Vous avez l'impression que tout continue d'augmenter ? Les chiffres racontent l'inverse. L'inflation 2025 est retombée à 0.8% en France, l'un des niveaux les plus bas de la zone euro, après un pic proche de 5% par an en 2022-2023. Le ressenti, lui, reste ancré sur l'ancien régime de prix. Ce décalage n'est pas anodin : piloter son épargne sur une inflation imaginée plutôt que réelle conduit à des arbitrages coûteux. Avant de placer son épargne, il faut donc remettre les chiffres à l'endroit.
Ce qu'il faut retenir
La leçon de l'étude dépasse le simple constat statistique : elle touche à la manière dont les émotions financières se transforment en décisions patrimoniales.
- Distinguer niveau et rythme : des prix restés hauts ne valent pas une inflation forte. Confondre les deux fausse tous les arbitrages.
- Le rendement réel redevient l'arbitre : à 0.8% d'inflation, un Livret A à 1.7% et un fonds euros à 2.6% protègent de nouveau le capital.
- Se méfier des réflexes de crise : sur-liquidité, or de précaution, immobilier défensif appartiennent souvent à un contexte révolu.
- Décorréler la décision de la perception : le patrimoine se pilote sur des données vérifiées, pas sur un ressenti qui garde un train de retard.
Le régime de basse inflation n'efface pas la hausse passée des prix, mais il rebat les cartes de l'allocation. Le bon moment pour un bilan à froid est précisément celui où l'émotion retombe.
Ce que révèle l'étude de la Banque de France
Une publication de la Banque de France (Bulletin n°265, article 4, signé Vincent Bignon et Erwan Gautier, 23 juillet 2026) documente précisément ce hiatus. Elle s'appuie sur une enquête CSA menée auprès de 4 000 Français en novembre et décembre 2025.
Une désinflation rapide et mesurée
La trajectoire des prix est nette sur trois ans :
- 2022-2023 : hausse des prix proche de 5% par an, sous l'effet du choc énergétique et alimentaire.
- 2024 : retour vers 2%, la cible de la Banque centrale européenne.
- 2025 : 0.8%, l'un des rythmes les plus faibles de la zone euro.
La désinflation a donc été à la fois forte et régulière. En moins de deux ans, le rythme d'augmentation des prix a été divisé par plus de cinq.
Une perception qui garde un train de retard
Le constat central de l'étude tient en une phrase : la baisse de l'inflation a été plus rapide que la perception qu'en ont les ménages. Interrogés fin 2025, les Français situent encore l'inflation bien au-dessus de sa valeur réelle. Autrement dit, la statistique a décroché du vécu, et le ressenti accuse un retard de plusieurs mois, voire davantage pour les foyers les plus exposés.
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Pourquoi votre ressenti dépasse les chiffres ?
Ce décalage n'a rien d'irrationnel. Il obéit à des mécanismes cognitifs et économiques identifiables, que la Banque de France relie au choc inflationniste de 2022-2023.
L'effet cliquet de la mémoire des prix
La perception de l'inflation se forme surtout à partir des achats fréquents et visibles : le caddie de courses, le plein de carburant, la facture d'énergie. Ces postes ont flambé entre 2021 et 2023 et ont laissé une empreinte durable. Le cerveau retient les prix qui ont grimpé, pas ceux qui se stabilisent ou refluent. Ce biais d'ancrage fonctionne comme un cliquet : une fois le souvenir installé, il ne se réajuste que lentement, même quand les hausses cessent.
Les séquelles du choc sur le pouvoir d'achat
L'étude établit un lien direct entre perte de pouvoir d'achat et surestimation. Les ménages qui se sont appauvris entre 2021 et 2025 sont aussi ceux qui surévaluent le plus l'inflation actuelle. Le ressenti n'est pas qu'affaire de mémoire : il porte la trace concrète d'un revenu réel amputé. Cette cicatrice explique la persistance d'un biais de perception particulièrement marqué dans les foyers modestes.
Niveau des prix contre rythme d'augmentation
C'est le point pédagogique décisif, souvent confondu. Une inflation à 0.8% ne signifie pas que les prix baissent : elle signifie qu'ils augmentent lentement. Le niveau des prix, lui, reste élevé, hérité des hausses passées qui ne s'effacent pas. Le pain, l'électricité ou le café coûtent toujours plus cher qu'en 2020, mais leur rythme de progression est désormais faible. Confondre un niveau haut avec une inflation forte, c'est prendre une photographie pour une vitesse. Cette distinction change tout dans les décisions patrimoniales.
Ce que la basse inflation change pour votre épargne
Sortir du régime d'inflation élevée modifie la hiérarchie des placements. Plusieurs réflexes forgés « sous stress » méritent d'être réexaminés à froid.
Le rendement réel des supports sécurisés repasse au vert
Pendant le pic inflationniste, les livrets et fonds euros affichaient un rendement réel négatif : leur taux ne compensait pas la hausse des prix. Avec une inflation à 0.8%, l'équation s'inverse. Le rendement réel, c'est le taux servi moins l'inflation.
Le Livret A, à 1.7% depuis le 1er août 2026, protège de nouveau le capital contre l'érosion des prix. Les fonds euros de l'assurance vie, autour de 2.6% en moyenne en 2025, dégagent un rendement réel proche de +1.8 point. Les supports sécurisés retrouvent donc une utilité que l'inflation forte leur avait retirée.
Réexaminer les décisions prises sous stress
Le choc de 2022-2023 a poussé nombre d'épargnants vers des réflexes défensifs. Trois d'entre eux méritent une relecture à tête reposée :
- La sur-liquidité : conserver une trésorerie dormante excessive avait un sens quand aucun support ne rémunérait. Ce n'est plus le cas.
- La fuite vers l'or : l'or et l'argent jouent un rôle de couverture, mais un achat de précaution décidé dans l'urgence gagne à être réévalué.
- L'immobilier de précaution : acquérir « pour se protéger de l'inflation » perd de sa logique quand celle-ci retombe à 0.8%.
Aucune de ces décisions n'est mauvaise en soi. Le problème naît quand elles restent figées dans un contexte qui, lui, a changé.
Une fenêtre pour rationaliser l'allocation
La conjonction d'une inflation basse et d'une désensibilisation aux taux ouvre une période propice aux arbitrages rationnels, hors panique. C'est le moment de revoir l'équilibre entre supports sécurisés et actifs de rendement, au sein de l'assurance vie, du plan épargne retraite ou des SCPI. Le vrai risque n'est plus l'inflation : c'est de continuer à piloter son patrimoine sur une inflation ressentie, déconnectée de la réalité des chiffres.
Questions fréquentes sur l'inflation en 2025
Quelle a été l'inflation en France en 2025 ?
L'inflation en France en 2025 s'est établie à 0.8%, l'un des niveaux les plus faibles de la zone euro. Ce chiffre marque l'aboutissement d'une désinflation rapide, après 2% en 2024 et un pic proche de 5% par an en 2022-2023.
Pourquoi les Français surestiment-ils l'inflation ?
Les Français surestiment l'inflation parce que leur perception se forme sur les achats fréquents (courses, énergie) qui ont fortement grimpé, et parce que la mémoire des prix fonctionne comme un cliquet. Les ménages ayant perdu du pouvoir d'achat entre 2021 et 2025 sont les plus marqués par ce biais.
La baisse de l'inflation rend-elle le Livret A intéressant ?
La baisse de l'inflation rend le Livret A plus intéressant en termes réels. À 1.7% depuis le 1er août 2026 pour une inflation de 0.8%, son rendement réel redevient positif, alors qu'il était négatif au plus fort de la hausse des prix.
Faut-il revoir son épargne avec une inflation basse ?
Revoir son épargne avec une inflation basse est pertinent, sans précipitation. Le retour d'un rendement réel positif sur les supports sécurisés et la fin de la course au rendement défensif justifient de réexaminer les décisions prises sous stress inflationniste, idéalement lors d'un bilan personnalisé.
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