La presse l'a baptisée « taxe sur la mort ». La formule frappe, mais elle est inexacte : les frais bancaires de succession ne sont pas un impôt. Ce sont des frais commerciaux facturés par les banques pour traiter les comptes d'une personne décédée. Ils n'ont rien à voir avec les droits de succession prélevés par l'État, ni avec les honoraires du notaire. Après avoir été encadrés en 2025, puis rendus gratuits dans plusieurs cas, ces frais font leur retour depuis le 20 juin 2026, à la suite d'une décision du Conseil constitutionnel. De quoi raviver le débat.
Ce qu'il faut retenir
- Les frais bancaires de succession sont facturés par la banque pour traiter les comptes d'un défunt : ce ne sont pas des droits de succession.
- Depuis le 13 novembre 2025, ils sont plafonnés à 1% des avoirs, dans la limite de 857 € (2026, indexé sur l'inflation).
- Le Conseil constitutionnel a supprimé le 19 juin 2026 la gratuité prévue pour les petites successions, les dossiers simples et le décès d'un enfant mineur.
- Le PEA et certains comptes-titres échappent au plafond : les frais y restent libres.
- L'assurance-vie et le compte joint permettent d'éviter le blocage des avoirs au décès.
De quoi parle-t-on exactement ?
Au décès d'un titulaire de compte, la banque engage une série d'opérations administratives : identification et vérification des héritiers, blocage des avoirs, clôture des comptes, puis transfert des fonds au notaire ou aux ayants droit. Ces démarches sont facturées sous l'intitulé « frais de traitement de succession ». C'est cette facturation, et non un prélèvement fiscal, que recouvre l'expression médiatique.
Quels comptes sont concernés ?
Le périmètre couvre la majorité des produits bancaires du défunt :
- les comptes courants et comptes de dépôt ;
- les livrets réglementés : Livret A, LDDS, LEP ;
- le PEL et les comptes d'épargne logement.
Point de vigilance : le PEA et certains produits d'investissement (comptes-titres, supports logés chez un assureur) échappent au plafond légal. Les frais y restent libres et peuvent grimper bien au-delà des limites décrites plus bas. Mieux vaut donc vérifier les conditions tarifaires propres à chaque enveloppe avant de raisonner sur le coût global.
Le cadre légal : plafond de 1% et limite à 857 €
Depuis le 13 novembre 2025, en application de la loi du 13 mai 2025 et de son décret, cette facturation est strictement encadrée. Deux limites se cumulent :
- un plafond de 1% des avoirs du défunt détenus dans l'établissement ;
- une limite absolue de 857 € pour 2026, indexée chaque année sur l'inflation.
La règle est simple : la banque applique le plus bas des deux montants. Elle peut facturer moins, jamais plus. Au-delà de 85 700 € d'avoirs détenus, le plafond de 857 € s'impose donc systématiquement.
Concrètement, une succession de 10 000 € ne peut donner lieu à plus de 100 € de frais, tandis qu'une succession de 100 000 € est plafonnée à 857 €, et non à 1 000 €. Le plafond absolu prend le relais dès que le pourcentage le dépasse.
La décision du Conseil constitutionnel du 19 juin 2026
Le 19 juin 2026, le Conseil constitutionnel a censuré une partie du dispositif. C'est ce qui explique le retour des frais à compter du 20 juin.
Ce que les juges ont supprimé
Jusqu'à cette décision, la loi imposait la gratuité totale dans trois situations :
- les petites successions, dont les avoirs sont inférieurs à 5 965 € ;
- les successions dites simples ;
- le décès d'un enfant mineur.
Les juges ont estimé que l'interdiction totale de facturer portait une « atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle ». C'est le retour des frais sur le décès d'un enfant mineur, point le plus sensible, qui a relancé l'expression « taxe sur la mort » dans les médias.
Ce qui reste en vigueur
L'essentiel du garde-fou subsiste : le plafond de 1% et la limite de 857 € demeurent pleinement applicables. La censure ne porte que sur les cas de gratuité, pas sur le plafonnement. Autrement dit, les frais réapparaissent dans les situations autrefois exonérées, mais ils restent bornés pour tous.
Combien coûtent réellement ces frais ?
Des écarts importants selon les banques
En pratique, les montants varient fortement d'un établissement à l'autre. Avant le plafonnement, les frais constatés s'échelonnaient de quelques dizaines d'euros à plus de 500 €, voire davantage pour les patrimoines élevés. Parmi les banques qui facturent, la moyenne constatée tourne autour de 170 €. Depuis 2025, le plafond de 857 € borne les écarts, mais la facturation reste hétérogène selon le type d'établissement et la complexité du dossier.
Comment contester des frais abusifs ?
Deux situations ouvrent un recours :
- des frais supérieurs au plafond légal de 857 € ;
- des frais non communiqués à l'avance dans les conditions tarifaires.
La marche à suivre commence par une réclamation écrite au service client, puis, en cas d'échec, une saisine du médiateur bancaire. La négociation directe se révèle souvent efficace, en particulier pour un client de longue date. Conservez tous les justificatifs : relevés, courriers et grille tarifaire en vigueur au jour du décès.
Comment alléger la facture ? Les leviers d'anticipation
Ces frais se réduisent surtout en amont, par la structuration du patrimoine. Quatre leviers concrets limitent leur poids et, plus largement, fluidifient la transmission.
L'assurance-vie, hors du circuit successoral bancaire
Les capitaux d'une assurance-vie sont versés directement aux bénéficiaires désignés, hors actif successoral au sens civil. Ils échappent au blocage des comptes et aux frais de traitement bancaire. L'avantage est double : liquidité rapide pour les proches et fiscalité allégée (abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements réalisés avant 70 ans).
Le compte joint, une continuité pour le conjoint
Sur un compte joint, le décès d'un cotitulaire ne gèle pas le compte : le survivant conserve l'accès aux fonds. C'est un moyen simple de protéger le conjoint survivant des difficultés de trésorerie immédiates, le temps que la succession se règle.
Diversifier les enveloppes
Concentrer toute son épargne liquide sur un seul établissement expose au gel total des avoirs pendant le règlement. Répartir entre plusieurs banques et plusieurs supports limite ce risque et préserve une capacité de paiement pour les héritiers.
Organiser la transmission en amont
Documenter sa situation (inventaire, mandat de protection future, désignation claire des bénéficiaires) et réaliser une donation de son vivant accélèrent le règlement. Ces frais restent marginaux comparés aux droits de succession et aux frais de notaire, mais ils révèlent un enjeu plus large : l'anticipation de la transmission.
Questions fréquentes sur les frais bancaires de succession
Les frais bancaires de succession sont-ils un impôt ?
Les frais bancaires de succession ne sont pas un impôt, mais des frais commerciaux facturés par la banque pour traiter les comptes d'un client décédé (vérification des héritiers, blocage et clôture des comptes, transfert des fonds). Ils sont distincts des droits de succession versés à l'État et des honoraires du notaire.
Quel est le plafond des frais bancaires de succession en 2026 ?
Le plafond des frais bancaires de succession est fixé à 1% des avoirs du défunt détenus dans l'établissement, dans la limite de 857 € pour 2026, un montant indexé chaque année sur l'inflation. La banque applique le plus bas des deux montants et ne peut jamais facturer davantage.
Le décès d'un enfant mineur est-il toujours exonéré de frais bancaires ?
Le décès d'un enfant mineur n'est plus automatiquement exonéré depuis la décision du Conseil constitutionnel du 19 juin 2026, qui a supprimé les cas de gratuité totale. Les frais peuvent de nouveau être facturés dans cette situation, mais ils restent plafonnés à 1% / 857 €.
Comment contester des frais bancaires de succession trop élevés ?
Pour contester des frais bancaires de succession, il faut d'abord vérifier qu'ils dépassent le plafond légal de 857 € ou qu'ils n'ont pas été communiqués à l'avance. La démarche passe par une réclamation écrite au service client, puis par le médiateur bancaire ; une négociation directe aboutit souvent.
L'assurance-vie est-elle concernée par les frais bancaires de succession ?
L'assurance-vie n'est pas concernée par les frais bancaires de succession : les capitaux sont versés directement aux bénéficiaires désignés, hors actif successoral, et échappent au blocage des comptes. C'est l'un des leviers les plus efficaces pour préserver la liquidité des proches.
Auguste Patrimoine vous accompagne de l’ébauche de votre projet à sa finalisation, avec savoir-faire et transparence.
Être rappelé par un expert.webp)

.webp)
.webp)
Articles associés

Nous sommes notés 4.8/5 avec 65 avis Google.
Nous structurons sur mesure nos solutions afin de répondre à votre situation.
Nos équipes peuvent adresser toutes vos problématiques, des plus classiques au plus complexes.
Indépendantes des groupes bancaires, nos recommandations sont effectuées en architecture ouverte et permettent de vous proposer les meilleures solutions.
Toute l’actualité patrimoniale dans votre boite mail, une fois par mois : recevez des articles détaillés sur les stratégies de gestion patrimoniale adaptées à votre profil, des conseils pratiques pour optimiser la fiscalité en exploitant au mieux les niches fiscales et les dispositifs légaux, ainsi que les dernières évolutions réglementaires. Bénéficiez également des derniers investissements populaires ainsi que des préconisations d'allocation.

.webp)



