
Le taux moyen du fonds euros de l'assurance-vie s'est établi à 2.6% en 2025 selon France Assureurs, stable pour la troisième année consécutive. Dans le même temps, certains contrats ont servi 4.10% sur leur fonds euros. Un écart de 1.5 point qui ne tient pas à la chance, mais à des différences structurelles : frais, composition du portefeuille obligataire, politique de distribution de la provision pour participation aux bénéfices. Depuis février 2026, le livret A est tombé à 1.5%, ce qui repositionne l'assurance-vie parmi les principales enveloppes d'épargne à capital garanti.
Taux 2025 : 2.6% en moyenne, mais jusqu'à 4.10% sur les meilleurs contrats
Un taux moyen stable, une collecte qui repart
Le taux moyen des fonds euros pour 2025, arrêté à 2.6% par France Assureurs, confirme la stabilisation observée depuis 2023. La collecte nette sur les fonds euros a repassé en territoire positif à +8.1 milliards d'euros, après -4.7 milliards en 2024. En parallèle, les unités de compte ont atteint un record historique de 42.5 milliards d'euros de collecte nette.
À fin 2025, la provision pour participation aux bénéfices s'établit à 3.7% des encours totaux, soit environ 77 milliards d'euros de réserves. Ce matelas non distribué donne aux assureurs la capacité de maintenir, voire d'améliorer, les rendements servis dans les prochains exercices. La provision pour participation aux bénéfices constitue un indicateur de solidité à analyser lors du choix d'un contrat.
Les contrats qui ont fait mieux que la moyenne
Cinq contrats ou assureurs se distinguent nettement en 2025 :
Le cas Afer Génération est notable : 4.05% sans obligation d'investir en unités de compte, selon les données publiées en mars 2026 (à confirmer auprès d'Abeille Assurances). Les unités de compte ont affiché 4.7% de performance nette en 2025 en moyenne, sans garantie en capital.
Pourquoi votre contrat plafonne : le poids des frais et de l'ancienneté
L'effet frais : un différenciateur sous-estimé
Les frais constituent le premier facteur d'explication de l'écart. Un contrat bancaire traditionnel facture de 0% à 5% de frais d'entrée sur chaque versement, auxquels s'ajoutent des frais de gestion annuels de 0.75% à 1%. Un contrat en ligne affiche généralement 0% de frais d'entrée, avec des frais de gestion de 0.5% à 0.75% par an.
L'impact sur 10 ans est substantiel : sur 100 000 euros investis à 2.5% servi, un point de frais annuels supplémentaires représente 116 000 euros de capital final contre 128 000 euros, soit près de 12 000 euros de manque à gagner. Un contrat bancaire affichant 2.8% avec 1% de frais de gestion délivre effectivement 1.8% net, soit moins que la moyenne du marché.
L'ancienneté du contrat et la mécanique de la provision pour participation aux bénéfices
Les contrats souscrits avant 2022 s'appuient sur des portefeuilles obligataires constitués pendant la décennie de taux bas (2012-2021). Leur rendement reste contraint par le poids des obligations à faible coupon encore en détention. Les contrats souscrits à partir de 2022 ont pu investir sur des obligations à des taux plus élevés (3% à 4%), ce qui se traduit directement dans les taux servis.
Sur la provision pour participation aux bénéfices : un assureur ayant constitué une réserve élevée dispose d'un levier pour lisser les rendements à la hausse. Un contrat dont la provision approche 0% des encours a peu de marge de progression, même si les assureurs ne publient pas toujours ce chiffre en détail.
Contrat bancaire, en ligne ou via un conseiller en gestion de patrimoine : ce que dit le comparatif
Trois canaux, trois logiques tarifaires
La distribution de l'assurance-vie repose sur trois modèles distincts : le réseau bancaire (marge sur frais), les plateformes en ligne (volume, sans conseil) et le conseiller en gestion de patrimoine (commissions sur encours, accompagnement personnalisé et accès à une sélection plus large de contrats).
Ce que ces modèles impliquent concrètement :
Les conditions d'accès aux fonds euros boostés
L'accès aux meilleurs taux n'est pas toujours inconditionnel. Plusieurs contrats en ligne et via conseillers en gestion de patrimoine imposent une part minimale en unités de compte sur les versements (de 20% à 75% selon les contrats) pour permettre à l'assureur d'équilibrer son risque actif-passif. Le versement minimum varie de 0 euro en ligne à plusieurs milliers d'euros sur les contrats à architecture ouverte.
Deux vérifications s'imposent avant de souscrire :
- Le taux affiché peut n'être garanti que pour l'exercice en cours. L'historique sur 3 à 5 ans et le taux de base (hors bonus) sont les indicateurs pertinents.
- La provision pour participation aux bénéfices du contrat : un assureur ayant constitué des réserves solides est plus à même de maintenir son niveau de distribution sur la durée.
Quelle stratégie selon votre profil
Profil prudent : sécuriser le capital en priorité
Pour un épargnant dont l'objectif est la préservation du capital sans exposition aux marchés, les contrats mutualistes et associatifs représentent la solution la mieux adaptée. Ampli Mutuelle, Carac, France Mutualiste et Afer Génération ont servi entre 3.5% et 4.05% en 2025 sans aucune condition d'investissement en unités de compte. Corum affiche 4.10% mais conditionne ce taux à une allocation minimale de 75% en unités de compte sur le contrat, ce qui l'écarte d'une stratégie 100% sécurisée. L'écart entre 2.6% de moyenne et 3.5%-4% ne requiert pas de prendre davantage de risque ; il requiert de changer de contrat.
Profil dynamique : mixer fonds euros et unités de compte pour optimiser le rendement global
Un profil acceptant une volatilité modérée peut combiner fonds euros sécurisé et unités de compte en fonds indiciels cotés à frais réduits. Sur un portefeuille 50% fonds euros à 3% / 50% unités de compte à 6%-8%, le rendement global attendu se situe entre 4.5% et 5.5% avant fiscalité.
Pour l'horizon retraite, le plan épargne retraite (PER) mérite d'être mis en regard de l'assurance-vie. Le PER offre une déduction fiscale à l'entrée, avantageuse pour les tranches élevées. En revanche, depuis janvier 2026, ses produits sont soumis à 18.6% de prélèvements sociaux, contre 17.2% pour l'assurance-vie, exclue de la hausse de la contribution sociale généralisée.
Profil long terme : arbitrer en 2026 pendant la fenêtre de taux favorable
La baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne pèse mécaniquement sur les fonds euros futurs dont les portefeuilles se renouvellent à des conditions moins favorables. Les contrats souscrits ou abondés en 2026 bénéficient encore de taux obligataires relativement élevés. La fiscalité de l'assurance-vie est restée stable en 2026 (le projet d'imposition des fonds euros a été retiré du texte final de la loi de finances 2026).
Pour les patrimoines significatifs (500 000 euros et au-delà), l'assurance vie luxembourgeoise offre en complément une protection renforcée des avoirs (triangle de sécurité réglementaire) et une architecture de supports sans équivalent en droit français.
Ce qu'il faut retenir
- L'écart entre 2.6% de moyenne et 4%+ s'explique par les frais et l'ancienneté du portefeuille obligataire, pas par un mécanisme complexe. Un contrat bancaire à 2.8% servi avec 1% de frais annuels délivre 1.8% net, inférieur à la moyenne des contrats modernes.
- La provision pour participation aux bénéfices à 3.7% des encours (~77 milliards d'euros) est un critère de sélection sous-estimé : un assureur ayant constitué des réserves solides a la capacité de maintenir ses rendements même en environnement de taux baissiers.
- Le fonds euros n'est pas dépassé. La collecte nette de +8.1 milliards d'euros en 2025 tranche avec le discours sur son déclin. Ce n'est pas l'instrument qui devient moins pertinent, c'est le mauvais contrat qui ne redistribue pas suffisamment.
- La baisse du livret A à 1.5% crée une fenêtre d'arbitrage mesurable : l'écart de rendement entre un bon contrat (3.5%-4%) et les livrets réglementés est parmi les plus élevés depuis une décennie.
- L'assurance-vie bénéficie depuis 2026 d'un avantage fiscal renforcé : prélèvements sociaux maintenus à 17.2% (contre 18.6% pour le PER), avec abattement annuel de 4 600 euros (célibataire) ou 9 200 euros (couple) après 8 ans.
Questions fréquentes sur l'assurance-vie et les fonds euros
Peut-on ouvrir un nouveau contrat assurance-vie sans perdre l'avantage fiscal de l'ancien ?
L'ouverture d'un nouveau contrat assurance-vie n'entraîne pas la perte de l'avantage fiscal de l'ancien. L'antériorité fiscale est propre à chaque contrat et court indépendamment : ouvrir un second contrat en parallèle préserve le régime acquis sur l'ancien (taux réduit à 7.5% + 17.2% de prélèvements sociaux après 8 ans, sous 150 000 euros de versements, avec abattement annuel de 4 600 euros pour un célibataire) tout en accédant aux meilleures conditions disponibles.
Les fonds euros boostés à 4% sont-ils vraiment sans risque ?
Les fonds euros garantissent le capital investi (engagement contractuel de l'assureur, sous réserve du cadre légal prévu par la loi Sapin 2 en cas de crise systémique). Le risque éventuel porte non sur le fonds euros lui-même, mais sur la part en unités de compte imposée comme condition d'accès au taux boosté sur certains contrats. Pour les contrats sans condition sur les unités de compte, la garantie en capital est totale sur la fraction fonds euros.
Faut-il obligatoirement investir en unités de compte pour accéder aux meilleurs taux ?
L'investissement en unités de compte n'est pas une condition universelle. Afer Génération (4.05% en 2025) et plusieurs contrats mutualistes servent des rendements supérieurs à 3.5% sans imposer d'allocation en unités de compte. En revanche, une partie des contrats en ligne et via conseillers en gestion de patrimoine conditionne leur taux boosté à une fraction en unités de compte de 20% à 50%. Cette clause est à vérifier avant toute souscription.
Peut-on cumuler plusieurs contrats assurance-vie ?
Le cumul de plusieurs contrats assurance-vie est possible sans limite légale. La diversification entre plusieurs assureurs est recommandée : chaque assureur est couvert à hauteur de 70 000 euros par le FGAP (Fonds de garantie des assurances de personnes). Le seuil de 150 000 euros de versements déterminant le taux d'imposition après 8 ans s'apprécie tous contrats confondus.
L'assurance-vie reste-t-elle pertinente si on dispose déjà d'un PER ?
L'assurance-vie reste pertinente même en présence d'un plan épargne retraite (PER). Le PER offre une déduction fiscale à l'entrée mais bloque les fonds jusqu'à la retraite et ses produits sont soumis à 18.6% de prélèvements sociaux depuis 2026. L'assurance-vie conserve sa liquidité totale, son abattement successoral de 152 500 euros par bénéficiaire et des prélèvements sociaux à 17.2%. Les deux enveloppes sont complémentaires.
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