Earn-out
L'earn-out conditionne une partie du prix de cession d'une entreprise à ses résultats futurs. Fonctionnement, fiscalité et exemple de calcul.
L'earn-out conditionne une partie du prix de cession d'une entreprise à ses résultats futurs. Fonctionnement, fiscalité et exemple de calcul.

L'earn-out (ou clause de complément de prix) est un mécanisme utilisé lors de la cession d'une entreprise. Une partie du prix de vente est différée et conditionnée à l'atteinte d'objectifs de performance futurs par la société cédée, généralement sur un à trois ans.
L'earn-out répartit le prix en deux composantes : un montant fixe versé à la signature et un complément variable, payé ultérieurement si des indicateurs prédéfinis sont atteints. Ces critères portent souvent sur le chiffre d'affaires, l'EBITDA ou le résultat net des exercices suivant la vente.
Le dispositif répond à un désaccord fréquent sur la valorisation : le vendeur estime le potentiel de l'entreprise plus élevé que l'acheteur. Il permet de :
La clause suppose une rédaction précise des indicateurs et des règles comptables, sous peine de contentieux. Elle s'intègre fréquemment dans des montages structurés via une holding, notamment lors d'une opération d'apport-cession.
Un dirigeant cède sa société pour un prix total plafonné à 10 000 000 €, structuré ainsi :
Si l'objectif est atteint à 75%, le complément versé s'élève à 2 250 000 € (75% de 3 000 000 €), portant le prix total à 9 250 000 €. En cas d'échec complet, le vendeur ne perçoit que les 7 000 000 € initiaux.
Le complément de prix suit en principe le régime de la plus-value de cession de titres, imposée au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31.4% depuis 2026. Le traitement exact dépend de la structuration de l'opération et mérite une analyse au cas par cas.
Il l'est généralement par contrat, avec un montant maximal défini à la signature. Les parties fixent librement la formule de calcul, la durée d'observation et les seuils de déclenchement du complément.
Le principal risque est le litige sur le calcul des indicateurs, surtout si le cédant perd la maîtrise de la gestion après la vente. Une définition rigoureuse des règles comptables et un mécanisme d'arbitrage limitent ce contentieux.
La période d'observation s'étend le plus souvent sur un à trois ans après la cession, rarement au-delà. Sa durée est fixée par contrat et correspond au délai jugé nécessaire pour mesurer la performance réelle de l'entreprise. Pendant cette phase, le cédant est fréquemment maintenu à un poste de direction afin de contribuer à l'atteinte des objectifs qui déclenchent le complément de prix.
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