Meilleurs placements 2026 : comment battre l'inflation et le livret A ?

Benjamin Le Maitre
Benjamin Le Maitre
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2026
9 min

L'enjeu de ce millésime 2026 n'est plus de chercher la sécurité absolue à tout prix, mais d'opérer un arbitrage précis : sécuriser les taux actuels avant qu'ils ne disparaissent et aller chercher du rendement sur des actifs décorrélés des taux directeurs. Entre la cristallisation des rendements obligataires et l'opportunité des produits structurés, les stratégies gagnantes exigent de sortir de l'attentisme.

Le contexte économique 2026 : pourquoi tout change

Comprendre la mécanique des taux est indispensable pour saisir l'urgence des changements de placements à réaliser. Le paradigme a changé : la Banque Centrale Européenne (BCE), satisfaite de la trajectoire désinflationniste, a enclenché un mouvement durable d'assouplissement monétaire.

La baisse des taux directeurs et ses conséquences

Le taux où l'ont peut placer sans risque diminue. C'est une excellente nouvelle pour les emprunteurs immobiliers, mais une sanction immédiate pour les épargnants frileux. La rémunération des liquidités est directement corrélée au taux de dépôt de la BCE. Lorsque celui-ci diminue, les rendements des comptes à terme (CAT), des livrets bancaires et, par ricochet, des fonds en euros, s'ajustent à la baisse.

Attendre le milieu de l'année 2026 pour placer ses liquidités expose à un risque de réinvestissement : les taux attractifs de 2.50% ou 3% disponibles en début d'année ne seront probablement plus qu'un souvenir quelques mois plus tard.

Une inflation normalisée mais résiliente

L'inflation, désormais contenue autour de 1.9%, n'est plus l'ennemie numéro un. Cependant, elle fixe le seuil de rentabilité minimal. Un placement qui rapporte 2.50% brut (avant fiscalité) offre un rendement réel quasi nul, voire négatif pour les tranches d'imposition élevées.

Le maintien du pouvoir d'achat du patrimoine nécessite donc de viser des cibles de rendement supérieures, situées entre 5% et 7%, inaccessibles via les supports garantis classiques en 2026. L'environnement de "taux réels positifs" (taux nominaux supérieurs à l'inflation) reste favorable, à condition de savoir verrouiller les conditions actuelles ou d'accepter une part de risque maîtrisée.

Comment arbitrer son épargne en 2026 ? 

La stratégie patrimoniale pour 2026 repose sur une logique de tri sélectif. Il ne s'agit plus d'empiler les produits, mais de nettoyer le portefeuille des lignes devenues obsolètes pour redéployer les capitaux vers des moteurs de performance adaptés au nouveau cycle.

Les placements à éviter ou à réduire drastiquement en 2026

Certains réflexes, pertinents en 2023 ou 2024, deviennent contre-productifs.

  • Le "trop plein" de Livret A et LDDS : avec un taux dont la formule de calcul devrait mécaniquement le ramener vers 1.50% voire moins courant 2026, ces livrets retrouvent leur fonction première : une épargne de précaution. Y laisser 22 950 € (plafond Livret A) plus 12 000 € (plafond LDDS) est une erreur patrimoniale si ces sommes ne correspondent pas à un besoin de liquidité immédiat. Conserver l'équivalent de trois à 6 mois de dépenses courantes suffit amplement.
  • Les fonds euros "ancienne génération" : les fonds en euros des contrats d'assurance-vie bancaires grand public traînent encore dans leurs portefeuilles des obligations achetées il y a cinq ans à des taux proches de zéro. Leur inertie les empêchera de servir des rendements compétitifs face à l'inflation.
  • Le cash non rémunéré : laisser des sommes importantes sur un compte courant est une erreur coûteuse. L'érosion monétaire y est maximale. Chaque jour de détention est une perte sèche de pouvoir d'achat.

Les placements à faibles risques à privilégier en 2026

La sécurité a un prix, mais elle peut encore rapporter si l'on agit vite. L'objectif est de battre le Livret A sans exposer le capital à la volatilité boursière.

  • Les comptes à terme (CAT) - la stratégie de cristallisation : c'est l'arbitrage tactique prioritaire du début d'année 2026. Il s'agit de "figer" ou "cristalliser" les taux actuels sur des durées moyennes (2, 3 ou 5 ans). Souscrire un CAT offrant 3% garanti pendant 5 ans est une opération de couverture puissante : si les taux de marché tombent à 2% en 2027, votre épargne continuera de travailler au taux contractuel fixé en 2026. Le rendement est connu à l'avance, le capital est garanti, et la visibilité est totale.
  • Les fonds euros "nouvelle génération" ou boostés : certains assureurs et mutuelles ont lancé récemment des fonds euros profitant directement des taux obligataires élevés de 2023-2024, sans le boulet des vieilles dettes. Ces fonds, ou ceux proposant des bonus sur versement (souvent conditionnés à une part d'unités de compte), peuvent servir des rendements nets de frais de gestion supérieurs à 3.50%. Ils constituent une alternative liquide et sécurisée pertinente.
  • L'or - l'assurance, pas le rendement : l'or conserve sa place dans une allocation équilibrée, à hauteur de 5% du patrimoine financier. Son rôle n'est pas de générer du rendement (il ne verse ni coupon ni dividende) mais de servir d'assurance contre l'instabilité géopolitique ou une reprise inattendue de l'inflation. C'est un actif de décorrélation, non de performance pure.

Comment répartir son épargne ?

La pertinence de l'adage consistant à réduire la part de risque à mesure que l'on avance en âge diminue : un placement sans risque peut désormais avoir une rentabilité négative. L'espérance de vie s'allonge et les besoins financiers à la retraite augmentent. La diversification patrimoniale doit se faire par horizon de projet :

  1. Poche de liquidité immédiate (0 à 12 mois) : livret A / LDDS. Montant strictement limité aux imprévus.
  2. Poche sécurisée moyen terme (1 à 5 ans) : comptes à terme et fonds euros boostés. Objectif : préserver le capital pour un achat immobilier ou un projet défini.
  3. Poche de rendement long terme (> 5 ans) : produits structurés, actions, ETF, immobilier. C'est ici que se construit la véritable performance patrimoniale.

Quels placements hauts rendements pour 2026 ?

Pour viser une performance de 6% à 8%, il est indispensable d'accepter une prise de risque. Cependant, celle-ci peut être modulée et conditionnée grâce à l'ingénierie financière moderne.

Les produits structurés : une solution phare en 2026

Dans un marché où la direction des indices boursiers est incertaine mais où la volatilité reste présente, les produits structurés s'imposent comme la solution la plus efficiente pour optimiser le couple rendement/risque.

Un produit structuré est une obligation émise par une banque qui promet un gain (coupon) sous condition de réalisation d'un scénario de marché. En 2026, ils permettent de viser des rendements de 7% à 9% par an, même si la Bourse ne monte pas ou baisse modérément.

Le mécanisme de protection conditionnelle est leur atout majeur. Contrairement à un investissement direct en actions où l'on perd 10% si le marché perd 10%, un produit structuré peut offrir une protection du capital jusqu'à une baisse de -40% ou -50% de l'indice de référence à l'échéance. Tant que cette barrière n'est pas franchie, le capital est préservé.

C'est l'outil idéal pour l'investisseur qui souhaite dynamiser son allocation fonds euros sans subir les soubresauts quotidiens des marchés actions. L'objectif est d'encaisser les coupons régulièrement plutôt que de parier sur une hausse explosive des marchés.

La Bourse et les ETF

Historiquement, les cycles de baisse des taux directeurs sont favorables aux actions. La diminution du coût de la dette allège les charges financières des entreprises et améliore leurs marges nettes. De plus, les obligations devenant moins rémunératrices, les flux de capitaux se reportent mécaniquement vers les actions.

Pour l'investisseur particulier, le "stock picking" (sélection de titres individuels) reste un exercice périlleux. L'approche indicielle via les ETF (Exchange Traded Funds), notamment sur l'indice MSCI World ou le S&P 500, reste une solution privilégiée. Elle permet une diversification instantanée sur les plus grandes entreprises mondiales à frais réduits. L'horizon d'investissement doit impérativement être supérieur à 8 ans pour lisser la volatilité.

SCPI et immobilier papier : l'opportunité de rentrée ?

Le marché des SCPI (Sociétés civiles de placement immobilier) a traversé une zone de turbulences en 2023-2024, marquée par une baisse des prix de part pour ajuster les valorisations à la hausse des taux. En 2026, cette correction offre un point d'entrée attractif.

Le rendement à l'acquisition (taux de distribution) se reconstitue. L'immobilier redevient une classe d'actifs de rendement, à condition d'être sélectif. Il convient de privilégier les véhicules sans frais d'entrée ou à frais réduits, et d'éviter les SCPI de bureaux trop exposées aux actifs vieillissants en périphérie parisienne.

Comment optimiser ses impôts en 2026

Le rendement brut est une illusion d'optique ; seul le rendement net fiscal compte. L'architecture du patrimoine doit intégrer les bonnes enveloppes fiscales.

Le Plan d'épargne retraite (PER)

Le PER est un outil de défiscalisation à l'entrée. Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds disponibles. Cet outil est particulièrement puissant pour les épargnants dont la Tranche marginale d'imposition (TMI) est de 30%, 41% ou 45%. L'économie d'impôt générée constitue un "rendement immédiat" qui, réinvesti, décuple la performance à long terme. C'est l'enveloppe indispensable pour préparer sa retraite tout en allégeant sa pression fiscale actuelle.

L'assurance-vie (l'enveloppe couteau-suisse)

L'assurance-vie demeure le réceptacle fiscal privilégié pour loger les actifs de rendement comme les produits structurés ou les parts de SCPI (en unités de compte). Au-delà de 8 ans de détention, les retraits bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. Cela permet de purger les plus-values avec une fiscalité très adoucie, bien inférieure à la Flat Tax de 30% qui s'applique aux comptes-titres ordinaires.

Le Girardin industriel

Pour les contribuables fortement imposés (généralement lorsque l'impôt sur le revenu dépasse 5 000 €), le Girardin industriel offre une solution "one shot". Le principe est d'investir à fonds perdus dans du matériel industriel en outre-mer en année N, pour bénéficier d'une réduction d'impôt supérieure au montant investi en année N+1. C'est un pur outil de trésorerie fiscale qui permet d'effacer tout ou partie de son impôt, offrant un rendement financier net (le gain fiscal) souvent situé entre 10% et 15% de l'apport.

Ce qu'il faut retenir pour votre argent en 2026

L'année 2026 sanctionnera l'immobilisme. La stratégie gagnante repose sur trois piliers d'arbitrage :

  1. Réduire la poche de liquidité au strict minimum (épargne de précaution) pour ne pas subir l'érosion du rendement des livrets réglementés.
  2. Verrouiller les taux via les comptes à terme sur 3 à 5 ans avant que la baisse des taux directeurs ne dilue ces opportunités.
  3. Dynamiser le cœur du portefeuille avec des produits structurés offrant visibilité et protection conditionnelle, pour viser une performance de 7-8%.

Agir dès le premier trimestre permet de sécuriser des conditions de marché qui ne dureront pas.

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FAQ

Pourquoi privilégier les comptes à terme (CAT) en 2026 ?

Privilégier les comptes à terme permet de figer un taux de rendement fixe (par exemple 3%) sur une durée déterminée (2 à 5 ans). C'est une stratégie de protection contre la baisse programmée des taux directeurs qui va réduire la rémunération des livrets bancaires classiques et du Livret A.

Les produits structurés sont-ils garantis ?

Certains produits structurés sont à capital garanti, tandis que d'autres n'offrent pas une garantie en capital absolue, mais une protection conditionnelle. Le capital est protégé à l'échéance tant que l'indice de référence ne baisse pas au-delà d'un certain seuil (la barrière de protection), souvent fixé à -40% ou -50% du niveau initial.

Quel placement rapporte le plus sans risque en 2026 ?

Le "sans risque" absolu rapporte mécaniquement moins avec la baisse des taux. Le meilleur compromis actuel réside dans les fonds en euros "boostés" ou les comptes à terme bloqués, qui peuvent offrir des rendements proches de 3% à 3.50% avec une sécurité totale du capital.

Faut-il vendre ses actions en 2026 ?

La baisse des taux directeurs n'est pas un indicateur de marché qui pousse à la vente des actions. Cependant, chaques actions à son cour et ses particularités, et nécessite une étude adaptée. Contactez un cabiniet de gestion de patrimoine pour vous faire accompagner dans ces démarches. 

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Benjamin Le Maitre
Benjamin Le Maitre est un expert en gestion de fortune, Family Office et entrepreneuriat. Il accompagne une clientèle prestigieuse – entrepreneurs, héritiers, sportifs de haut niveau et créateurs de contenu – dans l'optimisation et la sécurisation de leur patrimoine.
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