donne accès à des SCPI de qualité que l'on aurait également sélectionnées en direct.
  • La fiscalité est toujours secondaire à la qualité du placement : un avantage fiscal obtenu au prix d'un univers d'investissement appauvri, de frais récurrents plus lourds et de la perte du démembrement n'est pas un avantage net.
  • La liquidité garantie par l'assureur reste conditionnelle ; elle peut se gripper dès qu'une UC sous-jacente subit une décote, comme l'a illustré l'épisode PF Grand Paris en 2026.
  • Sur la transmission, les deux dispositifs sont complémentaires : abattement AV de 152 500 €/bénéficiaire avant 70 ans + donation de nue-propriété de parts en direct couvrent des besoins distincts et se cumulent.

Pour les patrimoines 500 k€+, la vraie question n'est pas « direct ou assurance-vie », mais quel socle en direct et, le cas échéant, quelle poche AV en complément, au regard de l'âge, des bénéficiaires et de la fiscalité en vigueur.

Questions fréquentes sur l'investissement en SCPI direct ou en assurance-vie

Quelle fiscalité s'applique aux SCPI logées en assurance-vie après 8 ans ?

La fiscalité des SCPI logées en assurance-vie après 8 ans bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) sur la part d'intérêts incluse dans les rachats. Au-delà, le taux d'IR est de 7.5% jusqu'à 150 000 € de primes versées et 12.8% au-dessus, plus 17.2% de PS. Tant que les gains restent dans le contrat, aucune imposition annuelle n'est due.

Peut-on financer à crédit des SCPI en assurance-vie ?

Le financement à crédit de SCPI en assurance-vie n'est pas possible. La souscription se fait toujours en versement net. Pour utiliser l'effet de levier du crédit immobilier, la détention en direct est requise. Les intérêts d'emprunt sont alors déductibles des revenus fonciers au régime réel.

À partir de quelle TMI l'assurance-vie devient-elle réellement pertinente pour les SCPI ?

L'assurance-vie devient économiquement pertinente à partir d'une TMI de 41% ou 45%, et à la condition que le contrat donne accès à des SCPI de qualité. En-dessous de la tranche à 41%, les frais de gestion UC et le reversement partiel des loyers consomment généralement l'essentiel de l'avantage fiscal théorique, au bénéfice de la détention directe. La fiscalité reste secondaire à la qualité du placement : il ne faut pas choisir une SCPI médiocre simplement parce qu'elle est disponible dans un contrat AV.

Combien de SCPI sont accessibles dans une assurance-vie ?

Les SCPI accessibles dans une assurance-vie représentent 15 à 25 fonds dans les meilleurs contrats grand public, parfois moins dans les contrats bancaires standards. À comparer aux plus de 100 SCPI ouvertes en direct. La profondeur de l'offre constitue l'un des critères majeurs de choix d'un contrat AV destiné à accueillir une poche immobilière, et un univers trop restreint est souvent une raison suffisante pour privilégier la détention directe.

Que se passe-t-il si la SCPI logée en AV subit une décote ?

Si la SCPI logée en assurance-vie subit une décote, l'assureur peut fermer l'UC aux versements et arbitrages, voire ralentir les rachats. La liquidité « garantie » porte alors sur la valeur de réalisation retenue par l'assureur, qui peut être inférieure à la dernière valeur cotée. L'épisode PF Grand Paris début 2026 a matérialisé ce risque, avec une décote d'environ 25% sur le fonds de remboursement par rapport à la valeur théorique.

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