Abattement fiscal des retraités : comment réduire son impôt ?
Plusieurs abattements réduisent l'impôt sur les pensions de retraite. Découvrez-les dans ce guide, ainsi que les bonnes pratiques pour les combiner et diminuer votre charge fiscale.

Le départ à la retraite change la nature des revenus, pas la logique fiscale. Les pensions restent ainsi imposables, mais plusieurs abattements viennent en réduire l'assiette. En associant ces avantages, un contribuable peut réduire son impôt sur le revenu de façon notable, une démarche particulièrement utile quand les revenus baissent à l'arrêt de l'activité.
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Quels abattements fiscaux pour les retraités ?
Deux dispositifs distincts allègent l'imposition des pensions :
- L'abattement de 10% s'applique à tous les retraités de façon automatique.
- L'abattement spécial des personnes âgées cible les foyers aux revenus modestes et en situation d'invalidité ; il s'ajoute au précédent.
Les deux jouent sur le revenu imposable, pas sur l'impôt lui-même : ils réduisent la base sur laquelle le barème progressif est calculé, ce qui distingue un abattement d'une réduction ou d'un crédit d'impôt.
À ces deux abattements s'ajoutent des leviers patrimoniaux souvent négligés. La façon de percevoir un capital retraite, la composition des revenus complémentaires ou le pilotage du revenu fiscal de référence pèsent tout autant sur la note finale. Un retraité optimise donc sur deux plans : les abattements de droit commun, puis l'architecture de ses propres revenus.
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L'abattement de 10% sur les pensions
L'abattement de 10% est le mécanisme le plus connu. Il s'applique à l'ensemble des pensions de retraite, de réversion et à certaines rentes, quel que soit le régime d'origine. L'administration le calcule seule : aucune démarche déclarative n'est nécessaire, il apparaît directement sur l'avis d'imposition.
Montant, plancher et plafond
Cet abattement n'est ni illimité, ni proportionnel jusqu'au bout. Il est encadré par un plancher et un plafond, revalorisés chaque année.
- Un plancher de 454 € par pensionné, garanti même pour les petites pensions.
- Un plafond de 4 439 € par foyer fiscal, atteint dès que les pensions du foyer dépassent 44 390 € annuels.
Le plafond s'apprécie au niveau du foyer, et non par personne. Dans un couple où les deux conjoints perçoivent une pension élevée, l'avantage est donc mécaniquement écrêté. Les montants ci-dessus correspondent aux revenus 2025 déclarés en 2026 ; ils sont indexés sur l'inflation et progressent tous les ans.
Abattement ou frais réels : quel choix ?
Comme pour les salaires, le retraité peut renoncer à l'abattement de 10% pour déduire ses frais réels. En pratique, ce basculement reste rare : les pensions génèrent peu de frais professionnels déductibles. L'arbitrage mérite néanmoins d'être posé dans les situations particulières, selon la même méthode que pour les frais réels sur ses revenus.
Régulièrement, l'idée d'un remplacement de cet abattement par un forfait fixe revient dans le débat budgétaire. Une tentative de le transformer a été écartée fin 2025, et le mécanisme proportionnel a été maintenu. Pour un retraité, la règle de calcul reste donc celle décrite ici.
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L'abattement spécial des personnes âgées (article 157 bis du CGI)
Voici le dispositif le moins connu, et le plus intéressant à optimiser. Prévu par l'article 157 bis du code général des impôts (CGI), cet abattement s'ajoute à celui de 10% pour les foyers dont les revenus restent sous certains seuils. Il ne concerne pas les pensions en particulier, mais le revenu global du foyer.
Conditions : âge et invalidité
L'accès repose sur une condition d'âge ou d'invalidité, appréciée au 31 décembre de l'année d'imposition. Ouvrent droit à l'abattement :
- les personnes de plus de 65 ans ;
- les personnes titulaires d'une pension militaire d'invalidité ou d'une pension d'invalidité pour accident du travail d'au moins 40% ;
- les titulaires de la carte mobilité inclusion mention invalidité.
Dans un couple, il suffit que l'un des conjoints remplisse la condition pour ouvrir le droit. Si les deux la remplissent, l'abattement est doublé.
Des montants dégressifs selon le revenu
L'abattement fonctionne par paliers de revenu net global (RNG), le revenu du foyer avant cet abattement. Plus le revenu augmente, plus l'avantage se réduit, jusqu'à s'annuler.
Ces seuils sont revalorisés chaque année comme le barème de l'impôt. Quand les deux membres d'un couple sont éligibles, les montants sont doublés : jusqu'à 5 644 € d'abattement supplémentaire pour le foyer dans la première tranche.
Un abattement cumulable avec celui de 10%
Les deux abattements ne s'opposent pas, ils s'empilent. Le retraité applique d'abord l'abattement de 10% sur ses pensions, puis l'abattement spécial des personnes âgées sur le revenu global qui en résulte. L'économie d'impôt réelle dépend ensuite du taux marginal d'imposition (TMI) : un même abattement de 2 822 € fait gagner 310 € à un foyer taxé à 11%, mais bien davantage à un foyer taxé à 30%.
L'abattement de 10% et l'abattement des personnes âgées se cumulent. Pour un foyer modeste de plus de 65 ans, cette combinaison peut effacer plusieurs milliers d'euros de revenu imposable, parfois de quoi sortir de l'impôt.
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Optimiser sa fiscalité au-delà des abattements
Les abattements sont subis, non pilotés. La marge de manœuvre réelle du retraité se situe ailleurs : dans la nature et le calendrier de ses revenus complémentaires. C'est un travail qui se prépare bien en amont, dès la préparation de la retraite.
Le PER à la sortie : rente ou capital
Le plan épargne retraite (PER) se dénoue au moment du départ, en rente ou en capital. Or le choix change la fiscalité. En sortie en rente, les versements se rajoutent aux pensions et bénéficient eux aussi de l'abattement de 10%. En sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est soumise au barème, et les gains au prélèvement forfaitaire.
Ce choix ne se limite pas au montant net perçu. Un capital important sorti une seule année peut faire franchir un seuil de tranche ou de revenu fiscal de référence, alors qu'une rente lisse le revenu dans le temps. L'arbitrage rente/capital du plan épargne retraite se raisonne donc à l'échelle de plusieurs années, pas d'un seul exercice.
Assurance vie et PEA : des revenus peu fiscalisés
Compléter ses revenus sans alourdir son imposition suppose de puiser dans les bonnes enveloppes. L'assurance vie et le plan d'épargne en actions (PEA) présentent ici un double intérêt.
- Assurance vie : après huit ans, les rachats bénéficient d'un abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple) sur les gains. Ses prélèvements sociaux restent à 17.2%, l'enveloppe étant exclue de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) de 2026.
- PEA : après cinq ans, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux s'appliquent.
En privilégiant les retraits sur ces enveloppes plutôt que des revenus pleinement taxés, un retraité peut maintenir son niveau de vie tout en contenant son revenu imposable.
Piloter son revenu fiscal de référence
Le revenu fiscal de référence (RFR) est le véritable pivot. Il conditionne à la fois l'accès à l'abattement des personnes âgées et le taux de CSG appliqué aux pensions. Selon le RFR, une pension peut être exonérée de CSG, soumise à un taux réduit ou au taux plein.
Un euro de revenu supplémentaire peut coûter bien plus qu'un euro d'impôt : franchir un seuil de RFR fait parfois basculer vers un taux de CSG supérieur ou fait perdre l'abattement des personnes âgées.
Dès lors, l'enjeu est d'éviter les à-coups. Étaler un rachat sur deux années civiles, choisir la rente plutôt qu'un gros capital, ou arbitrer entre enveloppes permet de rester sous les seuils déterminants. C'est cette gestion fine du RFR qui distingue une simple perception passive des pensions d'une véritable stratégie fiscale de retraité.
Foire aux questions sur la fiscalité à la retraite
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- Deux abattements se cumulent : les 10% automatiques sur les pensions, et l'abattement des personnes âgées sous conditions de revenu. Vérifier son éligibilité au second est le premier réflexe.
- Le plafond de 10% s'apprécie par foyer, pas par personne : dans les couples à pensions élevées, l'avantage est vite écrêté.
- L'abattement des personnes âgées est dégressif : quelques centaines d'euros de revenu en trop peuvent le faire disparaître entièrement.
- Le vrai levier d'optimisation n'est pas l'abattement subi, mais le pilotage du revenu fiscal de référence : nature des revenus complémentaires, arbitrage rente/capital du PER, recours aux enveloppes peu fiscalisées.
- Ces arbitrages se préparent avant le départ en retraite, quand les enveloppes peuvent encore être structurées.
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L'abattement de 10% s'applique-t-il aussi aux pensions de réversion ?
Oui. L'abattement de 10% couvre les pensions de retraite, les pensions de réversion et certaines rentes. Il s'applique de la même manière, dans la limite du plancher et du plafond appréciés au niveau du foyer.
Faut-il déclarer l'abattement de 10% soi-même ?
Non. L'administration l'applique automatiquement sur les pensions déclarées. Aucune case spécifique n'est à remplir : l'abattement est déjà intégré dans le revenu imposable figurant sur l'avis.
Peut-on cumuler l'abattement de 10% et l'abattement des personnes âgées ?
Oui, les deux se cumulent. L'abattement de 10% s'applique d'abord sur les pensions, puis l'abattement des personnes âgées vient réduire le revenu global obtenu, sous réserve de respecter les conditions d'âge ou d'invalidité et les seuils de revenu.
À partir de quel revenu perd-on l'abattement spécial des personnes âgées ?
Au-delà de 28 430 € de revenu net global, l'abattement des personnes âgées disparaît. Entre 17 670 € et 28 430 €, il est réduit de moitié. Ces seuils sont revalorisés chaque année.
Les prélèvements sociaux s'appliquent-ils à toutes les pensions ?
Non. Selon le revenu fiscal de référence, une pension peut être exonérée de CSG, soumise à un taux réduit ou au taux plein. Les pensions les plus modestes échappent aux prélèvements sociaux.
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