Depuis le 1er janvier 2022, l'AMF et l'ACPR ont ajouté près de 5 000 acteurs ou offres non autorisés à leurs listes noires. Le parquet de Paris chiffre le préjudice des escroqueries à l'investissement à au moins 500 millions d'euros par an, avec une perte moyenne proche de 69 000 € sur les faux livrets d'épargne. Face à cette industrie de la fraude, un réflexe simple, gratuit et accessible à tous réduit fortement le risque : consulter le REGAFI avant de confier le moindre euro. Ce registre public recense les établissements réellement autorisés à proposer un placement en France. Avant même de placer son épargne, ce contrôle sépare un acteur légitime d'un usurpateur qui copie le nom d'une société agréée.
Ce qu'il faut retenir
- Le REGAFI répond à une seule question, mais décisive : l'établissement est-il autorisé à exercer ? Une réponse négative doit arrêter toute démarche, sans exception.
- La vérification n'a de valeur que croisée : un numéro d'agrément réel peut être volé, seule la concordance de l'IBAN, du site et des coordonnées avec la fiche officielle protège réellement.
- Chaque registre couvre un périmètre distinct : REGAFI pour les banques et prestataires financiers, ORIAS pour les intermédiaires et conseillers, listes noires pour les acteurs à fuir.
- Une inscription valide ne garantit ni la qualité du conseil ni la pertinence du produit : la légitimité de l'acteur et l'adéquation du placement sont deux questions séparées.
- Le contrôle réglementaire gagne à être doublé d'un regard patrimonial : la sécurité juridique de l'interlocuteur ne dispense pas d'évaluer le risque et les frais réels du placement.
Qu'est-ce que le REGAFI ?
Le REGAFI, ou registre des agents financiers, est une base de données publique et officielle. Il répond à une question précise : cet établissement dispose-t-il bien de l'agrément nécessaire pour exercer une activité bancaire ou financière en France ? Toute personne peut le consulter gratuitement, sans compte ni justificatif.
Un registre géré par l'ACPR
Le registre est tenu par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), l'autorité adossée à la Banque de France chargée de superviser les banques et les assureurs. C'est auprès d'elle que les professionnels du secteur doivent obtenir un agrément avant d'exercer. Les données sont mises à jour quotidiennement, ce qui en fait une référence fiable à un instant donné.
Ce que le registre recense
Le REGAFI répertorie les entités autorisées à intervenir sur le territoire français, y compris celles qui opèrent via le passeport européen. Il couvre plusieurs catégories :
- les établissements de crédit (banques et sociétés de financement) ;
- les entreprises d'investissement et prestataires de services d'investissement ;
- les établissements de paiement et de monnaie électronique ;
- les agents et succursales rattachés à ces établissements.
À chaque fiche correspond un périmètre d'agrément précis : un établissement autorisé pour un type d'activité ne l'est pas nécessairement pour un autre.
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À quoi sert concrètement ce registre officiel ?
La fonction première du REGAFI est de vérifier une autorisation. Avant de souscrire un placement, d'ouvrir un compte ou de signer un mandat, la consultation confirme que l'interlocuteur est habilité à commercialiser le produit proposé. Un acteur absent du registre pour l'activité concernée n'a aucun droit de le distribuer.
Le second usage, plus défensif, consiste à démasquer les usurpateurs. Les escrocs ne se présentent presque jamais sous une identité inconnue : ils empruntent le nom, le logo et parfois le numéro d'agrément d'une société réelle et régulée. Un faux conseiller peut ainsi se réclamer d'une banque existante ou d'un assureur reconnu pour proposer un placement en assurance vie fictif. Comparer les coordonnées annoncées avec la fiche officielle permet de repérer la supercherie.
Le REGAFI ne fonctionne pas seul. Il forme un triptyque de contrôle avec deux autres outils publics :
- l'ORIAS, registre unique des intermédiaires (courtiers, conseillers, mandataires) ;
- les listes noires de l'AMF et de l'ACPR, qui recensent à l'inverse les acteurs signalés comme non autorisés.
Comment consulter le registre des agents financiers ?
La démarche est rapide et ne demande aucune compétence technique. Elle tient en trois étapes et se conclut par une vérification croisée des coordonnées.
Accéder au site officiel
La consultation s'effectue exclusivement sur le site officiel du registre, à l'adresse regafi.fr, ou depuis l'espace dédié de l'ACPR. Un moteur de recherche interne permet d'interroger la base sans inscription préalable. Aucune plateforme tierce ne remplace cette source primaire.
Lancer la recherche
La recherche s'opère par dénomination sociale, par catégorie d'établissement ou par identifiant : numéro SIREN, code BIC ou code CIB (le code interbancaire propre à chaque établissement). Saisir la dénomination exacte évite les homonymies, fréquentes lorsqu'un escroc choisit un nom volontairement proche d'une marque connue.
Lire une fiche établissement
Chaque fiche affiche des informations structurantes :
- la catégorie d'agrément et les activités autorisées ;
- le statut en vigueur de l'établissement ;
- les coordonnées officielles déclarées ;
- les identifiants (code CIB, numéro d'enregistrement).
Ces éléments constituent la référence à laquelle confronter tout document reçu.
Les bons réflexes de vérification
La fiche ne vaut que si les coordonnées réelles y correspondent. Deux vérifications simples déjouent la majorité des fraudes :
- à faire : comparer l'IBAN, l'adresse du site web et les numéros de téléphone du document commercial avec ceux de la fiche officielle ; se méfier d'un IBAN étranger ou d'un site aux coordonnées différentes ;
- à ne pas faire : se fier à un numéro d'agrément communiqué par l'interlocuteur lui-même, cliquer sur un lien fourni par courriel, ou considérer qu'une simple mention « agréé ACPR » suffit sans consultation directe.
REGAFI, ORIAS ou AMF : ne pas confondre
Ces trois registres se complètent mais ne recensent pas les mêmes acteurs. Interroger le mauvais registre laisse croire, à tort, qu'un professionnel n'est pas enregistré. Un conseiller en gestion de patrimoine figure ainsi à l'ORIAS, pas au REGAFI, tandis qu'une banque relève du REGAFI.
Pour un placement financier proposé par une plateforme, la bonne pratique combine les trois : présence au REGAFI ou à l'ORIAS selon le statut, et absence des listes noires.
Les limites d'une inscription au registre
Consulter le REGAFI est nécessaire, mais ne suffit pas. Trois nuances méritent d'être connues avant de conclure qu'un placement est sûr.
D'abord, une inscription atteste d'une autorisation d'exercer, pas de la qualité d'un conseil ni de la performance d'un produit. Un établissement parfaitement agréé peut proposer un placement inadapté, coûteux ou risqué. La vérification règle la question de la légitimité, pas celle de la pertinence patrimoniale, comme sur des produits structurés au fonctionnement complexe.
Ensuite, les sociétés étrangères opérant sous passeport européen sont parfois mal comprises. Leur présence est légitime, mais le niveau de protection et l'interlocuteur de recours diffèrent. Un doute sur une entité transfrontalière justifie une vérification auprès du registre européen correspondant.
Enfin, la fraude la plus retorse s'appuie sur un numéro d'agrément réel, mais détourné. L'escroc affiche l'identité d'une société agréée pour endormir la vigilance. Seule la confrontation des coordonnées (IBAN, site, téléphone) avec la fiche officielle révèle l'usurpation. Un numéro exact associé à des coordonnées divergentes reste un signal d'alerte majeur.
Le rôle du conseiller face aux arnaques
Un cabinet régulé travaille par construction avec des partenaires vérifiés : dépositaires, assureurs et sociétés de gestion agréés, dont l'autorisation est contrôlée en amont. Cette exigence de traçabilité constitue une barrière de sécurité que l'épargnant isolé reproduit difficilement seul.
Le conseil apporte aussi un filtre de bon sens. Un rendement garanti anormalement élevé, une pression à investir vite, une communication par messagerie non sécurisée : ces signaux, croisés avec l'absence au registre, trahissent une offre frauduleuse. Soumettre à un professionnel toute proposition « trop belle pour être vraie » avant de signer reste le réflexe le plus protecteur.
Questions fréquentes sur le REGAFI
Le REGAFI est-il gratuit ?
Le REGAFI est entièrement gratuit et ouvert à tous, sans création de compte ni justificatif. La consultation s'effectue directement sur le site officiel du registre ou depuis l'espace dédié de l'ACPR. Aucune plateforme payante n'est nécessaire pour vérifier l'agrément d'un établissement.
Que faire si une société ne figure pas dans le REGAFI ?
Si une société ne figure pas dans le REGAFI pour l'activité qu'elle prétend exercer, la prudence commande de suspendre toute opération. Il convient d'abord de vérifier l'orthographe exacte de la dénomination, puis de contrôler si l'entité relève plutôt de l'ORIAS. En cas d'absence confirmée, l'entité peut être signalée à l'AMF ou à l'ACPR, et il est préférable de ne verser aucun fonds.
Quelle différence entre le REGAFI et l'ORIAS ?
La différence entre le REGAFI et l'ORIAS tient à la nature des acteurs recensés. Le REGAFI, tenu par l'ACPR, répertorie les banques, entreprises d'investissement et établissements de paiement. L'ORIAS recense les intermédiaires : courtiers, conseillers en gestion de patrimoine, intermédiaires en assurance et en opérations de banque. Un même dossier peut nécessiter de consulter les deux registres.
Le REGAFI protège-t-il de toutes les arnaques ?
Le REGAFI ne protège pas de toutes les arnaques à lui seul. Il confirme qu'un établissement est autorisé, mais un escroc peut usurper l'identité d'une société pourtant agréée. La vérification n'est efficace que croisée avec les coordonnées officielles (IBAN, site, téléphone) et complétée par la consultation des listes noires de l'AMF et de l'ACPR.
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