Avec 141 milliards d'euros d'encours et 12.7 millions de titulaires (au 30 septembre 2025), le plan épargne retraite (PER) est devenu un pilier de l'épargne longue. La loi de finances 2026 modifie deux paramètres structurants : suppression de la déductibilité après 70 ans et extension du report des plafonds de trois à cinq ans. La hausse des prélèvements sociaux à 18.6% complète ce triptyque.
Fin de la déductibilité des versements après 70 ans
Versements volontaires et épargne salariale concernés
À compter du 1er janvier 2026, tout versement volontaire effectué sur un plan épargne retraite - PER par un souscripteur de 70 ans ou plus (au jour du versement) perd sa déductibilité du revenu imposable. Tous les types de PER sont concernés : PER individuel, PERE collectif, PER obligatoire, PER européen (PEPP) et versements TNS.
La mesure s'étend à l'épargne salariale : intéressement, participation, PPV, PPVE, abondement employeur et droits inscrits en CET (dans la limite de 10 jours) ne sont plus exonérés d'IR dès lors que le bénéficiaire a atteint 70 ans.
Anciens contrats épargnés et traitement fiscal à la sortie
Les anciens produits d'épargne retraite (PERP, contrats Madelin, Article 83) ne sont pas concernés. Seuls les PER issus de la loi PACTE sont visés.
En contrepartie, le traitement fiscal à la sortie est allégé. En capital, le montant des primes versées (non déduites) est exonéré d'IR : seuls les gains supportent le PFU de 31.4%. En rente, ces versements relèvent du régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO), dont la fraction imposable varie selon l'âge au moment de la première mise en paiement. La déductibilité à l'entrée disparaît, mais la taxation à la sortie s'en trouve réduite.
Report des plafonds non utilisés étendu à cinq ans
Le contribuable pouvait mobiliser les plafonds de déduction des trois années précédentes. Il dispose désormais d'un historique de cinq ans, quel que soit son statut. Les plafonds 2026, indexés sur le PASS (48 060 €), s'établissent à :
- 4 806 € minimum (10% du PASS)
- 38 448 € maximum pour les salariés et fonctionnaires
- 88 911 € pour les travailleurs non-salariés
La mutualisation entre conjoints reste possible : un époux peut utiliser le plafond non consommé de l'autre.
Une ambiguïté persiste sur la date d'entrée en application. Première lecture : dès 2026, utilisation des plafonds calculés sur les revenus 2020 à 2024 (en plus du plafond 2025). Seconde lecture : seul le plafond 2025 bénéficie du nouveau report, utilisable jusqu'en 2030-2031. Pour bien préparer sa retraite, il convient de surveiller les précisions réglementaires à venir.
Hausse des prélèvements sociaux sur les gains du PER
La LFSS 2026 relève la CSG sur les revenus de placement de 9.2% à 10.6%. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER passent à 18.6% (CSG 10.6% + CRDS 0.5% + solidarité 7.5%), portant le PFU à 31.4%.
L'assurance vie échappe à cette hausse : PS maintenus à 17.2%, PFU à 30%. L'écart de 1.4 point est particulièrement significatif pour les épargnants de plus de 70 ans qui perdent simultanément la déductibilité PER. Le contrat de capitalisation constitue une autre enveloppe à considérer.
Ce qu'il faut retenir
- Fenêtre d'optimisation avant 70 ans : maximiser les versements déductibles en mobilisant les plafonds reportés sur cinq ans
- Arbitrage entrée/sortie recalibré : la perte de déductibilité modifie la logique fiscale au profit d'une exonération à la sortie (capital) ou d'un régime allégé (RVTO)
- Report sur cinq ans : levier de rattrapage pour les contribuables à revenus variables ou qui n'ont pas saturé leurs plafonds
- Écart PER/assurance-vie : la hausse des PS (18.6% contre 17.2%) renforce l'attractivité de l'assurance-vie comme meilleur placement pour préparer sa retraite, surtout après 70 ans
FAQs
Un versement PER reste-t-il possible après 70 ans ?
Le versement reste autorisé. Seule la déductibilité disparaît. En contrepartie, la sortie en capital est exonérée d'IR sur les primes versées, et la sortie en rente relève du régime RVTO.
Les anciens contrats PERP et Madelin sont-ils concernés ?
Non. La mesure vise exclusivement les PER (loi PACTE). Les PERP, Madelin et Article 83 conservent leur régime propre.
Comment calculer son plafond de déduction PER en 2026 ?
Le plafond correspond à 10% des revenus nets : plancher 4 806 €, plafond 38 448 € (salariés) ou 88 911 € (TNS). Report sur cinq ans, mutualisation entre conjoints possible.
Quelle différence fiscale entre le PER et l'assurance-vie en 2026 ?
PER : PFU 31.4% (PS 18.6%). Assurance-vie : PFU 30% (PS 17.2%). Écart de 1.4 point en faveur de l'assurance-vie, exclue de la hausse de CSG.
Auguste Patrimoine vous accompagne de la première à la dernière étape, de l’ébauche de votre projet à sa finalisation.
Être rappelé par un expertRestez informé des prochaines actualités
Toute l’actualité patrimoniale dans votre boite mail, une fois par mois : recevez des articles détaillés sur les stratégies de gestion patrimoniale adaptées à votre profil, des conseils pratiques pour optimiser la fiscalité en exploitant au mieux les niches fiscales et les dispositifs légaux, ainsi que les dernières évolutions réglementaires. Bénéficiez également des derniers investissements populaires ainsi que des préconisations d'allocation.

.webp)
