Le 10 septembre 2026, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois en trois mois. Son taux de dépôt passe à 2.5%. Pour un emprunteur à taux variable, la hausse se retrouvera dans les intérêts dès la prochaine révision du prêt. À l'inverse, le Livret A restera à 1.7% jusqu'au 1er février 2027.
D'ici la fin de l'année, la BCE se réunit encore deux fois. Certains actes figent un taux avant ces échéances : une offre de prêt pour un crédit immobilier, un compte à terme ou une obligation pour placer son épargne. Le reste suivra le mouvement, avec plus ou moins de retard.
À retenir
- La BCE a relevé ses trois taux directeurs de 0.25 point le 10 septembre 2026 : dépôt à 2.50%, refinancement à 2.65%, prêt marginal à 2.90%, depuis le 16 septembre.
- C'est la deuxième hausse de l'année après celle du 11 juin, soit +0.50 point en trois mois.
- L'inflation de la zone euro a atteint 3.2% en août 2026. La BCE prévoit 3.0% en 2026 et 2.5% en 2027.
- Les marchés anticipent une hausse supplémentaire d'ici fin 2026. Prochaines réunions : 29 octobre et 17 décembre.
- Le Livret A reste à 1.7% jusqu'à sa révision du 1er février 2027.
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La décision de la BCE au 10 septembre 2026
Trois taux relevés de 25 points de base
Le Conseil des gouverneurs a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 10 septembre 2026, avec effet au 16 septembre. Le taux de la facilité de dépôt, qui sert de taux directeur de référence en zone euro, atteint ainsi 2.5%.
Par ailleurs, la BCE poursuit la réduction de son bilan. Elle ne réinvestit plus les titres arrivés à échéance du programme d'achats d'actifs (APP) ni du programme d'achats d'urgence face à la pandémie (PEPP). Moins visible, ce second levier retire lui aussi des liquidités du marché. Il pèse surtout sur les taux longs.
Une inflation importée par l'énergie
L'inflation de la zone euro a atteint 3.2% en août, son plus haut niveau depuis septembre 2023. Elle reste loin de l'objectif de 2%. Le moteur est l'énergie : le baril de pétrole a repassé les 100 dollars, sous l'effet de l'escalade au Moyen-Orient et des menaces sur les détroits d'Ormuz et de Bab el-Mandeb.
Relever les taux ne fera pas baisser le prix du pétrole. L'objectif de la BCE est d'empêcher ce choc de s'installer par des effets de second tour :
- les ménages perdent du pouvoir d'achat et réclament des hausses de salaires ;
- les entreprises voient leurs coûts grimper et relèvent leurs prix ;
- le choc initial se diffuse à toute l'économie et devient difficile à résorber.
Les nouvelles projections de la BCE traduisent cette inquiétude. L'inflation est attendue à 3.0% en 2026, puis à 2.5% en 2027, contre 2.3% prévus en juin, et à 2.1% en 2028. En revanche, la croissance résiste mieux que prévu : 0.9% en 2026, puis 1.4% et 1.5%. Cette marge autorise Francfort à resserrer encore.
De juin à septembre, un demi-point en trois mois
Le 11 juin 2026, la BCE avait relevé ses taux pour la première fois depuis septembre 2023, après un an de baisses puis un an de statu quo. Elle a marqué une pause en juillet. Septembre confirme le retournement : les trois taux directeurs ont gagné 0.5 point en trois mois, et le taux de dépôt retrouve son niveau du printemps 2025.
La hausse de juin répondait déjà au choc énergétique. Celle de septembre va plus loin, puisque la BCE a relevé sa prévision d'inflation pour 2027.
Le seuil de 2.5% compte aussi. De nombreux économistes y situent le taux neutre, celui qui ne freine ni ne stimule l'activité. Ce taux ne s'observe pas : il s'estime, dans une fourchette. Jusqu'ici, la BCE a donc surtout retiré son soutien à l'économie.
Selon ces estimations, au-delà de 2.5%, la BCE entrerait en territoire restrictif : elle ne cesserait plus seulement de soutenir l'économie, elle la freinerait.
La prochaine décision pèsera donc plus lourd que les deux précédentes.
D'autres hausses déjà anticipées
Ce que prévoient les marchés
Au soir du 10 septembre, les marchés anticipaient une nouvelle hausse d'ici fin 2026, puis une ou deux en 2027. Ces anticipations restent fragiles. De fait, la BCE ne s'engage sur aucune trajectoire et décide réunion par réunion, en fonction des données.
Deux réunions de politique monétaire restent au calendrier de 2026 :
- le 29 octobre, sans nouvelles projections ;
- le 17 décembre, avec des projections actualisées d'inflation et de croissance.
Celle de décembre s'annonce la plus décisive. Elle intégrera l'effet des premiers froids sur les prix du gaz, auxquels l'Europe reste très exposée.
Deux scénarios à surveiller
La BCE résume elle-même l'équilibre : des risques orientés à la hausse pour l'inflation et à la baisse pour la croissance. Deux scénarios en découlent.
- Énergie durablement chère : si le pétrole et le gaz restent élevés cet hiver, le resserrement se prolonge. Chez Moody's Analytics, la probabilité d'une nouvelle hausse est jugée nettement accrue, même en cas d'accalmie des prix.
- Croissance qui cale : si l'activité ralentit plus vite que prévu, une pause redevient envisageable. Chez Aviva Investors ou ING, des économistes alertent sur le risque d'aller trop loin.
Trois indicateurs permettent de suivre la trajectoire :
- l'inflation mensuelle de la zone euro, publiée en fin de mois ;
- les prix du pétrole et du gaz ;
- le rendement des emprunts d'État, qui intègre avant la BCE ses décisions probables.
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Emprunteurs : sécuriser son taux avant le prochain tour de vis
Crédit immobilier à taux fixe
Les banques ne répercutent pas mécaniquement les taux directeurs. Leur coût de financement suit surtout les taux des emprunts d'État, déjà nettement plus élevés qu'au début de l'été. Les barèmes du crédit immobilier suivent avec quelques semaines de décalage.
Pour un projet en cours, tout se joue à la date de l'offre de prêt. C'est elle qui fige le taux, pas la signature chez le notaire. Dès lors, un dossier complet déposé rapidement peut échapper à la prochaine révision des barèmes. À l'inverse, attendre une détente suppose un retournement de politique que ni la BCE ni les marchés n'anticipent à court terme.
Taux variables et crédit lombard
Les prêts à taux variable réagissent plus vite. Ils sont généralement indexés sur l'Euribor, le taux auquel les banques de la zone euro se prêtent entre elles. Chaque décision de la BCE s'y retrouve, et donc dans les intérêts dès la prochaine révision du taux.
Le crédit lombard, adossé à un portefeuille financier ou à un contrat d'assurance vie, est souvent proposé à taux variable. Son détenteur dispose de trois leviers :
- négocier un cap, qui plafonne la hausse du taux ;
- basculer vers un taux fixe, si l'établissement le permet ;
- rembourser en partie pour réduire l'encours exposé.
Le choix dépend de la durée restante du crédit et du rendement attendu des actifs nantis.
Épargnants : figer un rendement tant que les taux montent
Certains placements répercutent la hausse en quelques jours. D'autres la reflètent avec plusieurs mois, voire plusieurs années, de décalage.
Trésorerie : livrets ou comptes à terme
Le Livret A est rémunéré à 1.7% depuis le 1er août 2026, jusqu'à sa prochaine révision du 1er février 2027. Sa formule combine l'inflation et l'euro short-term rate (€STR), le taux interbancaire au jour le jour, qui suit les taux directeurs. La hausse de septembre n'y jouera donc qu'avec retard, et en partie seulement.
En revanche, les comptes à terme intègrent les conditions de marché dès leur ouverture. Ils permettent de figer un taux sur une durée choisie, de quelques mois à plusieurs années. Toutefois, leurs intérêts supportent le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31.4%, alors que le Livret A est exonéré. La comparaison se fait donc net de fiscalité.
Obligations : jouer sur la durée
Quand les taux montent, le prix des obligations déjà émises baisse. L'ampleur dépend de leur duration : plus l'échéance est lointaine, plus la baisse est marquée. Un portefeuille obligataire long enregistre donc des moins-values latentes à chaque hausse.
Pourtant, les nouvelles émissions offrent des rendements supérieurs. Mieux vaut ne pas tout investir trop tôt dans le cycle : échelonner les achats sur plusieurs mois lisse le point d'entrée. Par ailleurs, les fonds obligataires datés, qui conservent leurs titres jusqu'à une échéance fixée, réduisent le risque de prix.
Fonds euros : un effet différé
Les fonds euros de l'assurance vie sont investis en majorité en obligations longues, achetées au fil des années. La hausse des taux ne s'y diffuse qu'au rythme du renouvellement des titres. Leur rendement moyen s'est établi à 2.65% en 2025, selon l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), un niveau stable depuis 2023.
Un écart peut donc s'ouvrir avec les placements indexés sur les taux courts. Pour le contenir, les assureurs disposent d'une réserve : la provision pour participation aux bénéfices (PPB), qui atteignait 4% des encours des contrats individuels fin 2025. Elle leur permet de lisser les rendements servis.
Ce que la hausse des taux ne règle pas
La décision de septembre traite les effets de l'inflation, pas sa cause. Si l'énergie reste chère, la BCE devra arbitrer entre prolonger le resserrement et ménager la croissance, sans prise directe sur le prix du baril.
Les actifs immobiliers en subissent aussi le contrecoup. La hausse du coût de l'argent pèse sur les valorisations, y compris celles de l'immobilier papier.
Autrement dit, la politique monétaire achète du temps. Elle ne neutralise pas le choc.
Questions fréquentes sur la hausse des taux de la BCE
Quel est le taux directeur de la BCE en septembre 2026 ?
Depuis le 16 septembre 2026, le taux de la facilité de dépôt de la BCE, qui fait office de taux directeur de référence, est de 2.5%. Le taux de refinancement s'établit à 2.65% et le taux de prêt marginal à 2.9%.
Quand a lieu la prochaine réunion de la BCE ?
La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE a lieu le 29 octobre 2026. La suivante, le 17 décembre, s'accompagnera de nouvelles projections d'inflation et de croissance.
La hausse des taux de la BCE fait-elle monter le Livret A ?
Oui, mais de façon indirecte et différée. La formule du Livret A intègre l'€STR, qui suit les taux directeurs, ainsi que l'inflation. Le taux actuel de 1.7% ne sera révisé que le 1er février 2027.
Pourquoi la BCE relève-t-elle ses taux malgré une croissance faible ?
La BCE veut empêcher l'inflation énergétique de se transmettre aux salaires et aux prix. Elle accepte un freinage modéré de l'activité, qu'elle juge supportable avec une croissance prévue à 0.9% en 2026.
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