Le calendrier 2026 et les changements à connaître
La campagne de déclaration des revenus 2025 s'ouvre le 9 avril 2026. Les dates limites varient selon le département de résidence et s'échelonnent entre fin mai et début juin. La déclaration en ligne reste obligatoire pour les foyers équipés d'un accès internet. La déclaration papier est à retourner avant la date spécifiée sur le formulaire 2042 envoyé par la Direction générale des finances publiques (DGFiP).
Cette campagne intervient dans un contexte de deux modifications structurelles qui affectent directement les patrimoines constitués : la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu (IR) et la hausse des prélèvements sociaux sur certains revenus de placement.
Le barème IR revalorisé de +0.9%
Le barème applicable aux revenus 2025 est revalorisé de +0.9%, indexé sur l'inflation. La loi de finances 2026, promulguée le 19 février 2026, a rétabli cette indexation après un projet initial de gel. Sans revalorisation, 200 000 ménages auraient basculé dans une tranche d'imposition supérieure.
Pour un célibataire déclarant 35 000 € de salaires nets imposables, l'impôt 2026 s'établit à 2 554 €, contre 2 615 € l'année précédente. Le seuil d'imposition pour une part de quotient familial se situe désormais à 17 604 € de revenu fiscal de référence annuel.
La hausse des prélèvements sociaux sur les placements financiers
C'est le changement le plus significatif pour les détenteurs d'un patrimoine mobilier : depuis le 1er janvier 2026, la contribution sociale généralisée (CSG) passe de 9.2% à 10.6% sur les dividendes, les intérêts et les plus-values de cession de valeurs mobilières. Le total des prélèvements sociaux (PS) atteint 18.6%, portant le prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31.4% (12.8% d'IR + 18.6% de PS).
Cette hausse s'applique de manière rétroactive aux plus-values mobilières réalisées dès 2025. Elle ne concerne pas tous les placements : l'assurance vie, le PEL, le CEL, les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent soumis aux PS à 17.2%.
Déclarer ses revenus de placement : les règles 2026
Dividendes et plus-values mobilières (CTO)
Les dividendes perçus via un compte-titres (CTO) sont soumis par défaut au PFU de 31.4% (case 2DC de la déclaration). L'imprimé fiscal unique (IFU) transmis par l'établissement financier pré-remplit ces cases, qu'il convient néanmoins de contrôler ligne à ligne.
L'option pour le barème progressif (case 2OP) reste possible et peut être avantageuse si le taux marginal d'imposition (TMI) est inférieur à 12.8% ou si le foyer dispose d'abattements spécifiques. En cas d'option, les dividendes bénéficient d'un abattement de 40% sur leur montant brut, ce qui réduit mécaniquement la base imposable. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus du capital de l'année, dividendes et intérêts compris. Un calcul comparatif s'impose avant de cocher la case.
Les plus-values de cession sont à reporter sur l'annexe 2074, ou sont pré-remplies si elles ont été déclarées par l'établissement teneur de compte. Les moins-values reportables des années antérieures (imputables sur dix ans) doivent être vérifiées en case 3VH.
Rachats sur assurance-vie
L'assurance-vie conserve un avantage fiscal significatif par rapport au compte-titres en 2026 : les PS restent à 17.2%, la hausse de CSG ne s'y applique pas.
La fiscalité applicable aux rachats dépend de l'antériorité du contrat et du montant total des versements :
- Avant 8 ans : PFU de 30% (12.8% IR + 17.2% PS) ou option barème
- Après 8 ans, versements cumulés tous contrats inférieurs à 150 000 € : taux réduit de 7.5% + 17.2% PS = 24.7% effectif, après application de l'abattement annuel
- Après 8 ans, versements cumulés supérieurs à 150 000 € : PFU de 30% sur la fraction excédentaire
L'abattement annuel sur les produits (gains et intérêts) s'élève à 4 600 € pour un célibataire et 9 200 € pour un couple marié ou pacsé soumis à imposition commune. Seuls les produits sont imposés, pas le capital remboursé.
Versements PER et déduction fiscale
Les versements volontaires effectués sur un plan épargne retraite (PER) au cours de l'année 2025 sont déductibles du revenu imposable, dans la limite du plafond 2026 de 38 448 € pour les salariés (10% de 8 fois le PASS 2026, le PASS s'établissant à 48 060 €). Le plancher de déduction est fixé à 4 806 €. Pour les travailleurs non salariés (TNS), le plafond peut atteindre 88 911 €.
Les versements déductibles se déclarent en case 6NS pour le titulaire du plan et 6NT pour le conjoint ou partenaire de PACS.
La loi de finances 2026 introduit deux modifications à intégrer :
- Report des plafonds non utilisés : pour les versements 2025, les plafonds non consommés de 2022, 2023 et 2024 sont cumulables (report sur 3 ans). La LF 2026 étend ce délai à 5 ans à partir des versements 2026.
- Fin de la déductibilité après 70 ans : les versements volontaires sur un PER ne sont plus déductibles pour les titulaires ayant atteint 70 ans. Le contrat reste détenu et les sommes continuent de fructifier, mais l'avantage fiscal à l'entrée disparaît.
SCPI et LMNP : les cases spécifiques
Revenus de SCPI
Les revenus distribués par les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) relèvent de la catégorie des revenus fonciers. Deux régimes s'appliquent :
- Micro-foncier : revenus fonciers bruts inférieurs à 15 000 € (abattement forfaitaire de 30%, déclaration en case 4BE)
- Régime réel : obligatoire au-delà de 15 000 €, ou sur option (déduction des charges effectives, annexe 2044)
Les plus-values de cession de parts de SCPI relèvent du régime des plus-values immobilières, et non du régime mobilier. Le taux d'imposition est de 19% d'IR + 17.2% de PS = 36.2% (hors surtaxe pour PV > 50 000 €). Depuis la loi de finances 2026, l'exonération totale d'IR intervient après 17 ans de détention (contre 22 ans auparavant). L'exonération de PS reste fixée à 30 ans. La fiscalité des SCPI varie par ailleurs selon le mode de détention : en direct, les revenus relèvent des revenus fonciers, tandis que les parts logées dans une assurance-vie suivent la fiscalité de l'enveloppe.
L'erreur la plus fréquente est la double déclaration : certains contribuables reportent manuellement leurs revenus SCPI tout en laissant la pré-saisie de l'IFU active, ce qui double la base imposable.
LMNP au régime réel
Les loueurs en meublé non professionnels (LMNP) au régime du bénéfice industriel et commercial (BIC) réel déclarent leurs résultats en case 5ND (bénéfices non professionnels). Le régime micro-BIC (abattement de 50%, plafond 77 700 €) reste accessible pour les locations meublées longue durée.
Pour les meublés de tourisme non classés, la loi dite anti-Airbnb (applicable aux revenus 2025) a réduit l'abattement à 30% et le plafond de recettes à 15 000 €.
Depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits au régime réel LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente du bien, à l'exception des résidences étudiantes, des résidences seniors et des EHPAD. Les projections de rentabilité nette pour investir en LMNP doivent désormais intégrer cet impact sur la plus-value de sortie.
Contribuables à hauts revenus : la CDHR
La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) a été prorogée pour 2026 et les années suivantes tant que le déficit public reste supérieur à 3% du PIB. Elle vise à garantir une imposition minimale effective de 20% pour les foyers disposant d'un revenu fiscal de référence (RFR) élevé.
Les seuils de déclenchement sont :
- 250 000 € de RFR pour un contribuable célibataire
- 500 000 € de RFR pour un couple soumis à imposition commune
La CDHR se cumule avec la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) déjà existante, qui s'élève à 3% entre 250 000 € et 500 000 € de RFR (célibataire) et 4% au-delà. Son calcul est automatiquement effectué par la DGFiP sur la base du RFR déclaré. Il reste néanmoins utile de vérifier le RFR prévisionnel avant de soumettre la déclaration, notamment si des déductions importantes (PER, charges déductibles) peuvent faire basculer le foyer sous un seuil de déclenchement.
Erreurs fréquentes qui coûtent cher
La majorité des redressements amiables constatés par la DGFiP portent sur des erreurs de saisie ou d'omission, non sur des montages délibérés. Les plus récurrentes pour les patrimoines élevés :
- Oubli ou incohérence sur l'IFU : chaque établissement financier émet un IFU distinct. En cas de comptes multiples (CTO, PEA, PER...), il faut les additionner manuellement si la pré-saisie n'est pas exhaustive.
- Mauvaise case pour les rachats d'assurance-vie : les produits soumis au PFU via prélèvement libératoire de l'assureur (case 2DH) ne doivent pas être re-déclarés en case 2TR (revenus déjà soumis à prélèvement).
- Double déclaration des revenus SCPI : reporter les revenus fonciers SCPI manuellement quand l'IFU les a déjà pré-remplis génère une double imposition. Vérifier la source de chaque ligne pré-remplie.
- Option barème 2OP choisie sans simulation : l'option est globale et irrévocable pour l'année. Cocher 2OP sans calcul préalable peut augmenter l'impôt si le TMI est de 30% ou plus.
- Oubli de la déduction PER en case 6NS : fréquent lorsque le versement est géré directement par le cabinet ou l'établissement teneur, sans remontée automatique à l'expert-comptable.
- Délai d'exonération PV immobilières encore cité à 22 ans : depuis la loi de finances 2026, l'exonération IR intervient après 17 ans. Toute cession calculée sur l'ancien délai peut conduire à sous-estimer l'impôt dû ou à reporter une cession à tort.
- Abattement AV confondu avec le seuil de 150 000 € : l'abattement de 4 600 € / 9 200 € s'applique aux produits du contrat, indépendamment du montant des versements cumulés.
Arbitrages à activer avant de soumettre la déclaration
Plusieurs leviers d'optimisation restent mobilisables au moment de préparer la déclaration. Ils n'impliquent pas nécessairement d'avoir agi avant le 31 décembre — certains s'activent au moment de la saisie.
- Vérifier les plafonds PER utilisés : si des versements PER ont été effectués avant le 31 décembre 2025, s'assurer qu'ils incluaient les plafonds reportés des années 2022, 2023 et 2024 non consommés. Vérifier la cohérence entre l'attestation délivrée par l'établissement et les montants saisis en cases 6NS/6NT. À partir des versements 2026, la LF 2026 étend ce report à 5 ans, offrant une fenêtre de rattrapage élargie.
- Simuler l'option barème 2OP : avantageuse pour un foyer dont le TMI est inférieur à 30% et qui perçoit des dividendes élevés (abattement de 40% applicable). À recalculer systématiquement avant toute décision.
- Concentrer les rachats AV sur un exercice : plutôt que de fractionner les rachats sur plusieurs années avec des gains faibles chaque fois, saturer l'abattement de 4 600 € / 9 200 € en une seule année peut être plus efficace, selon le montant des produits accumulés.
- Vérifier le RFR avant soumission si proche des seuils CDHR : une charge déductible non encore saisie peut faire descendre le RFR sous le seuil de 250 000 € ou 500 000 €, évitant le déclenchement de la contribution minimale à 20%.
- Dons Coluche : le plafond de la réduction d'impôt pour dons aux organismes d'aide aux personnes en difficulté est passé à 2 000 € (réduction à 75%), soit un avantage fiscal maximal de 1 500 €. Vérifier si des dons effectués entre le 14 octobre 2025 et le 31 décembre 2025 ont bien été consignés.
Ce qu'il faut retenir
- L'assurance-vie ressort renforcée après la loi de finances 2026 : les prélèvements sociaux maintenus à 17.2% lui confèrent un différentiel de 1.4 point par rapport au compte-titres (18.6%) et au PER sur les produits, ce qui doit désormais peser dans les choix d'enveloppe.
- La CDHR prorogée et la CEHR cumulées peuvent porter la pression fiscale sur les revenus du patrimoine au-delà de 50% pour les contribuables au TMI de 45% (barème sur dividendes après abattement + PS 18.6% + CEHR 4%). Pour un patrimoine financier significatif, la structuration de l'enveloppe de détention n'est plus optionnelle.
- La LF 2026 étend le report des plafonds PER à 5 ans à compter des versements 2026 : une opportunité concrète de rattrapage à planifier dès maintenant pour les contribuables qui n'ont pas maximisé leurs versements ces dernières années.
- La réintégration des amortissements LMNP et la réduction du délai d'exonération PV immobilières à 17 ans modifient les calculs de rentabilité nette sur les actifs existants. Ces changements méritent une révision des projections de sortie.
- La déclaration est le moment de vérifier la cohérence globale de la situation fiscale : RFR, seuils de déclenchement, options de calcul, plafonds non consommés. Un rendez-vous de préparation avant le 9 avril est préférable à une correction après dépôt.
Questions fréquentes sur la déclaration de revenus 2026
Quelle est la date limite pour déclarer ses revenus en 2026 ?
La campagne de déclaration en ligne ouvre le 9 avril 2026. Les dates limites varient selon le numéro de département : généralement fin mai pour les départements 1 à 19, mi-juin pour les suivants. La déclaration papier dispose d'une date limite unique, antérieure à celle de la déclaration en ligne. Ces dates sont confirmées chaque année sur impots.gouv.fr à l'ouverture de la campagne.
Comment déclarer un rachat partiel sur une assurance-vie ?
Les rachats partiels sont normalement pré-remplis via l'IFU transmis par l'assureur. Il convient de vérifier que les produits (gains et intérêts) ont bien été isolés du capital remboursé, seule la part produits étant imposable. Si l'assureur a déjà effectué un prélèvement libératoire (PFU), les montants apparaissent en case 2DH et ne doivent pas être re-déclarés en 2TR. En cas de doute, rapprocher la déclaration de l'état récapitulatif transmis par l'assureur.
Le PFU a-t-il changé pour les dividendes en 2026 ?
Oui. Depuis le 1er janvier 2026, le PFU applicable aux dividendes perçus sur un compte-titres ordinaire est de 31.4% (12.8% d'IR + 18.6% de prélèvements sociaux), contre 30% auparavant. Cette hausse résulte de l'augmentation de la CSG de 9.2% à 10.6%. Les dividendes capitalisés dans une assurance-vie ne font pas l'objet d'une imposition annuelle et suivent la fiscalité propre aux rachats de l'enveloppe.
Peut-on encore déduire ses versements PER en 2026 ?
Les versements effectués en 2025 sur un plan épargne retraite (PER) restent déductibles du revenu imposable 2025, dans la limite du plafond fixé à 38 448 € pour les salariés. La déduction n'est plus applicable pour les titulaires de 70 ans et plus depuis la loi de finances 2026. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes (2022, 2023, 2024) peuvent être mobilisés pour les versements 2025. À partir des versements 2026, la LF 2026 étend ce délai à 5 ans.
Comment est déclarée la plus-value de cession de parts de SCPI ?
Les plus-values de cession de parts de SCPI relèvent du régime des plus-values immobilières (et non du régime mobilier). Elles sont calculées et déclarées via l'annexe 2048-IMM-SD, généralement établie par le notaire ou la société de gestion lors de la cession. Le taux global est de 36.2% (19% IR + 17.2% PS), avec une exonération totale d'IR après 17 ans de détention depuis la loi de finances 2026. L'exonération de prélèvements sociaux reste fixée à 30 ans.
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