PFU 2026 : ce qui change pour la flat taxe

Paul Garnier
Paul Garnier
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2026
4 min

Le PFU (prélèvement forfaitaire unique), aussi appelé flat tax, augmente en 2026. Depuis le 1er janvier 2026, le taux applicable à certains revenus du capital passe de 30% à 31.4%. Cette hausse, issue de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), ne concerne pas tous les placements. Certains restent à 30%, d'autres demeurent totalement exonérés. Décryptage des nouvelles règles, placement par placement.

De 30% à 31.4% : le mécanisme de la hausse

La contribution financière pour l'autonomie

Le taux d'imposition forfaitaire sur les revenus du capital (12.8%) reste inchangé. C'est la composante « prélèvements sociaux » qui augmente, passant de 17.2% à 18.6%.

L'origine de cette hausse : la création d'une contribution financière pour l'autonomie (CFA) de 1.4 point, intégrée aux prélèvements sociaux. La CSG applicable aux revenus de placements financiers passe ainsi de 9.2% à 10.6%.

Le calcul du nouveau PFU :

  • Impôt sur le revenu : 12.8% (inchangé)
  • Prélèvements sociaux : 18.6% (contre 17.2% auparavant)
  • Total : 31.4%

Cette mesure vise un rendement budgétaire de 2.8 milliards d'euros. Elle s'applique rétroactivement aux plus-values mobilières réalisées dès 2025.

Quels placements sont concernés par le PFU à 31.4% ?

Tous les placements ne sont pas logés à la même enseigne. Trois régimes coexistent désormais :

Placement PS PFU total Statut 2026
Dividendes (compte-titres) 18.6% 31.4% Hausse
Plus-values mobilières 18.6% 31.4% Hausse
Intérêts (livrets fiscalisés, comptes à terme) 18.6% 31.4% Hausse
Cryptomonnaies 18.6% 31.4% Hausse
Épargne salariale (PEE, PERCO) 18.6% 31.4% Hausse
PER (produits : intérêts et PV) 18.6% 31.4% Hausse
PEA après 5 ans 18.6% Exo IR, 18.6% PS Hausse PS
Assurance-vie 17.2% 30% Inchangé
PEL / CEL 17.2% 30% Inchangé
Revenus fonciers 17.2% 19% IR + 17.2% PS Inchangé
Plus-values immobilières 17.2% 19% IR + 17.2% PS Inchangé
Livret A, LDDS, LEP 0% 0% Exonéré
Point d'attention sur le PEA : après cinq ans, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu mais restent soumis aux prélèvements sociaux, désormais à 18.6% (contre 17.2% auparavant).

Assurance-vie et PER : deux trajectoires opposées

L'assurance-vie sort renforcée

L'assurance vie est explicitement exclue de la hausse de CSG. Les prélèvements sociaux restent à 17.2% et le PFU à 30%. L'abattement annuel après huit ans est maintenu : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple.

L'impôt sur la fortune improductive, qui aurait pu intégrer les fonds euros dans son assiette, a été retiré du texte final. L'assurance-vie acquiert un avantage fiscal comparatif net face au compte-titres et au PER sur la composante prélèvements sociaux.

Le PER paie la note

Le plan épargne retraite subit la hausse de plein fouet : les produits (intérêts et plus-values) sont soumis au PFU 31.4%. Deux mesures complémentaires adoptées dans la loi de finances 2026 alourdissent le bilan :

  • Fin de la déduction des versements volontaires pour les titulaires de 70 ans et plus
  • Report du plafond non utilisé étendu de 3 à 5 ans (seule mesure favorable)

L'enveloppe reste pertinente pour la déduction à l'entrée en phase de capitalisation, mais la sortie est fiscalement alourdie.

Trois points de vigilance pour les épargnants

Rétroactivité sur 2025. La hausse des prélèvements sociaux à 18.6% s'applique aux plus-values mobilières réalisées dès 2025, avant même la promulgation de la LFSS 2026. Les cessions d'actions ou d'OPCVM effectuées en 2025 sont concernées. Le complément de prélèvements sociaux sera réclamé lors de la déclaration de revenus au printemps 2026.

Arbitrage PFU / barème progressif recalibré. À 31.4%, le PFU devient moins compétitif pour les contribuables à faible taux marginal d'imposition. Pour les TMI à 0% ou 11%, le barème progressif avec l'abattement de 40% sur les dividendes et la CSG déductible à 6.8% peut s'avérer plus avantageux. Pour les TMI à 30% et au-delà, le PFU reste généralement préférable.

PEA : exonéré d'IR, pas de PS. Le PEA après cinq ans échappe à l'impôt sur le revenu, mais ses gains sont soumis aux PS à 18.6%. L'écart avec l'assurance-vie (17.2%) se creuse de 1.4 point.

Ce qu'il faut retenir

  • Le PFU passe à 31.4% sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières depuis le 1er janvier 2026
  • L'assurance-vie conserve un régime à 30% (PS 17.2%) et sort renforcée du budget 2026
  • La hausse est rétroactive sur les plus-values mobilières réalisées en 2025
  • L'arbitrage entre PFU et barème progressif doit être recalculé au cas par cas, en particulier pour les TMI à 0% et 11%
  • Le PER subit la hausse (31.4%) et perd en attractivité relative à la sortie

La loi de finances 2026 contient d'autres mesures patrimoniales significatives : rétablissement de l'exit tax à 15 ans, durcissement du pacte Dutreil, taxe de 20% sur les holdings patrimoniales. Un suivi régulier de ces évolutions reste indispensable pour ajuster une stratégie d'allocation.

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Questions fréquentes

Le PFU passe-t-il à 33% en 2026 ?

Le PFU ne passe pas à 33% en 2026. Les scénarios à 33% ou 36% évoqués à l'automne 2025 n'ont pas été retenus dans le texte final. Le taux adopté est de 31.4%, résultant de la hausse des prélèvements sociaux de 17.2% à 18.6%. La part impôt sur le revenu reste fixée à 12.8%.

L'assurance-vie est-elle concernée par la hausse du PFU en 2026 ?

L'assurance-vie n'est pas concernée par la hausse du PFU en 2026. Les prélèvements sociaux sur les produits d'assurance vie restent à 17.2% et le PFU à 30% (avant abattement après huit ans). Cette exclusion renforce l'attractivité relative de l'enveloppe face au compte-titres.

Faut-il privilégier le barème progressif au PFU en 2026 ?

Le choix entre barème progressif et PFU en 2026 dépend du taux marginal d'imposition. Pour les TMI à 0% ou 11%, le barème progressif avec l'abattement de 40% sur les dividendes peut être plus avantageux. Pour les TMI à 30% et au-delà, le PFU à 31.4% reste généralement préférable.

Les plus-values immobilières sont-elles touchées par la hausse ?

Les plus-values immobilières ne sont pas touchées par la hausse du PFU. Elles restent soumises aux prélèvements sociaux de 17.2% (CSG à 9.2%). Seules les plus-values mobilières (actions, obligations, OPCVM) supportent les nouveaux PS à 18.6%.

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